samedi 20 octobre 2018

Never complain, Never explain

Ou pas.


Ami lecteur. "Never complain, never explain", c'est la règle depuis toujours ici. Mais aujourd'hui, je dois y faire une entorse, car ce blog ressemble de plus en plus au pauvre Mr Valdemar, tragique personnage alité d'Edgar Poe qui était déjà mort mais ne le savait pas encore.

De fait, si tu es un habitué des lieux, lecteur, tu auras sûrement remarqué le petit nombre de chroniques des deux derniers mois, à fortiori de chroniques originales.
Et tu penses peut-être que je n'ai plus envie de te conseiller de bonnes lectures.

- Erreur -

Le faible nombre de chroniques résulte d'un déplaisant Effet Papillon.

Lancinantes douleurs cervicales - > longs moments récurrents de position allongée à plat
Longs moments récurrents de position allongée à plat - > faible temps de lecture
Faible temps de lecture + longs moments récurrents de position allongée à plat - > très faible temps de chronique

Rythme lent donc, et qui risque de le rester un moment (je commence à désespérer d'une solution rapide). Je fais mon possible, mais présentement je peux peu.

jeudi 18 octobre 2018

Les étoiles sont légion - Kameron Hurley VF


Sortie chez AMI de la version française du women-only "The stars are legion" de Kameron Hurley. C'est badass, organique, clairement pas vegan.


Les étoiles sont légion, Kameron Hurley

vendredi 12 octobre 2018

La mort immortelle - Liu Cixin


Sortie de "La mort immortelle", troisième et dernier tome de la trilogie du Problème à trois corps de Liu Cixin. Cette indispensable conclusion était chroniquée en VO, là, à portée de clic.

La mort immortelle, Liu Cixin

mercredi 10 octobre 2018

The Quantum Magician - Derek Künsken - Bang Boum


"The Quantum Magician" est le premier roman du Canadien Derek Künsken. C'est une histoire de grande escroquerie située dans un univers qui est le futur du notre, kind of.

Nous sommes à quelques centaines d'années dans l'avenir. L'espace humain est étendu sur des centaines d'années-lumières. Les déplacements sur de telles distances utilisent un réseau de trous de ver permanents, crée, il y a au moins un milliard d'années, par des « Précurseurs » depuis disparus. Ces points d'accès permanents sont des ressources stratégiques (au même titre que le sont des ponts ou des détroits), et les grandes puissances en gardent donc jalousement les environs pour en réguler l'utilisation en fonction de leurs objectifs politiques (pensez aux canaux de Panama ou de Suez !). Hors de ce réseau, les humains utilisent des points d'accès transitoires, créés à partir de vaisseaux spatiaux et de portée bien moindre.

Belisarius Arjona est un immense arnaqueur. Un escroc d'un talent si grand qu'on le qualifie parfois de « magicien ». L'avantage compétitif d'Arjona, dans cette activité, est congénital. Arjona est un homo quantus, plus ou moins un ordinateur humain, résultat de générations de manipulations génétiques et doté de la capacité d'accéder à la réalité quantique de l'univers pour en tirer l'information totale en terme probabiliste qui lui permettra de prendre les meilleures décisions en situation d'incertitude. Si vous voulez comprendre, imaginez un homme capable d’accéder au Big Data de l'univers, et doté de la puissance de calcul suffisante pour le traiter afin d'en tirer des données exploitables dans le cadre d'un processus de décision. Pour escroquer, ça aide.
Il est contacté par l'Union Sub-Saharienne, une entité politique qui veut prendre son indépendance de la Congrégation vénusienne et pour cela a besoin de faire traverser une flotte de vaisseaux révolutionnaires à travers le trou de ver Axis Mundi, un trou contrôlé par la Théocratie de Poupées. A la demande de l'Union, Arjona doit organiser une arnaque permettant la traversée de la flotte à travers la trou de ver des Poupées sans payer à celle-ci le prix exorbitant qu'elle demande. Il lui faut pour cela détourner l'attention de la Théocratie, lui faire regarder la main gauche pendant que c'est la droite qui fait le tour. Classique en magie. Classique en arnaque.

Pour ce faire, Arjona réunit une équipe haute en couleurs, aux talents complémentaires. Une femme homo quantus (Cassandra, ex-petite amie et plus puissante que lui, qui assurera l'essentiel de la navigation dans le trou de ver), un arnaqueur humain standard (William Gander, qui jouera le sacrifié permettant de détourner l'attention), un exilé Poupée (Manfred Gates-15, qui doit introduire les virus informatiques de l'arnaque dans le réseau des Poupées), un généticien humain (Antonio Dal Casal, qui doit faire de William Gander un semblant de Numen, ces humains génétiquement modifiés dont les phéromones rendent les Poupées – qu'ils avaient créés dans ce but par manipulation génétique – fous de ferveur religieuse et de désir de servir sans limite), une IA (Saint Matthieu, l'IA la plus avancée de l'univers, qui croit vraiment être Saint Mathieu, et qui jouera le rôle de netrunner), une spécialiste de démolition (Marie Phocas, une humaine, givrée et droguée au danger), et enfin un plongeur en eau très profonde (Stills, un homo eridanus, race d'humains aux traits de cétacé conçus pour vivre sous très grandes pressions et dotés de qualités surhumaines pour le pilotage des vaisseaux de guerre).

Voilà. Moi, à la fin de tout ça, j'étais déjà fatigué. De fait, que dire ?

Il y a quelques qualités dans le livre.

De mon point de vue, le meilleur est le peuple des Poupées. Créés pour adorer les Numen qui les ont conçus, les Poupées se sont trouvés dans un dilemme religieux tout à fait intéressant qui les a conduit à mettre leurs dieux en esclavage pour les protéger. Leurs tourments existentiels – longuement documentés – sont imho le meilleur du roman. On peut y voir des clins d’œil à Peter Watts ou se rappeler de l'hilarante nouvelle sur les hamsters juifs de Shalom Auslander.

De même, le déchirement d'Arjona entre sa volonté câblée-ADN d'étudier sans fin l'univers et le drive vital à se protéger contre les excès de sa quête est intéressant (sans être renversant).

Un discours aussi, sur la responsabilité de ceux qui font des modifications génétiques avec lesquelles leurs successeurs auront à vivre (mais là non plus, ça n'est pas renversant).

Et si on aime l'action pure (on comprendra que ce n'est pas vraiment mon cas), alors on sera servi ici. Ca n'arrête pas.

Mais il y a imho plus de défauts.

World building très faible.
Deux ou trois grandes puissances sur lesquelles on ne sait pas grand chose (si ce n'est qu'elles sont bien méchantes, par nature), une Union Sub-Saharienne (qui rappelle de fait les Treize Colonies dans son rapport à sa puissance créatrice, mais Sub-Saharienne c'est plus class, ça fait malheureux, ça donne envie de compatir). Sur la géopolitique ou l’économie de cet univers, pas grand chose, hélas.
Une technologie difficile à situer précisément.
Un opportun réseau de trous de ver opportunément abandonné par ses constructeurs (là, pour le legs technologique, on se rappellera KH Scheer si on est méchant).

Equipe trop cookie-cutter. Le groupe de fortes têtes pittoresques, ça a tellement été fait dans ce genre d'histoire que ce n'est plus à faire. Entre équipe de jeu de rôle et Inglorious Basterds. Ajoutons-y les engueulades, la testostérone, les traîtres, les renversements de situation, et on se croirait dans Reservoir Dogs.

Sous-utilisation de tout l'aspect quantique (qui se résume à faire du Big Data). De ce point de vue, Isolation de Greg Egan était bien plus convaincant.
Et je ne parle même pas des trois modes de fonctionnement des homo quantus, de plus en plus autistes et rapides en calcul, qui m'ont rappelé ce mode Fast qui équipait les ZX81 et permettait de les faire tourner quatre fois plus vite en supprimant tout affichage.

Et puis, bien sûr, les retournements de situation sans fin, les trahisons, les dissimulations, ad nauseam, typiques du style.

Tout l'arsenal science-fictif est d'abord au service d'un récit d'action pur et dur qui, par moments, se permet quelques secondes de réflexion. C'est un style, ce n'est pas le mien.

"The Quantum Magician" n'est pas un mauvais roman. Il fait ce qu'il veut faire, plutôt pas mal. Mais il est clairement écrit pour amateurs de Ocean's Eleven ou de Mission Impossible. Tout y est, à un point effrayant si on n'est guère fan. Sinon, on adorera tant on sera en terrain connu.

The Quantum Magician, Derek  Künsken

L'avis d'Apophis

samedi 6 octobre 2018

Salvation - Peter F. Hamilton - Stilnox


"Salvation" est le premier tome de la nouvelle trilogie de Peter F. Hamilton.

Début du 23ème siècle. L'espace humain comprend la Terre, un certain nombre d'exoplanètes plus ou moins terraformées, ainsi que des habitats spatiaux astéroïdaires de formes diverses. Une telle expansion accélérée a été rendue possible par la technologie des portails quantiques qui, utilisant une technique d'intrication (mouarf!), permettent de téléporter instantanément de la matière (vivante ou non), quelle que soit la distance entre portail de départ et portail d'arrivée.

De là, tout change dans ce que signifie « être humain ». Et c'est plutôt intelligemment imaginé par PFH (quoi qu'on pense du postulat de départ concernant le transport par intrication qui est largement fumeux – mais après tout pas plus que l’hyperespace).
Énergie illimité venant du soleil, déchets toxiques ou nucléaires expédiés dans le hard vacuum, ensemencement liquide du désert australien, colonisation de planètes et d'astéroïdes (cet aspect est très malin), etc. C'est une abolition complète de la notion d'espace. Tout est au contact de tout. On peut se déplacer de planète en planète, vivre à Berlin et travailler à Moscou, passer d'une réunion au service com' à NY à une autre au service RH à Djakarta, etc. Plus de routes, d'avions, de voitures. Un espace illimité pour créer des logements sans contrainte d'urbanisation. Les super riches ont même des appartements dont les pièces, reliées par des portails, sont toutes dans des villes ou sur des planètes différentes. Vu du côté sombre de la chose, ce qui tient lieu de gouvernement mondial expédie ses récalcitrants sur une planète éloignée dans une forme de bannissement sans retour (type Les déportés du Cambrien de Silverberg) qui assure un contrôle social extrême sans générer de culpabilité, la surveillance est constante par le biais des logs de transport (squeezant de fait la partie Enquête qui faisait la force de La grande route du Nord, de PFH), les paradis fiscaux ou numériques sont maintenant installés sur des astéroïdes.

Dans cet espace humain qui, s'il n'est guère conforme à une vision libérale de la démocratie, semble néanmoins plus avancé que le notre sur le plan du niveau de vie et de la restauration de l’environnement, est découvert, sur une planète lointaine, un vaisseau alien écrasé. Dans le vaisseau abandonné ne restent que quelques humains prisonniers de caissons d'hibernation, visiblement victimes d'abduction. Une équipe part pour le vaisseau afin d'évaluer la situation. Elle comprend une dizaine de membres, tous des gens puissants et importants.

Le roman se développe sur trois fils. Le Présent avec la progression de l'équipe d’évaluation vers le site du crash. Les Passés formés par les récits des évaluateurs qui, se racontant, racontent des événements dont on se rend compte à la fin qu'ils convergent vers cette découverte. Le Futur, longtemps après, dans lequel nous voyons une humanité luttant pour sa survie face à un ennemi implacable qui veut son anéantissement, et entraîne pour ce faire des cohortes de jeunes combattants.

J'ai toujours bien aimé ce qu'écrit PFH. Je garde un regard énamouré pour le premier Greg Mandel acheté à Londres il y a tant d'années que je me demande si le bon président Pompidou n'était pas encore vivant. Puis le choc Reality Dysfunction, and so on...
Mais là, j'ai du mal à être indulgent.

Ca commençait bien pourtant. Les quelques premières pages sont originales et engageantes. Les chapitres qui suivent immédiatement, aussi. Puis, on comprend que le gros du livre va consister en ces narrations à rebours que fait chaque évaluateur, l'un à la suite de l'autre. Le rythme est brisé trop vite, les parties Passé mangent le récit Présent, et je vous épargne les récits Futur, presque YA. On se trouve à lire d'autres histoires que celle qu'on croyait être venu lire, des histoires longues dont on met longtemps à comprendre en quoi elles sont liées aux événements en cours. Ce n'est pas rédhibitoire dans Hypérion ou les Contes de Conterbury mais ici l'équilibrage n'est pas le bon.

Ensuite, il y a un colossal problème de recyclage. Je veux bien croire à l'inspiration ou à l'hommage involontaire, et j'aime en général les références, mais ici l'ampleur de la chose parasite complètement la lecture. J'ai déjà parlé des Contes ou d'Hypérion, voire d'une Stratégie Ender qui sonnerait bien plus YA que son inspiratrice. Mais on trouve aussi dans "Salvation" une société qui rappelle fortement celle de son Commonwealth (certes elle n'en est pas la copie conforme, le monde du chemin de fer instantané de L'Etoile de Pandore est remplacé ici par un monde de la voiture instantanée) tant dans l'effet radical du transport par téléportation que dans l'existence d'une menace alien sur l'espace humain ; même la présence d'un espion alien infiltré rappelle le Starflyer du premier cycle Commonwealth. L'action est ici aussi conduite par les tycoons  qui ont inventé les technologies ; l'intrication grands capitalistes/gouvernements ploutocratiques est aussi la même. Et certains couples de noms résonnent étrangement à l'oreille : Paula Myo là-bas/Jessika Mye ici ; qui par ailleurs sont toutes les deux, dans les deux cycles, des sortes d'outcast.

Du cycle L'Aube de la nuit - le précédent de PFH -, on retrouve l'inimitié entre deux branches divergentes d'humanité : les Universels (nous, en gros), et les Utopiens (qui modifient leurs gènes et cherchent à aller vers une post-scarcity très Banks/Culture). Dans L'Aube c'était Adamistes contre Edenistes.

Les plus retors des lecteurs iront jusqu'à se souvenir, en visitant les maisons quantiques, de l'anniversaire de Louis Wu qui ouvrait le roman L'anneau-Monde, cet anniversaire qu'il célèbrait 24 fois sur les 24 fuseaux horaires en se téléportant d'une fête à la suivante tout autour de la Terre.

Enfin, PFH, qui a toujours écrit long, tire ici à la ligne d'une façon insupportable. En passe de devenir le Stephen King de la SF, PFH noie le lecteur sous une myriade de détails qui, certes, font vrai, mais qui alourdissent le récit au point que j'ai fini par lire beaucoup de passages en diagonale pour gagner du temps et soutenir mon intérêt. Alors, comme chez King parfois, on continue de lire parce qu'on est dans le noir et qu'on a envie de savoir, mais c'est long, c'est long, c'est long.

Tout artiste devrait savoir quand est venu le moment de se réinventer ; je crois qu'ici PFH fait le contraire. Il se récapitule, hélas sans se synthétiser. Honnêtement, je ne sais pas si je lirai la suite.

Salvation, Peter F. Hamilton

L'avis de Feyd Rautha

dimanche 23 septembre 2018

Bonheur™ - Jean Baret - Veux-tu du sexe oral ?


Pas loin d'ici, dans un futur pas trop éloigné.
Toshiba – du nom de son sponsor de vie – est une sorte de flic. Lui et son partenaire Walmart traquent les fraudeurs à la consommation. Malfaiteurs sans foi ni loi aux motivations variées, ces criminels violent la seule règle qui s'impose à l'ensemble de l'humanité : il est obligatoire de consommer. Consommer amène le bonheur – c'est un fait avéré. Et consommer est utile socialement car consommer fait tourner la machine économique globale et rend donc nécessaire les emplois qui permettent la production. Donc c'est bon et civique. De plus, c'est cette production qui, je le rappelle, est le préalable indispensable à la consommation et donc au bonheur. CQFD.
Toshiba est un homme aussi. Un homme marié avec une femme robot qui ne manque jamais de commencer la journée en lui proposant du « sexe oral ».
Toshiba est un U-Man enfin. Un de ces hommes étranges qui n'ont ni adhéré à une philosophie de changement corporel (le transhumanisme par exemple), ni rejeté celles-ci en se déclarant « pur » c'est à dire exempt de toute transformation. Des tièdes.

Lors d'une enquête de routine chez un « vampire » (qui ne vit que la nuit), Toshiba et Walmart croisent un Netrunner (qui ne vit réellement qu'en virtuel) qui inspire des soupçons à Walmart. La petite affaire vampirique bouclée, Walmart commence à chercher, à temps perdu, ce qui pourrait confirmer son intuition. De fil en aiguille, et parce que Walmart avait raison, les deux flics se retrouvent peu à peu à démêler l'écheveau complexe d'une possible révolution.

Bonheur™, le premier roman d'anticipation de Jean Baret, est passionnant par ce qu'il nous dit de notre monde.

Poussant à leurs limites notre réalité et ses tendances, il en tire un roman délirant – un genre de Transmetropolitan littéraire en mieux – qui est une démonstration par l'absurde de l'inanité suicidaire du capitalisme consumériste individualiste contemporain. Qu'on en juge.

Une seule loi pour toute l'humanité : consommer est une obligation. Tout le reste est déclaratif ou contractuel.
Nations, Etats, groupes sociaux, on se regroupe comme on veut pour faire ce qu'on veut, jusqu'à des choses qui contreviennent à tout ce que nous considérons aujourd’hui comme des droits fondamentaux, du moment que tout le monde est content. Le principe de dignité humaine n'est plus indisponible.
Corporellement, on fait ce qu'on veut. On modifie son corps chimiquement, biologiquement, chirurgicalement, mécaniquement, plus si affinités. On vit à deux, à trois, à dix, à vingt, avec un homme, une femme, un robot, etc. On a des enfants ou pas d'enfant, on en fabrique ou on en achète. On détruit son corps si on veut, l’essentiel c'est de vouloir.
Socialement, on fait ce qu'on veut. On est vampire nocturne, netrunner à qui une aide sociale permet de vivre intégralement dans des mondes virtuels, nain tribal, ou tant d'autres choses. La limite c'est l'imagination. Et si on est plusieurs, tant mieux, sinon, qu'importe ? On est soi-même le seul membre de son propre groupe. Qui oserait faire obstacle à ce droit ? Et de quel droit ?

Mais il faut consommer, là pas de décision possible, it's mandatory. Ce qu'on veut (ma consommation c'est mon choix, c'est moi, qui je suis ou qui je veux devenir), mais il faut consommer, tous les jours, un montant acceptable socialement. Alors on est baigné matin midi et soir dans l'injonction de consommer. On est environné partout et tout le temps de pubs holos qui poussent à l'achat. On consomme n'importe quoi, par routine et devoir, comme la femme de Winston Smith faisait son « devoir envers le parti » en écartant les cuisses une fois par semaine sans jamais déroger. On consomme trop, des choses inutiles, il le faut bien car il n'y a pas de guerre perpétuelle pour entretenir la pénurie comme dans 1984. Il faut donc bien consommer tout ce qui a été produit, car c'est produire qui compte ; qu'importe l'utilité, qu'importent la planète et les ressources. Et en plus, consommer rend heureux (ça rime presque avec Arbeit macht frei). Et on doit être heureux, sous peine de sanctions, la police de la consommation y veille.

Et puis on est stupide, car le « temps de cerveau disponible » est accaparé par la pub et l'achat. Mais comme on n'est en fait pas stupide (ça non, les stupides c'est les autres), on regarde jour après jour une racoleuse émission de « débat » visible partout jusque dans les ascenseurs qui, à coup d'experts et de spectaculaire, traite les questions de fond sur le mode de l'émotion irraisonnable, du conflit manichéen, et de l'outrance improductive (jusqu'aux battle de rap du genre des pathétiques Keynes contre Hayek, qu'à ma grande honte certains profs utilisent et trouvent cool). On se croirait sur BFM ou Fox, sur quantité de médias aussi qui se croient de meilleure tenue. On ressasse pareil, on buzze pareil, on simplifie pareil, on idiotise pareil.

Comme on s'y connaît, on peut aussi parier tous les jours sur les conflits à venir, les victimes qu'ils feront, le nombre de morts de la prochaine tuerie de masse, ou le lieu du prochain acte terroriste. Si c'est incertain, c'est probabilisable, si c'est probabilisable, ça peut donner lieu à pari. Et quoi de mieux que le pari ? Un moyen facile de dépenser, une possibilité de gagner de l'argent, une chance non nulle de se prouver à soi-même qu'on est malin et au fait des choses.
On peut aussi commenter en ligne tout et son contraire. Personne n'écoute, chacun est trop occupé à commenter ou à consommer. Mais qu'importe, c'est un droit et ça fait plaisir.

On peut se piquer de religion aussi. Il y en a pour tous les goûts pourvu que ce soit ludique et distractif. On ne va quand même pas se prendre la tête à se demander si une transcendance est imaginable. Le bonheur, c'est ici et maintenant (d'ailleurs le roman est au présent, pas de passé ni d'avenir pour les grands enfants du hic et nunc), il suffit de consommer les bons produits, qui permettent à chacun d'exercer le seul droit fondamental qui vaille : le droit d'être qui on veut être sans limite d'aucune sorte. « Je » n'est pas un autre, « Je » n'est pas grand chose de solide mais « Je » dispose d'une souveraineté personnelle.

Ce monde (bien plus riche et varié que je n'en dis), Baret le décrit entourant et pénétrant les vies de Toshiba et Walmart. Mais sont-ce bien des vies ? Répétition sans fin d'une même journée qui commence par des céréales, une offre de sexe oral, et les premiers achats de la journée. Puis, aller au bureau, voir des pubs et des débats, travailler (un job qui n'est pas bien loin du bullshit si on en regarde le rendement – mis à part le gros coup de Walmart), aller boire un verre dans un bar à thème extrême, retour maison, sexe (avec sa femme robot ou qui que ce soit d'autre ou des prostitués). Autour de cette permanence, l’approfondissement de son égotrip (être plus transhumain, plus cyber, plus vampire, etc.), ou alors, possible aussi, un complet changement de soi (qu'est ce qui pourrait bien m'obliger à être vampire toute ma vie ? qui décide sinon moi ?). La vie de Walmart est organisée un peu différemment mais le même cycle s'y observe (on passe d'ailleurs de l'un à l'autre à un moment et on voit bien à quel point ils sont, eux et tous les autres, génériques et interchangeables).

Cet éternel retour du même qui croit qu'il est différent fait du roman une immense anaphore dont l'effet est de souligner la permanence du vide existentiel par-delà l'illusion de l'utilité et de l'originalité. Prophétisé par Marcuse dans L’homme unidimensionnel, annoncé par Lipovetsky dans L'ère du vide (essai sur l'individualisme contemporain – je souligne), l'individualisme consumériste, que De Singly dit de seconde modernité, et qui, dans le roman, est bien arrivé à la troisième, détruit toute possibilité de cohésion sociale en faisant de chacun sa propre nation dans une régression a minima qui n'a aucune fin (aux deux sens du terme). Si ne reste rien de commun, rien de consensuel, rien d’obligatoire, rien de tabou, seule reste la consommation comme acte pratiqué par tous les humains. Le lien marchand tient lieu de lien social. La consommation devient le seul fait social total.

Ce monde, c'est le notre en pire ; ou le notre en est le bourgeon. Sur un ton qui rappelle souvent l'ironie désespérée de Houellebecq, utilisant pubs et débats TV afin de présenter le monde comme le faisait Brunner dans Tous à Zanzibar (récupérant même un genre de paris delphiques comme dans Sur l'onde de choc), Baret décrit un monde d'ultra individualistes, un monde de tout à l'égo pour reprendre l'expression heureuse de Régis Debray, un monde de droits illimités et de devoirs minimaux (en l’occurrence, seulement consommer, un devoir qui est bien plutôt un plaisir, Walmart le sait bien, lui), un monde dans lequel la quête, sans fin et vouée à l'échec, d'un particularisme toujours plus affirmé et la recherche d'un improbable soi ne débouchent que sur l'excès et la violence (de Toshiba sur sa femme robot, des riches sur les pauvres lors de soirées à thème, de l'Etat sur les marginaux, des voisins entre eux lors des guerres de quartier qui rappellent les guerres inter blocs de Judge Dredd, etc.), jusqu'à une autodestruction dont la dépression est la version la plus soft. Un monde d’hommes creux que leur hubris égotiste gonfle et rend visibles un moment mais que le système remplace aussi vite qu'ils disparaissent.

Y a-t-il un espoir pour ce monde ? Oui, un petit, à la fin, mais rien n'est sûr, la révolte inspirées des œuvres du philosophe contemporain Dany Robert Dufour peut échouer, ne pas prendre, ne pas intéresser. Affaire à suivre.

J'ai adoré ce roman. Je l'ai pris dans la gueule. Il tourne depuis dans ma tête comme une pub holo lancée dans une boucle sans fin.
L'aimeras-tu aussi, lecteur ? Faut-il considérer que Jean Baret, à l'instar de Nietzsche, est inactuel ou intempestif ? Je le crois. C'est ce qui fait le risque de sa démarche. Car, soyons clair, il prend un risque en faisant entrer le rire de Dionysos dans la SF française.

Certains aimeront sa critique du capitalisme consumériste. D'autres sa critique de l’individualisme sociocide (pardon, je voulais écrire 'de l’extension des droits'). Or, ce seront rarement les mêmes.

Beaucoup auront donc un sentiment mitigé à la lecture du roman, car s'il critique leurs adversaires, il critique aussi leurs amis.
Auras-tu le courage, lecteur, d'admettre que l'ultra individualisme que tu aimes tant car il donne à chacun (et donc à toi aussi) le droit d'être tout ce qu'il veut est une transposition sociétale du « client est roi » cher aux commerçants ?
Encaisseras-tu, lecteur, l'absence de toute règle autre que celle du plaisir dans ce monde capitaliste consumériste qui t'agrée et qui s'est développé en préférant les vices privés aux vertus publiques comme le préconisait Mandeville ?
Comprendrez-vous que les deux ne peuvent avancer qu'ensemble ?
Que lorsque n'existe plus de règle ni de culture commune qui tienne, chacun replié sur sa petite société comme le prévoyait Tocqueville ou drapé dans sa fierté solitaire comme le regrettait Lautréamont, la seule chose qui nous réunisse encore est d'avoir tous la même carte FNAC ?
Qu'il faut au capitalisme consumériste la destruction des structures et normes sociales traditionnelles pour pouvoir avancer en terrain dégagé ?
Que le consumérisme outrancier est un acte enfantin qui ne peut se développer dans le type de monde d'adultes que créent les normes et qu'il lui faut donc les détruire pour prospérer ?
Que les libéraux économiques sont les idiots utiles des libéraux culturels et réciproquement ?
Que les deux libéralismes, chacun face de la même pièce, détruisent normes et régulations pour servir leurs propres intérêts, et que chaque coup de boutoir asséné par l'un est tout aussi utile à l'autre ?

Si tu comprends ça lecteur, ou si tu veux y réfléchir, alors achète et lis Jean Baret. Son roman est choquant, son roman est important, son roman est drôle. Même si tu n'aimes pas, au moins tu auras consommé. C'est toujours ça de pris.

Bonheur™, Jean Baret

samedi 22 septembre 2018

Brève revue de BD - Conan et Planet of the Apes Visionaries


"Au-delà de la rivière noire" est la première des trois adaptations de Conan proposées par Glénat que je trouve vraiment réussie. Il faut dire que la nouvelle originale est aussi considérée comme la meilleure, peut-être, de toutes celles que le volcanique auteur Texan, grand ami de Lovecraft, écrivit.

On y voit Conan tenter de protéger une colonie aquilonienne contre sa destruction par les guerriers pictes qui vivent au-delà de la rivière noire. On l'y voit échouer, non sans être parvenu à tuer un démon, alors même que le courageux et noble Balthus, de son côté, sacrifie sa vie pour sauver les colons civils d'une mort certaine.

Superbement adapté, le texte est résolument noir.
La rivière noire est la frontière, aussi physique que symbolique, entre monde civilisé et terres barbares. Seul Conan, parce qu'il est barbare, peut la franchir et en revenir vivant ; même les soldats ensauvagés qui l'accompagnent n'ont pas ce qu'il faut. Quant à l'emprise de la civilisation sur la barbarie, elle est toujours précaire et transitoire, vouée à céder, en dépit de sa supériorité technique, sous les assauts de la barbarie.
Un bien beau texte et un bien bel album, parfaitement illustré, qui se conclut ainsi : « La barbarie est l'état naturel de l'humanité...La civilisation n'est qu'un accident...La barbarie finira toujours par triompher. »


La planète des singes est un roman publié en 1963 par Pierre Boulle. Il devint un film de cinéma très connu qui mettait Charlton Heston en vedette. Tout le monde ici l'a vu, je pense.

Le premier scénario adapté du roman le fut, dès 1965, par Rod 'Twilight Zone' Serling. Mais aucun film n'en fut jamais tiré, pour des raisons de coût ; le métrage célèbre utilise un scénario de Michael Wilson. Pourquoi ?
Roman et scénario original se situent à une époque contemporaine. La civilisation des singes est une civilisation technique semblable à la nôtre. Filmer le scénario original aurait, à l'époque, coûté trop cher au studio qui possédait les droits. Décision fut donc prise de transposer l'histoire dans un monde pré-contemporain, afin de ne pas avoir à représenter des villes modernes. D'où le film qu'on connait, avec ses singes arboricoles et cavaliers qui ne connaissent ni l'électricité ni le moteur à explosion.

"Planet of the Apes Visionaries" est une adaptation en BD du scénario original. Si les lignes de force de l'histoire sont globalement celles que le cinéphile connait, sa survenue dans un monde qui est le nôtre en mode alter change la vision qu'on peut en avoir. Les braconniers motorisés fumeurs de cigarettes, les zoos humains, les humains de cirque ou dressés comme des ours danseurs, augmentent le prégnance du message antispéciste. Le lyssenkisme du Docteur Zaïus en est renforcé. La condamnation explicite de la pulsion de mort humaine aussi. Et les tribulations stupéfiées de l’astronaute humain, en Candide malchanceux qui finit par devenir, un temps, à la mode, rappellent autant Elephant Man que les classiques Un Yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur ou Les Voyages de Gulliver, dans une ambiance résolument Twilight Zone assez différente de celle du film.

Conan, Au-delà de la rivière noire, Gabella, Jean
Planet of the Apes Visionaries, Gould, Lewis

Sheriff of Babylon - KIng - Gerads


Février 2004. Bagdad, Irak.
La seconde guerre du Golfe voulu par George Bush Jr est finie. La doctrine Shock and Awe mise en œuvre par l'armée US a permis une victoire rapide sur l'Irak, la chute du régime, et l'occupation subséquente du pays. A la dictature de Saddam Hussein et d'un parti Baas qu'il avait mis à sa botte par la terreur et l'épuration succède une situation qui deviendra de plus en plus chaotique avec le temps, en raison des choix politiques désastreux effectués tout au long de l'occupation par les forces américaines – la queue de la traîne étant la formation de Daesh et son expansion régionale (mais en 2004 il n'en est pas encore question, l'ennemi principal est encore Al Qaïda).

Ali al Fahar, une recrue de la nouvelle police irakienne en cours de formation par les Américains, est retrouvé assassiné dans une rue de Bagdad, juste à côté de l'ensemble architectural délirant des Mains de la Victoire. Ce meurtre est le point de départ d'un maelstrom qui va bouleverser de nombreuses vies et illustrer les ambiguïtés et atrocités des années post-Saddam.

Les vies touchées, à la fois singulières et génériques dans ce qu'elles disent de l'occupation, sont celles de Chris, un formateur de la police venu en Irak chercher une impossible rédemption, de Nasser, un ex-policier chiite de Saddam qui fut à la fois un vrai flic respecté et un exécuteur occasionnel des basses œuvres, et de Sofia, une sunnite de la haute société élevée aux USA après l’assassinat de sa famille par les séides de Saddam et revenue en Irak pour participer à l'Autorité provisoire de la coalition.

Alors que cette mort n'intéresse pas grand monde – le début de l'album le montre clairement – Chris décide d'enquêter pour rendre justice à Ali en dévoilant les tenants et aboutissants de son meurtre. Ce faisant, il va découvrir les dessous peu ragoutants de l'occupation américaine, pénétrer plus profondément que depuis son arrivée dans le chaos politique irakien, et provoquer (ou plutôt aggraver) involontairement la malheur d'une famille irakienne, malheur symptomatique de la situation de ces années noires – l'enfer est, hélas, pavé de bonnes intentions.

Tom King, le scénariste, a travaillé pour la CIA – depuis Langley et sur le terrain. Sa connaissance intime de la réalité irakienne visible de l'époque et aussi des dessous plus discrets de celle-ci lui a permis d'écrire un scénario de très grande qualité. Essayant de ne pas juger ce qu'il décrit, King laisse le lecteur tirer lui-même les conclusions évidentes de ce qu'il voit ; ça n'est guère difficile.

King montre la dualité d'une situation dans laquelle la chute d'un dictateur honni est suivie par une occupation très vite devenue amorale et un chaos politique au sein duquel chiites, sunnites, et kurdes tentent à la fois de tirer de solder d'anciens torts et de capter la plus grande part possible de pouvoir – un chaos politique, donc, résolument communautaire et confessionnel, conséquence directe de la structure institutionnelle irakienne héritée de la Grande Guerre et des manœuvres politiques de Saddam, un chaos entretenu par la gouvernance désastreuse de l'occupant US. A se demander si le remède ne fut pas pire que le mal.

Il montre l’ambiguïté de personnages qui ont tous des peurs, des désirs, des dettes à solder, et des agendas cachés. Qui ont tous de bonnes raisons dissimulant de mauvaises raisons dissimulant de bonnes raisons. Qui cherchent tous à survivre en un lieu où la vie ne vaut plus rien (peut-être moins encore que du temps de la dictature).

Il montre la cruauté des sanctions économiques précédant la guerre et de leurs effets délétères sur la population.

Il montre l'amoralité de troupes qui préfèrent toujours la sécurité à la raison, habitées par une tension et une peur qui conduisent toujours à préférer la mort de dix Irakiens – fussent-ils innocents – au risque de perdre un seul homme. Qui conduisent aussi aux interrogatoires illégaux, aux tortures, aux opérations tordues pratiquées à grande échelle à la fois par les rationnelles agences de renseignements et par certains soldats devenus hors de contrôle sur un terrain où plus grand chose n'est contrôlé et où le sentiment de supériorité morale domine. Abou Ghraib n'était pas loin.

King, et son dessinateur Mitch Gerads qui met superbement en image, font pénétrer le lecteur dans la réalité impitoyable et sordide d'un Irak occupé et déliquescent dans lequel, sur les ruines de baasisme, commencent à frétiller les groupes jihadistes. Ils livrent un récit fort, dur, émouvant, nerveux. Car ils l'ancrent dans des vies, détruites, soufflées, broyées, par des événements qui les dépassent et sur lesquels elles n'ont que peu de prise. Car chaque moment de grâce ou de paix y est immédiatement suivi d'un surgissement d'horreur. En 2004, la tempête du désert n'avait pas fini de souffler sur l'Irak ; elle n'a toujours pas fini aujourd'hui.

Sheriff of Babylon, King, Gerads

Note : Dans L'âme des horloges, David Mitchell décrivait ainsi l'intrication irakienne.


mardi 18 septembre 2018

Anthologie - Marseille An 3013


"Marseille, An 3013" est une anthologie d'anticipation dont le thème est : Marseille en 3013.

D'une idée lancée presque en l'air par le collectif Marseille 3013 est née une anthologie publiée aux Editions Gaussen dans la Melmac Collection.
Soit 13 nouvelles écrites par 13 auteurs (dont Clémentine Bailly, lauréate d'un concours lycéen sur le thème) qui tentent tous de répondre à la question lancinante : Que sera Marseille en 3013 ?

Dans les textes présentés, il est beaucoup question de bouleversement climatique et de ville submergée, ainsi que des effondrements politique et sociaux qu'engendrent les folies géopolitiques et les errances dues à la catastrophe environnementale.

Globalement noires (à l'exception notable du texte de Clémentine Bailly qui se termine sur une apothéose solidaire), ces nouvelles montrent une ville dans laquelle ils ne fait guère bon vivre (et vivre - disons survivre plutôt), noyée et/ou détruite et/ou fragmentée en tribus rivales, voire qui a été complètement abandonnée et n'est plus visitée que par des archéologues futurs qui cherchent à comprendre l'avant sans en posséder les codes.
Reste la Bonne Mère, totem et icône, protectrice ou castratrice suivant les cas.

Comme toujours dans une antho, se côtoient bon et moins bon.

J'ai bien aimé la courte et touchante L'échange de Samantha Bailly, La tombe Gaussen et sa "xénoarchéologie" marseillaise ironique, Un vestige parmi les autres de Cécile Duquenne et MarsAigues sur cuivre de Georges Foveau qui nous promènent tous deux dans une ville submergée, et, pour d'évidentes raisons, la drôle et lovecraftienne Glissements de temps sur Mars de Jacques Barberi (dans laquelle nage le veau marin Georges) qui doit autant à HPL qu'à Douglas Adams.

Et puis, j'ai été littéralement époustouflé par Cagole d'Azur de Sabrina Calvo.
Pourtant le titre m'a fait penser ohlala ! Les premières lignes, encore ohlala !
Mais ensuite, quel texte !
Un voyage incertain entre futur et présent, aux marges du fantastique et de la SF, une odyssée hallucinée, entre espoir et désespoir, qu'on dirait sous acide et dit sur Marseille des choses capitales qui parleront à tous les Marseillais et auxquelles ne seront pas insensibles, tant les sentiments qu'elles expriment sont universels, ceux qui n'ont pas la chance de l'être.

Marseille, An 3013, Anthologie

samedi 15 septembre 2018

Le roman de Jeanne - Lidia Yuknavitch


Alors "Le roman de Jeanne" est sorti il y a presque un mois et on ne me dit rien (chez Denoël) ?
Achetez ! Lisez ! Vous n'en reviendrez pas. C'était chroniqué là par votre serviteur.

Le roman de Jeanne, Lidia Yuknavitch