jeudi 26 avril 2018

Gnomon - Nick Harkaway - Apocatastatique


Commençons par dire – qui aime bien châtie bien – que "Gnomon" est sans doute un peu trop long. Allez, disons de cent pages. Mais poursuivons en disant qu'il est aussi fascinant et que je regretterais beaucoup d'être passé à côté.

Londres. Bientôt. Neith Mielikki vit dans la dystopie qu'est devenu la Grande-Bretagne, et elle s'y trouve fort bien.

Deux piliers à ce cauchemar démocratique.
D'abord, le System : un mode de gouvernement dans lequel les citoyens sont invités, fortement et régulièrement, à participer à des mécanismes de démocratie directe. Donner son avis, participer, voter, décider, le System est un mécanisme de gestion algorithmique de la société pour le plus grand bien commun, avec l'appui de citoyens qu'on oblige virtuellement à, comme le disait Rousseau dans un de ses moments de délire, voler aux assemblées. Une fois la décision législative prise, la mise en œuvre est du ressort de systèmes informatiques experts – qui détiennent donc le pouvoir exécutif.
Ensuite, le Witness : un système de surveillance omniprésent qui utilise les millions de caméras de sécurité déjà présentes en UK auxquelles s'ajoutent les suivis numériques permis par les smartphones, les objets connectés, etc. Jamais éteint, jamais assoupi, le Witness surveille sans cesse les lieux et les gens, prévenant les délits ou les réprimant, mais aussi micromanageant la vie physique ou émotionnelle des citoyens (pour leur plus grand bien évidemment). Le Télécran d'Orwell ne surveillait que les intérieurs ; le Witness, lui, sait tout.

L'ensemble forme un complexe de transparence quasi totale (tant vis à vis de l'Etat – jamais incarné – que des autres citoyens – presque toute l'information sur chacun est publique et accessible en AR), un gouvernement technocratique sans chef identifiable, un mécanisme de démocratie directe multi-niveaux comme l'UE n'oserait pas en rêver, un despotisme démocratique tocquevillien.
Des citoyens heureux, productifs, écoutés, en sécurité, que demande le peuple ? Ah oui, il y a bien quelques récalcitrants qui n'aiment pas qu'on les observe et protestent plus ou moins violemment, des refuzniks que le Witness détecte puis convoque pour une lecture mentale, voire une légère reprogrammation dont ils sortiront soulagés et heureux. Tout se passe sans violence, pour le plus grand bien commun.

Mais voilà que Diana Hunter, une refuznik lambda, meurt pendant sa « lecture mentale ». Neith Mielikki, brillante et loyale inspectrice humaine du Witness, doit enquêter sur ce désastre, trouver les raisons de la mort de Diana Hunter, les responsable éventuels ou les procédures fautives. Pour cela, la méthode est standard, on commence par injecter dans le cerveau de l’enquêteur la mémoire lue pendant l'interrogatoire, afin de voir de l'intérieur ce qui s'est passé. C'est ce que fait Neith Mielikki, elle en a l'habitude et l'expérience, mais cette fois, rien ne se passe normalement. Car, après l'injection, ce n'est pas Diana Hunter que Neith a dans la tête mais au moins trois personnages distincts : un financier grec, survivant miraculé d'une confrontation avec un requin géant, une alchimiste qui fut la maîtresse du « punk repenti en père la pudeur » Saint Augustin, un peintre et opposant éthiopien vivant à Londres. Et presque pas de Diana Hunter.

« Revivant » les souvenirs de ces trois artefacts évidemment construits pour déjouer la lecture de mémoire, Neith voit le financier devenir l'un des hommes les plus riches du monde entre fascisme politique et anomie ploutocratique, l'alchimiste se lancer dans une quête désespérée jusqu'aux enfers pour ressusciter son fils, le peintre créer tout l'art d'un jeu vidéo qui veut dénoncer la société de surveillance.
Et en arrivent d'autres, dont le beaucoup moins humain Gnomon, qui prend place aussi dans la tête de Neith.
De ligne en ligne, de page en page, et surtout de métaphore en métaphore, l'enquête progresse et Neith avance vers une incroyable vérité qui, comme il est écrit dès les premières pages, va remettre en cause tout ce à quoi elle croyait. Hunter – ou ses avatars – l’entraîne à son corps défendant dans une catabase censé l'amener à une indispensable apocatastase.

Difficile d'en dire plus sans spoiler, ce que je ne veux vraiment pas. Qu'on sache donc que "Gnomon" est un roman aussi diaboliquement construit que brillant et référencé.

Les thèmes abordés y sont innombrables. Démocratie, risque populiste, pouvoir, choix, liberté, réalité, simulation, illusion, magie des mots, force du discours, mythe et poésie. Il y est question des livres et des transformations qu'ils induisent dans le cerveau des lecteurs, des livres (mais aussi des mythes) comme structures structurantes, comme vecteurs de la psyché de l'auteur vers celle du lecteur, comme passeurs imparfaits mais indispensables. On s'y interroge aussi sur le prix qu'on est prêt – ou qu'il est juste – de payer pour ce qu'on juge être bon. Sur la démocratie comme mauvais système certes mais finalement moins mauvais de tous. Sur la tyrannie, cet enfer pavé de bonnes intentions. Sur bien d'autres choses encore.

Mais "Gnomon" est aussi une collection de références, de préoccupations, d'Easter Eggs propres à Nick Harkaway. De Casablanca (dont il cite même la réplique la plus connue) à l'Ethiopie du Négus en passant par Das Boot, l'auteur promène le lecteur dans un monde personnel qui contient aussi l'Ecole de Francort, Wilhelm Reich, ou Jean Baudrillard, entre autres. On y trouve encore l'inquiétude sur les dérives britanniques, sur le pouvoir de ces super-riches qui ont objectivement fait sécession, ou sur les réactions identitaires populistes contemporaines, par exemple. C'est donc autant un journal d'Harkaway à la Comment voyager avec un saumon ? qu'un texte d’anticipation captivant.

Enfin, "Gnomon" est un roman diaboliquement construit. Complexe mais jamais abscons, il livre une information après l'autre à un lecteur qui suit, de facto, le même chemin initiatique que Neith dans leur quête commune de la vérité sur Hunter et son destin tragique. Fait de thèmes et de schèmes qui se répondent d'un bout à l'autre des 700 pages, Gnomon est une anamorphose qui se dévoile seulement – au lecteur comme à l'inspectrice – lorsque tous les points à relier ont été passés en revue, lorsqu'a été trouvé le bon angle de vision, celui qui permet de voir par-delà les ombres de la caverne.

Alors "Gnomon" est énorme, surprenant, brillant, à lire absolument. Certains – ici et là – parlent de Dick ou de Gibson, on pourrait y ajouter Eco ou bien d'autres encore, tels le Iain Pears du Cercle de la Croix ou le Somoza de La caverne des idées.

"Gnomon" est de ces romans foisonnants qui donnent à penser longtemps et impressionnent par la manière dont ils y parviennent, un de ces romans qu'on aurait beaucoup perdu à ne pas avoir lu.

Gnomon, Nick Harkaway

Unchained : Rajaniemi breaks the Blockchain


Dans le MIT Technology Review, on peut lire une petite nouvelle gratuite de l'incroyable Hannu 'Quantum Thief' Rajaniemi, " Unchained: A story of love, loss, and blockchain".
Honnêtement, ce n'est pas le texte du siècle, mais c'est néanmoins une première illustration littéraire de la technologie Blockchain, des Smart Contracts, et des possibilités de gestion algorithmique du monde qu'ils offriront sous peu.
A lire (en attendant son très proche Summerland).

Unchained: A story of love, loss, and blockchain, Hannu Rajaniemi

mercredi 25 avril 2018

La Terre demeure - Georges Stewart - Must-read


Alors, Fage, qu'est ce que j'apprends ?
On ressort le chef d'oeuvre post-apo "La Terre demeure", de Georges R. Stewart, et on ne me dit rien.
Il était chroniqué là et je conseille vivement à tous d'aller le lire.

La Terre demeure, Georges R. Stewart

Black Hammer 2 - Lemire - Toujours brillant


Le temps passe dans la petite ville endormie (l'univers de poche?) de Rockwood. Les ex-super-héros – à l'exception d'Abraham Slam qui tente de se refaire une vie avec Tammy, la proprio du diner local – ont toujours autant de mal à vivre leur exil forcé. Mais après dix ans de stase, l'arrivée inopinée de Lucy Weber (la fille du défunt Black Hammer) est susceptible de perturber les rares équilibres péniblement atteints par les exilés.

Lucy, qui ne sait pas comment elle est arrivée là, enquête frénétiquement pour trouver le moyen de rentrer chez elle, et d'emmener les autres aussi par le même chemin. Des pistes existent, mais rien de concluant encore en dépit de ses efforts. La jeune femme parvient juste à confirmer le caractère factice (trumanesque) de Rockwood.

En parallèle, la vie continue, avec ses banalités et ses secrets. Nous assistons aux déchirements dans la vie et les espoirs de Barbalien, au désespoir toujours plus grand – confinant au suicidaire – de Gail, à la mauvaise tournure que prend la relation d'Abraham et Tammy. Nous comprenons que le rôle de Madame Dragonfly dans toute l'affaire – depuis Spiral City – est bien trouble, qu'il y a un vrai mystère sur l'issue du dernier combat des super-héros, ou encore que le Captain Weird semble avoir un agenda caché suffisamment important pour lui faire commettre un acte atroce.
Nul n'est heureux. Tous souffrent. Mais les raisons des uns ne sont pas celles des autres ; cela finira peut-être par déboucher sur un conflit ouvert entre les exilés de Rockwood.

Dans ce tome, l'histoire avance. Le mystère demeure, certes, mais les éléments s'accumulent dans l'attente du dernier tome où les fils seront dénoués. Et l'intérêt pour les personnages grandit encore chez un lecteur qui était déjà séduit à juste titre.
Car par-delà la quête de Lucy et les tourments de ses co-prisonniers, ce tome 2 est l'occasion pour Lemire d'en dire plus sur le passé des héros et sur le combat final qui les a condamnés à l'isolation. Et, parce qu'il est Lemire, il développe aussi finement ses personnages, tant dans ce passé qui les fonde que dans ce présent qui leur pèse. Il livre une histoire aussi rythmée et mystérieuse qu’émouvante et un peu triste. Comme dans ses autres comics, Lemire croque des personnages riches et profondément touchants. Comme dans cette série seulement, il continue son hommage au monde des comics, introduisant ici entre autres un genre de Thanos, une cour d'Asgard matinée d'Inhumains, ou une X-Force au sort tragique sans oublier un hilarant comic de SF typique d'un âge d'or rempli de fusées atomiques, de robots tueurs, et de dialogues grandiloquents.

Alors, il faut lire, absolument lire, et attendre avec impatience le tome 3.

Black Hammer t2, L'incident, Lemire, Ormston, Stewart

lundi 23 avril 2018

Injection 3 - Ellis - Dans le Tardis et au-delà


"Injection tome 3". Cette fois-ci, c'est la hackeuse Brigid Roth qui s'expose aux feux de la rampe.

Cornouailles. Un cercle de pierres dressées est découvert accidentellement par les agents de Cursus. Deux particularités : structurelle, il semble doté de pouvoirs latents, conjoncturelle, un squelette humain y est enchainé. Une seule de ces bizarreries aurait suffit pour justifier l'envoi de Brigid sur place.

En un lieu où le voile entre les mondes est aussi mince que fragile, Brigid - arrivée magiquement grâce à l'espèce de Tardis qu'elle détient - enquête sur une nouvelle manigance d'Injection. L'IA rebelle, qui se sent à l'étroit sur Terre, veut cette fois ouvrir la porte de l'Outremonde afin d'aller y baguenauder. Elle trouve pour ce faire une alliée en la personne d'une historienne locale qui ne s'est jamais remise de la christianisation de la région et espère rebattre les cartes d'une très ancienne colonisation culturelle.

Morts violentes, magie, technologie, les ingrédients de la recette Injection sont présents dans ce volume. Mais l'ensemble est un peu décevant. En effet, après un premier tome foisonnant qui introduisait au problème Injection et un second qui mettait en vedette le passionnant Vivek Headland, ce troisième volume reprend l'approche narrative du précédent sans guère innover.
Injection est backstage, tirant les ficelles comme un Fu-Manchu ou un Moriarty informatiques justifiant ex-post toutes les intrigues par de prétendues manigances réalisées ex-ante. Il y a ici un peu de facilité et une banalisation de l'histoire.
L'impression de facilité banale est confirmée par la manière dont Ellis développe la “personnalité” de Brigid ; il ne suffit pas de créer un personnage à cran et mal embouché pour qu'il soit profond (trop de piètres joueurs de JdR le croient, hélas).

Alors ça se lit bien, car Ellis sait écrire, mais ce n'est pas à la hauteur de ce qu'annonçaient les deux premiers ouvrages. Espérons que le niveau remontera dans le tome 4, qu'un conflit, par exemple, entre le druide Rob et ses anciens alliés redynamisera le tout, sinon il faudra se résigner, avec regret, à lâcher l'affaire.

PS : On notera que la série sera prochainement adaptée à la télévision.

Injection t3, Ellis, Shalvey, Bellaire

jeudi 19 avril 2018

La ballade de Black Tom - Victor LaValle


De 1924 à 1926, durant le temps de son bref mariage avec Sonia Greene, Lovecraft vécut à New-York. Le lieu est ironique car le dandy wasp raciste de Providence s'y trouva alors à l'épicentre des migrations du début du XXème siècle, dans la Grosse Pomme, au milieu du Melting Pot. Revers de fortune, mariage malheureux, et obsessions xénophobes firent de ce séjour une douloureuse épreuve pour lui jusqu'à son retour dans son Rhode Island natal.

En 1925, encore à NY, il écrivit Horreur à Red Hook, un texte peu lié au mythe de Cthulhu, plutôt fondé sur des légendes occultes assez convenues, et d'assez faible qualité globale. Ce qui le rend notoire est qu'il est des textes d'HPL celui où son racisme viscéral s'exprime peut-être de la manière la plus explicite. On y trouve, dans ses descriptions du quartier de Red Hook et de la population cosmopolite qui l'habite, un rendu assez fidèle – et franchement consternant – de la manière dont il envisageait les populations étrangères fraîchement arrivées à New-York. Il suffit de lire le texte et de savoir qu'il est corroboré par le ton des lettres que Lovecraft écrivit à ses amis sur le sujet – sous l'entrée Red Hook dans Lettres d'Arkham par exemple (je tiens les scans à dispo pour qui les voudrait).

Et voilà donc que, presque cent ans après, Victor LaValle, un auteur Américain d'origine ougandaise, écrit sa version de Horreur à Red Hook, vue par les yeux d'un jeune Afro-américain, Tommy Tester, qui deviendra le terrifiant Black Tom.

S'il reprend lieux et personnages en y ajoutant celui de Black Tom, LaValle ne garde pas la structure de Horreur à Red Hook et il en change en partie l'histoire.

Dans "La ballade de Black Tom", le lecteur commence par faire la connaissance de Tommy Tester, un jeune afro-américain de Harlem qui tente sans grand succès d'être musicien et subvient à ses besoins, et à ceux de son père gravement malade, grâce à de petites combines. Elles le mettront en contact avec un Mal ancien, et lui feront connaître, pour le pire, Robert Suydam, un riche excentrique qui veut réveiller un Grand Ancien et dont il deviendra le « disciple ». Jusqu'à Red Hook, jusqu'à un assaut policier sur un antre du mal.

"La ballade de Black Tom" reprend les deux personnages principaux de la nouvelle originale (qui est plus courte). Elle reprend en partie la trame de l'histoire. Mais c'est à peu près tout. Et c'est pourquoi elle est lisible sans problème par quelqu'un qui n'a pas lu l'original ou n'est pas lecteur de Lovecraft. Au fil du texte, le lecteur est le témoin du préjudice constant que subissent les Noirs américains dans ce Nord qui, pourtant, avait prétendu se battre pour eux. Il y voit la misère de ces populations. Il y entend le mépris qu'elles subissent de la part de presque tous les Blancs, mépris qui peut aussi s'activer en agression physique ou s'exprime au quotidien dans le harcèlement exercé par tous les porteurs d'autorité, des policiers aux contrôleurs du métro. Dans ce monde de ségrégation spatiale et morale, il faut lutter au jour le jour pour survivre, apprendre à supporter son sort pour ne pas devenir fou, ne jamais répondre et toujours baisser la tête si on a l’intention de la garder sur ses épaules.

Ce monde, c'est celui de Tommy. Et lui, son truc c'est la débrouillardise. Mais une embrouille de trop et une rencontre impromptue le mettent en contact avec une réalité inconnue, celle d'êtres si anciens et si puissants que les humains ne sont rien pour eux, rien de plus que la pierre que Tommy ramasse à un moment pour se protéger d'une agression. L'indifférence, c'est ce que nous leur inspirons. Et Suydam, fou présomptueux qu'il est, veut réveiller l'une de ces entités. Il veut le faire pour le pouvoir, et il « vend » son projet aux marginaux discriminés de Red Hook comme la voie d'une revanche à venir, comme un moyen de renverser la table et de rééquilibrer les comptes entre Noirs et Blancs. C'est là qu'il ne comprend ni l'entité qu'il veut réveiller, ni son jeune disciple Black Tom.

Avec ce texte, LaValle offre une vision intéressante de ce que peut être une histoire du mythe débarrassée de ses oripeaux racistes – et même plus en l’occurrence. Il donne un visage, un nom, et une voix à l'un de ces non-blancs qui inspiraient un si vif dégoût à Lovecraft. Il tisse une histoire mieux construite que celle d'HPL – même si elle aurait mérité quelques développements supplémentaires, sur le personnage de Ma Att par exemple – et résolument inscrite dans le mythe, elle, alors que l'originale relevait plus de la psychanalyse qu'autre chose.
Il décrit finement une New-York à la Ragtime, et un Tommy Tester qui se change en Black Tom comme Malcolm Little devint Malcom X. En lieu et place de l'alphabet Aklo de Lovecraft, LaValle introduit l'authentique Alphabet Suprème de Clarence13X et Elijah Muhammad, alphabet militant censé donner un pouvoir sur la réalité par la réinterprétation des mots, et qui, ici, est source de pouvoir magique. Correspondance des sens : mots de pouvoir, mots de révolte, mots magiques qui façonnent la réalité ; c'est malin et bien vu, d'autant que Malcolm X et Black Tom partagent un même destin inachevé.

Ainsi, tout du long, La Valle mêle sans rupture ce qu'il veut dire sur le sort des Noirs et ce qu'il garde d'une histoire créée par un autre. Fait d'ingrédients qu'on aurait dit incompatibles, le gâteau est fort bon à l'arrivée.

Cerise sur icelui, LaValle se permet aussi quelques clins d'oeil pour les fans, avec un Mr Howard venu du Texas, ou un homme originaire du Rhode Island à qui la police conseilla de retourner à Providence si la ville lui convenait si peu. Le déménagement de Suydam de Flatbush à Red Hook – conforme à la trajectoire new-yorkaise de Lovecraft – se trouvait en revanche déjà dans le texte orignal.

Au final, un texte très sympathique qui prouve qu'on peut faire du « Lovecraft » militant et réussir, ce qui n'est pas toujours le cas. Il a obtenu le Shirley Jackson Award 2017 et le British Fantasy Award 2017, et il ne les a pas volés ; c'est à ses qualités propres que la novella les doit, pas au Lovecraft-cleaning en cours dans le petit monde toujours si moutonnier de l'Imaginaire.

La ballade de Black Tom, Victor LaValle

mardi 17 avril 2018

La porte de cristal : le second Hugo de Jemisin


Sortie, toujours chez Nouveaux Millénaires, du tome 2 de La Terre Fracturée. Comme son devancier, La cinquième saison, La porte de cristal (chroniqué là en VO) a obtenu le Hugo. Et ce n'est pas volé.
Plus qu'à attendre le tome 3 maintenant pour la conclusion d'une trilogie qui s'impose comme une référence définitive.

La porte de cristal, N. K. Jemisin

samedi 14 avril 2018

La part du monstre - M.R. Carey


"La part du monstre" est un prequel de Celles qui a tous les dons, toujours par M.R.  Carey.
Très semblable à son devancier, il plaira sans doute à ceux qui voudront se replonger dans une ambiance et des thèmes déjà développés par l'auteur.

Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 91, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…).

Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout :

Sur une Terre en proie à la terreur. Stephen, 14 ans, autiste et surdoué, a pris place dans un laboratoire mobile avec six militaires et six scientifiques. Sauveront-ils l’humanité ?

Voila. Rien de plus. Sinon voici ce qui m'attend :


jeudi 12 avril 2018

Dans la toile du temps : un grand Tchaikovsky en VF


Sortie de l'excellent et très arthropodique "Dans la toile du temps", version française du Children of Time d'Adrian Tchaikovsky. Il était chroniqué en VO en 2016.

Dans la toile du temps, Adrian Tchaikovsky

samedi 7 avril 2018

Les nominés GPI 2018 (enfin, quelques, y en a trop)




Roman francophone

La Désolation de Pierre Bordage (Bragelonne)
Toxoplasma de Calvo (La Volte)
Le Temps de Palanquine de Thierry Di Rollo (Le Bélial’)
Pornarina de Raphaël Eymery (Denoël, Lunes d’encre)
Les Seigneurs de Bohen d’Estelle Faye (Critic)
Spire, tomes 1 et 2 de Laurent Genefort (Critic)
La Société des faux visages de Xavier Mauméjean (Alma)
Paris-Capitale de Feldrik Rivat (L’Homme sans nom)
Moi, Peter Pan de Michael Roch (mü éditions)
Pierre-Fendre de Brice Tarvel (Les moutons électriques)


Roman étranger

La Bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins (Denoël, Lunes d’encre)
Bagdad, la grande évasion ! de Saad Z. Hossain (Agullo)
La Cinquième Saison de N.K. Jemisin (Nouveaux Millénaires)
Une histoire des abeilles de Maja Lunde (Presses de la Cité)
L’Arche de Darwin de James Morrow (Au diable vauvert)
Version officielle de James Renner (Super 8)
2312 de Kim Stanley Robinson (Actes Sud, Exofictions)
L’Alchimie de la pierre d’Ekaterina Sedia (Le Bélial’)


Prix Jacques Chambon de la traduction

Jean-Daniel Brèque pour Certains ont disparu et d’autres sont tombés de Joel Lane (Dreampress), La Bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins (Denoël, Lunes d’encre) et Apex de Ramez Naam (Presses de la Cité)
Michelle Charrier pour La Cinquième Saison de N.K. Jemisin (Nouveaux Millénaires)
Anne Coldefy-Faucard pour Telluria de Vladimir Sorokine (Actes Sud)
Mathias De Breyne pour Kalpa Impérial de Angélica Gorodischer (La Volte)
Pierre-Paul Durastanti pour les inédits de Danses aériennes de Nancy Kress (Le Bélial’ et Quarante-Deux)
Gilles Goullet pour Autorité de Jeff VanderMeer (Au diable vauvert)
Jean-François Le Ruyet pour Bagdad, la grande évasion ! de Saad Z. Hossain (Agullo)
Valérie Malfoy pour Des vampires dans la citronneraie de Karen Russell (Albin Michel)
Théophile Sersiron pour The Only Ones de Carola Dibbell (Le Nouvel Attila)