mercredi 7 décembre 2016

Waking Hell - Al Robertson - Décevant


"Waking Hell" est le second roman d’Al Robertson. C’est une suite du très bon Crashing Heaven, qui peut se lire indépendamment de son prédécesseur (même si je ne crois pas que ce soit très facile étant donné l'importance du world building).

"Waking Hell" prend place après les évènements qui concluaient Crashing Heaven, dans une Station assez largement transformée par ceux-ci (je n’en dis pas plus car il faut vraiment lire Crashing Heaven). Leila est une fetch, un de ces morts qui ressuscitent sous la forme d’une simulation numérique d’eux-mêmes, basée sur l’immense stock de données de vie accumulées par chacun tout au long d’une vie ultraconnectée. Elle « vit » avec son frère Dieter, qui l’a sauvée de l’annihilation qu’ont connu de nombreux fetches lors de la violente attaque virale conduite par des intégriste humains contre les « ressuscités ». Frère et sœur s’aiment beaucoup. Alors, quand Dieter succombe à un objet piégé nano, quand il vend – dans un contrat de dupe – les données de vie qui seules lui permettraient de créer son propre fetch, Leila se lance éperdument à leur recherche pour libérer son frère du pacte faustien qu’il a signé. Cette quête personnelle et intime, pleine d’embuches et de chausse-trapes, l’entraine au cœur d’une machination qui menace la Station dans son ensemble.

"Waking Hell" est un roman cyberpunk très moderne qui prend progressivement de la vitesse en se dirigeant vers une conclusion bien plus large que le début ne le laissait supposer. Il aborde des questions intéressantes sur la ploutocratie et le vide existentiel qui caractériseraient un monde de réalité augmentée omniprésente. Il livre quelques réflexions pertinentes sur les limites éthiques de la manipulation (particulièrement de l’Histoire et de la mémoire, avec des possibilités dont le Winston Smith de 1984 n’aurait jamais pu rêver). Il pose la question de la fin qui justifie – ou pas – les moyens. Il traite fort justement la question de la mémoire individuelle. Et il le fait dans le cadre d’un récit dynamique qui ne lasse jamais son lecteur, et parvient même – trop rarement – à être touchant.

Néanmoins, il n’est pas exempt de défauts. J’en vois au moins trois.

D’abord, le cheminement, par Leila, du thriller au complot est un peu artificielle, trop rapidement menée, accumulant trop souvent des éléments qui, même s’ils sont expliqués ex-post, sentent l’artifice scénaristique bienvenu.

Ensuite, certains éléments techniques indispensables à l’histoire sont trop peu expliqués ou semblent trop ad hoc. La réécriture des mémoires informatiques paraît sensée (voir The Quantum Thief), celle des mémoires biologiques un peu moins, ou alors il faut en décrire précisément les mécanismes comme le faisait Rajaniemi. Les déplacements au sein du monde matériel des personnalités informatiques (tant leur faisabilité que leur limites) paraissent aussi parfois un peu inexplicables.

Enfin, les personnages principaux n’ont pas le charisme du duo mis en scène dans Crashing Heaven. Leila et ses comparses n’ont pas le charme de Jack et Hugo. Ils n’ont pas leur profondeur historique ou biographique. Ils n’emportent pas l’adhésion. Le rythme auquel se succèdent évènements et révélations, et dans lequel sont pris autant les personnages que le lecteur, n’aide pas – on se prend à espérer une version longue qui donnerait du temps au temps, aux personnages, à la trame, au lecteur.

"Waking Hell" est donc à la fois un roman agréable à lire sans se prendre trop la tête et une déception si on se la prend un tant soit peu. C’est dommage.

Waking Hell, Al Robertson

lundi 5 décembre 2016

Mice Templar TPB 5 - Glass Oeming - Apothéose


Mice Templar, suite et fin. Et quelle fin !
Fin de trois ans de lecture pour moi, pour une série qui s'est étalée sur sept années de publication et 39 épisodes tous chargés jusqu'à la gueule d'un souffle rarement égalé dans le monde des comics, à fortiori animaliers.

Et cette fin est grandiose. Héroïque, larger than life, Karic mène l'ultime assaut contre Dealrach Ard-Vale, la capitale du roi-fou Icarus le bien nommé, à la tête des Templiers rassemblés derrière sa bannière. Tout ce que son monde compte de combattants le suit, alors que, dans la ville même, la résistance interne se soulève. Avec un tel casting, de tels combats, une telle démesure (exprimée dans les planches), une telle conclusion, on est dans de la fantasy de haut vol qui rappelle, pour décentrer la comparaison, autant The Longest Day que La Chute.

On court, on vole, sur les traces des assaillants, on tremble avec les civils – éternelles victimes – pris au piège des combats, on voit le courage et l'abnégation des libérateurs, la folie de la Cour royale, la vilénie irrépressible du traître éternel Pilot, les hauts faits d'armes, les exploits individuels, le sacrifice de ceux qui tombent au combat et la tristesse de leurs compagnons d'armes, les retrouvailles des familles ou des amis trop longtemps séparés.
On assiste avec plaisir à l'échec d'un plan de domination très ancien.
On voit une ville et un monde libérés à la fois d'un tyran et d'une ancienne malédiction entrer dans un ère nouvelle et plus libre, qu'il faudra s'efforcer de rendre meilleure que celle qui l'a précédée.

Comme Bendis qui préface, je ne suis habituellement guère fan de l’humanisation des animaux. Et pourtant, comme Bendis, je suis séduit, subjugué même. Car ici les animaux humanisés sont aussi et d'abord des animaux, et que donc ici le fait sert le récit. C'est à la libération des plus petits, brimés par ceux qui les dominent physiquement et manipulés par ceux qui leur ressemblent trop pour être honnêtes, qu'on assiste. Le héros aux mille et un visages s'actualise dans une toute petite souris prête à tous les sacrifices pour libérer les siens, et son armée est une armée d'êtres aussi petits que lui qui s'élèvent par leur bravoure et leur noblesse très au-dessus de leur piètre condition physique.

Quelle ampleur dans le récit ! Quels personnages (si nombreux et si finement ciselés) ! Quelle force dans le dessin ! Quelle superbe réinvention des grands mythes humains !
C'est un travail impressionnant qu'ont réalisé les auteurs Glass, Oeming, Santos, Guerra, et les autres. Qu’attendent les éditeurs comics français pour relancer cette saga (Milady l'avait tenté puis abandonné) qui n'a rien à envier aux grands récits mythologiques ?

Mice Templar vol. 5, Night's End, Glass, Oeming, Santos, Guerra

mardi 29 novembre 2016

Swift to Chase - Laird Barron - Not for sissies


"Swift to Chase" est le quatrième recueil de nouvelles de Laird Barron. Nouvelles, certes, mais pas textes indépendants, car "Swift to Chase" se passe presque intégralement en Alaska et qu'on y croise, d'un texte à l'autre, une galerie de personnages récurrents très hauts en couleurs qui vont et viennent à travers les textes comme les membres d'une meute de loups entrent et sortent de leur tanière.
C'est de l'horreur (très) contemporaine dans un milieu qui la suscite de par sa nature même.
C'est, dit-on, du Lovecraft contemporain. Oui et non pour ce dernier point.

Barron raconte dans "Swift to Chase" l'histoire noire de l'Alaska, entre tueurs psychopathes, would-be satanists, et monstres surnaturels. Il met en scène des cowboys tougher than tough, des naufragés de la vie en région de perdition, des drogués qui s'ennuient à en mourir, des malades terminaux et d'autres qui s'assurent de les rejoindre vite à coups de cigarettes et de mauvais alcool. Il met en vedette Jessica Mace, de ses premières épreuves aux derniers jours toujours pas apaisés de sa vie, une survivante, une femme très forte ; pas forte comme dans les Jeunesse où une femme forte dit « taratata » et boit du thé sans sucre, mais comme chez Laird Barron où elle dit :


Il y a un verbe en anglais pour l'écriture de Laird Barron, c'est to drawl. Cela signifie parler avec une voix traînante, comme parlent les vieillards cacochymes, ceux qui cherchent à se souvenir, ou encore les ivrognes. La plume de Barron drawls. Dans un style haché, casual, chaotique, elle raconte l'Alaska, lieu de température et de solitude extrêmes. Elle raconte le peuple qui y vit, dur, sauvage, brutal et primal ; un peuple ensauvagé (très loin des dandys curieux de Lovecraft, donc) auquel Barron ajoute une dose plus que normale de serial killers, sans oublier des créatures surnaturelles et des morts revenus à un semblant de vie. C'est là, dans le froid, la neige, les trailers, qu'il faut survivre ; aux horreurs cosmiques, aux humains dégénérés, à la Chasse sauvage même (comment ne passerait-elle pas dans un lieu aussi oublié des dieux ?), sans oublier une sorte d'uchronie romaine post-apo incongrue et crédible à la fois. Résister à un univers qui se rit des humains et de leurs espérances (là, nous sommes proches d'HPL ou de Ligotti), les écrase à sa guise sans une seconde pensée.

Si le style de Barron drawls, la narration fait de même. On avance et on recule dans le temps, on croise et on recroise les mêmes ; on est aux premières loges d'une difficile et toujours imparfaite remembrance. On ne comprend pas tout (et même parfois rien), puis ça s'éclaire quand de nouveau éléments arrivent, jamais complètement ceci dit. La construction tient en équilibre instable sans jamais s'écrouler, retombe sans cesse sur ses pattes quand tout espoir semblait perdu. C'est à la fois souvent impressionnant et souvent exaspérant, en succession rapide.

"Swift to Chase" est un très bel exercice d'écriture. C'est de l'horreur contemporaine à son meilleur, dans un style unique. Et ça vaut la peine d'aller au bout, pour le plaisir de l'écriture comme pour celui qu'on ressent lorsqu'on finit par comprendre, dans une conversation, où voulait en venir cet interlocuteur qui, suivant sa pensée, ne cessait, d'incises en incises, de s'interrompre. Mais on pourrait comprendre aussi un lecteur qui finirait par arrêter sa lecture, exaspéré par les chemins de traverse que prend sans cesse le récit.

Swift to Chase, Laird Barron

lundi 28 novembre 2016

Participez à une étude sur l'influence des blogs

Janis Lardeux, étudiante en Master 2 Editions, réalise un travail sur l'influence des blogs littéraires sur les choix de lecture.

Vous qui passez ici pouvez participer en répondant aux quelques questions ci-dessous.

(Court) questionnaire

mercredi 23 novembre 2016

Au-delà du gouffre - Peter Watts


"Au-delà du gouffre" est un recueil de nouvelles inédit de Peter Watts, coréalisé par Le Bélial et Quarante-Deux. L'immense talent de l'auteur canadien s'y déploie, avec l'univers en arrière-plan.

Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 85, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…).

Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout :

« Nous sommes les hommes des cavernes. Nous sommes les Anciens, les Progéniteurs, les singes qui érigent vos charpentes d’acier. Nous tissons vos toiles, construisons vos portails magiques, enfilons le chas de l’aiguille à soixante mille kilomètres/seconde. Pas question d’arrêter, ni même d’oser ralentir, de peur que la lumière de votre venue ne nous réduise en plasma. Tout cela pour que vous puissiez sauter d’une étoile à la suivante sans vous salir les pieds dans ces interstices de néant infinis… »
Peter Watts est né en 1958 à Calgary, dans la province canadienne de l’Alberta. Titulaire d’un doctorat en biologie et ressources écologiques, spécialiste des fonds marins et de la faune pélagique, il produit aujourd’hui la plus exaltante des sciences-fictions contemporaines, quelque part entre les nébuleuses Greg Egan et Ted Chiang, non loin de la galaxie Ken Liu, là où soufflent les vents cosmiques, dans le cœur vibrant des étoiles, en plein sense of wonder, en pleine sidération… Sans équivalent réel en langue anglaise, architecturé avec le plus grand soin, le présent recueil achève d’installer Peter Watts au firmament des créateurs de vertige et des prospecteurs d’idées fabuleuses — une supernova.

Et signaler qu'on peut télécharger gratuitement jusqu'au 30/11 The Island (Hugo 2010 novelette) et lire l'interview accordée par l'auteur à votre serviteur aux Utopiales 2013.

Voila. Rien de plus. Sinon voici ce qui m'attend :

dimanche 20 novembre 2016

Just another future song - Daryl Gregory


"Just another future song" est une nouvelle de Daryl Gregory, téléchargeable gratuitement sur le site de Uncanny.

Cette courte histoire SF résolument weird est l'hommage de Daryl Gregory à un grand artiste que son œuvre a installé dans l'éternité.
Je ne livrerai pas son nom ici. Certains lecteurs l'ont déjà reconnu. D'autres comprendront au fil des lignes. Pour ceux qui resteront, Google est leur ami.
Une belle interprétation en tout cas, et un texte à lire.

Just another future song, Daryl Gregory

samedi 19 novembre 2016

Uzumaki - Junji Ito


L’univers du manga est celui des jeunes lycéennes aux culottes trop visibles et aux robots dont le seul poids devrait les faire s’écrouler sur eux-mêmes. Ou pas. Et comme je le fais trop peu régulièrement, en obéissant à la fois à de rares impulsions et à la permissivité de Maître Gromovar, permettez-moi de signaler à votre attention un classique de la BD japonaise. Il s’agit de UZUMAKI. Écrit et dessiné par Junji Ito, ce manga d’horreur bizarre est normalement ciblé YA, comme pouvait l’être Tales from the Crypt dans un autre contexte culturel. 

"Uzumaki" est donc une série graphique hebdomadaire écrite entre 1998 et 1999, et vous devez vous la procurer et la lire. Pourquoi ? Parce qu’elle est probablement le meilleur regard dans la culture japonaise et dans le paradoxe qu’elle représente tant son éloignement et sa proximité avec nos systèmes de références sont constants. Mais aussi parce que c’est simplement une putain de bonne BD de fantastique et d’horreur.

Pour vous lecteurs de SFFF Européens, tous dans "Uzumaki" sera compréhensible et tout sera néanmoins inattendu. L’histoire tourne mollement autour de l’amourette très platonique entre deux lycéens. La trame est habituelle. La fille naïve ne comprendra jamais vraiment ce qui se trame et restera la Belle au Bois Dormant, candide et positive. Le garçon, lui devient reclus et fuit les moindres problèmes qui s’accumuleront jusqu’à une apothéose apocalyptique. Le lieu de l’action est une ville portuaire, elle pourrait être sur la côte Bretonne à peu de choses près ou une version de Plus Belle la Vie qui partirait un peu en vrille… Tout cela ne vous surprendra guère. La dimension horrifique elle-même est traitée de façon hitchcockienne, par une lente montée en puissance, étape par étape, incident mineur par incident de moins en moins en mineur. La trame narrative répétitive est celle d’un pulp bas de gamme : un incident va dévoiler une nouvelle facette de l’horreur, la fille ne comprendra qu’au dernier moment, le garçon lui aura déjà tout compris et essaiera d’alerter sans y parvenir.

Mais la partie insidieuse, la faille maligne, le miroir étrange va vous apparaître de plus en plus avec évidence et prendre le pas sur le format de supermarché avant que vous ayez eu probablement le temps de ne pas vous faire attraper…

Car cette BD de gare pour adolescents n’en est pas une. C’est un glissement lent et résolu dans un univers autre. Celui du roman d’abord où le signe de la spirale est prétexte à une métaphore convenue mais néanmoins efficace de la folie lente et inexorable qui va en s’accélérant. C’est aussi un glissement dans l’imaginaire nippon et sa capacité à ne pas avoir de barrière là où nous les attendrions. Le Japon est une culture du signe et la spirale semble pouvoir y déployer une logique y compris dans la trame narrative qui avant que nous ayons pu reprendre notre souffle dans un conduit au-delà de ce que Dali ou Bosch auraient jugés lisibles. Et la magie néfaste opère car la suspension d’incrédulité fonctionne à merveille et nous suivons. Nous suivons jusqu’à la grande révélation de la fin, qui vient par paliers et qui ne nous intéresse déjà plus depuis la moitié de l’ouvrage.

Non, ce qui nous intéresse c’est le prochain choc visuel, la prochaine idée graphique qui sera traitée sans distance et de façon littérale par l’auteur. C’est cette absence de second degré dans le traitement du pitch « Et si on disait que le signe de la spirale rendait fou un village ? », qui vous claquera le plus. Ou pas. Mais dans ce cas il se peut que vous sachiez alors qu’il n’y aura rien d’autre à chercher pour vous dans la culture de l’horreur japonaise, car elle ne vous parlera probablement jamais. Mais je parie le contraire, car pour ma part, j’ai retrouvé chez Junji Ito à la fois du Stephen King de Christine et du Lovecraft de La Couleur Tombée du Ciel.
Il me semblait important de vous en parler.

Uzumaki, Junji Ito

lundi 14 novembre 2016

Angle Mort 12


Sortie du numéro 12 de la revue Angle Mort, porteuse maintenant d'une nouvelle une ambition : créer des ponts entre science et fiction afin d'imposer des épreuves de réalité. Revendiquant ce concept, qu'on trouve chez Boltanski par exemple en France (le titre de l'édito est transparent de ce point de vue), la revue affirme une volonté critique qui tourne volontairement le dos au surplomb scientifique, au péril de la neutralité axiologique. C'est son choix.

La revue cherche aussi à diversifier son contenu, proposant, en plus des quatre nouvelles (et trois interviews d'auteur) et de l'itw du graphiste Bruce Riley, un article scientifique de Peter Galison sur le concept de « scénario » et une interview de l'artiste désigneuse hitek Joëlle Bitton.

Qu'en est-il des nouvelles ?

L'ange au cœur de la pluie, de Aliette de Bodard, est une nouvelle sur les déchirements de la migration et de l'acculturation. Un vrai potentiel dans cette nouvelle qui est, hélas, trop courte pour convaincre. Rien n'a le temps de s'y développer. Dommage.

L'agénésie congénitale de l'idéation, de Raphael Carter (auteur mystérieux disparu depuis), est une nouvelle présentée comme une étude scientifique sur l’identification du « genre » (dois-je rappeler encore une fois que si le genre est social, le sexe - qu'il soit continu ou discret - est biologique ?). Quand on doit relire chaque page tellement on décroche à la lecture, ce n'est pas bon signe. Plus explicitement militant que le premier texte (ce qui lui valut un Prix James Tiptree Jr.), la nouvelle est aussi ennuyeuse que pouvait l'être le théâtre d'intervention, et pour les mêmes raisons.

Aujourd'hui je suis Paul, de Martin L. Shoemaker, est un texte émouvant sur une fin de vie, à partir d'un point de vue original. Là aussi, il aurait pu y avoir plus, mais on apprend dans l'interview que Shoemaker a l'intention d'écrire un roman qui prolonge la nouvelle. A suivre donc.

L'équation du wagon, de Jean-Marc Agrati. Si quelqu'un a compris, je suis preneur. Mais l'interview est très agréable à lire, et l'humilité d'Agrati agréable à entendre.

Angle mort 12

dimanche 13 novembre 2016

L'histoire secrète de Twin Peaks - Mark Frost


"L'histoire secrète de Twin Peaks", c'est à la fois Twin Peaks - la série culte de David Lynch - et plus, bien plus. Ce n'est pas une suite, c'est une plongée dans un monde de secrets et de mystère qui entraine son lecteur vers les racines de l'étrange. Un très beau livre en tout cas.

Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 85, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…).

Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout :

Le meurtre de Laura Palmer dans la paisible ville de Twin Peaks a fait sensation dans le monde entier. Des millions de fans ont suivi l'enquête de l'agent spécial du FBI Dale Cooper. 25 ans plus tard, ce livre plonge au cœur des mystères de cette ville devenue culte.

Et rappeler que les hiboux ne sont pas ce que l'on pense.

Voila. Rien de plus. Sinon voici ce qui m'attend :

samedi 12 novembre 2016

Prométhée 14 - Bec - Raffaele - Guerre dans les cieux


Sortie du tome 14 de la série fleuve Prométhée. C’est l’entame d’un second cycle après un 12 conclusif et un 13 qui n’était qu’une sorte de spin-off narratif.
Si Prométhée était une série télé, on parlerait, pour ce numéro 14, d’épisode 1 de la saison 2. Prométhée S02E01 : "Les âmes perdues". En effet, c’est le même principe qui s’applique ici : une suite mais pas que, les mêmes personnages mais de nouveaux aussi, de nouveaux lieux et de nouveaux enjeux.
Je pars du principe que le lecteur, ici, connait le cycle 1.

Après la quasi extermination qui concluait le premier cycle, les rares survivants – connus des lecteurs ou anonymes – doivent reconstruire leur monde pour avoir une chance d’y survivre. C’est ce à quoi vont s’atteler, par exemple, Kellie et Tim, alors que des vaisseaux aliens déposent de nouveaux cubes au milieu des ruines. Pourquoi ? Mystère. Pour le moment.

On se rappelle aussi du retour malheureux et insatisfaisant des quatre voyageurs de la Porte de Thanatos. Revenus dans leur propre passé, ils sont « pris en charge » par les services spéciaux américains. Croira-t-on leur incroyable témoignage ? Pourraient-ils changer l’avenir du monde, et le leur propre ? A voir.

On se souvient peut-être du récit d’Hassan Turan. De l’étrange aventure survenue à son père, entré dans le Nécromantéion pour en ressortir trois nuits plus tard, vieilli de vingt ans. Où était le père d’Hassan durant ces trois nuits ? Que lui est-il arrivé ? Bec donne ici la réponse – en suggérant une explication inédite à une bien vieille affaire anglaise.

Et puis, il y a Alexandre. Le Grand. Au siège de Tyr (332 av. JC). Bénéficiaire d’une aide inattendue de la part d’êtres qui ne sont pas plus hellènes qu’humains. Pourquoi ?

Et, en 2019, pourquoi les aliens enlèvent-ils certains humains ?

Ce tome 14 pose de nouveaux enjeux, visiblement énormes, auxquels les personnages doivent maintenant répondre. Beaucoup de fils qu’il faudra dérouler à partir du tome 15.
A suivre donc.

Au dessin, Raffaele rempile, avec ses qualités, et le défaut récurrent d’être toujours un peu inconstant sur les visages.

Prométhée 14, Les Âmes perdues, Bec, Raffaele