lundi 16 octobre 2017

La forêt sombre - Liu Cixin


Après avoir lu l'excellent Problème à trois corps, il est temps de poursuivre avec le tome 2, La forêt sombre. Ceci fait, il n'y aura plus qu'à attendre qu'arrive, sous peu, la suite et fin.

On est toujours dans la SF chinoise innovante de Liu Cixin, un style et une approche à découvrir et à apprécier.

La forêt sombre, Liu Cixin

samedi 14 octobre 2017

Le guide de la SF et de la Fantasy - Karine Gobled


On sait les liens qui m'unissent à Karine 'Lhisbei' Gobled, vieille amie de blog et d'irl, et Grande Archiviste du Prix Planète-SF des Blogueurs. Je ne chroniquerai donc pas ce guide - pas plus que je n'avais chroniqué Le guide de l'uchronie - pour des raisons que chacun comprendra.

Disons simplement qu'alternant articles et interviews elle y présente les genres de l'Imaginaire. Elle propose aussi sa sélection de textes importants par genre. Elle étend enfin son propos à la place du genre dans la recherche ou les médias, Internet compris.
C'est donc à un grand tour de l'Imaginaire que convie le Guide. Il permettra à un néophyte d'entrer dans le genre sans trop se tromper et sans dire trop de bêtises. C'est déjà énorme pour un pan de la littérature que beaucoup, en France notamment, ne toucheraient même pas avec des pincettes, et qu'il s'agit de faire connaitre. Une tâche d'intérêt public donc.

Toute sélection est choix, et tout guide est partiel donc partial. Il y a autant de listes qu'il y a de lecteurs. Néanmoins, si un débutant, prenant son courage à deux mains, décidait d'entrer dans le genre et le faisait en commençant par lire les 12 ouvrages présentés par Gobled dans sa liste introductive, il commencerait son odyssée sous d'excellents auspices en lisant 12 livres aussi bons qu'importants. Que demander de plus ?

Les 12, pour information :
Aqua-tm, de Ligny
Chronique du pays des mères, de Vonarburg
Dune, de Frank Herbert
Etoiles Mourantes, d'Ayerdahl et Dunyach
Farenheit 451, de Ray Bradbury
Le goût de l'immortalité, de Catherine Dufour
Le grand livre, de Connie Willis
Les guerriers du silence, de Pierre Bordage
Le guide du voyageur galactique, de Douglas Adams
La horde du contrevent, d'Alain Damasio
La main gauche de la nuit, d'Ursula Le Guin
Les monades urbaines, de Robert 'the best of the best' Silverberg

Le guide de la SF et de la Fantasy, Karine Gobled

jeudi 12 octobre 2017

Le boucher de Chicago - Robert Bloch - Anecdotique


1893, Chicago s’est parée de blanc pour son Exposition Universelle. A l’occasion du 400ème anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde, les USA exhibent leur modernité et mettent en scène ce qui deviendra l’American Exceptionalism. S'offrent aux millions de visiteurs pavillons et allées où trouver science, architecture, religions, armement, électricité, mais aussi des attractions plus triviales telles que la danse des voiles de Little Egypt, le tout dans une architecture néoclassique blanche et monumentale.

1893 est aussi l’année où le « docteur » H.H. Holmes inaugura son « château », un bâtiment trompe l’œil dans lequel, non content de pratiquer la médecine et la pharmacie – le tout sans titre – il louait aussi des chambres meublées aux touristes venus visiter l’Exposition – des femmes principalement. Il y tortura, y tua, et y démembra entre 27 personnes (avouées) et 200 personnes (vraisemblables), ce qui fait de lui le premier tueur en série américain avéré.
Finalement arrêté, il vendit sa confession au magnat de la presse Randolph Hearst avant d’être pendu en 1896.

"Le boucher de Chicago" est un thriller de Robert ‘Psychose’ Bloch inspiré de l’histoire vraie de Holmes. On y voit un escroc de haut vol, assassin et illusionniste, magnétique et séduisant, qui promet le mariage à des femmes avant de les occire pour s’approprier leur assurance-vie ou leurs économies. On le voit aussi tuer ses associés ou complices. On le voit maitriser comme personne faux-semblants, trompe l’œil, illusions, portes et passages dissimulés. Le tout dans le labyrinthique château qu’il s’est fait construire en usant de techniques d’escroquerie qui s’apparentent à un système de Ponzi dont il serait le seul bénéficiaire et qui perdurerait grâce à l’élimination physique des « clients ».

On y voit l’Exposition, avec sa technologie, son clinquant, son parfum de scandale, cette schizophrénie américaine naissante parfaitement décrite par Xavier Mauméjean dans La société des faux visages (qui m’a donné envie de lire sur Holmes).

On y suit les aventures « policières » de Crystal, une jeune et intrépide journaliste tentant à grand peine de se faire une place dans un monde d’hommes, et de Jim, son fiancé – qui ne le restera pas, Crystal préférant une liberté conquise de haute lutte au rôle que la société de l’époque réservait aux femmes.

Après une entrée en matière inquiétante où Gregg (le Holmes de Bloch) tient autant de Barbe Bleue que de Landru, arrivent les enquêteurs amateurs Crystal et Jim qui tournent sans relâche autour de Gregg afin de prouver ce qu’ils subodorent voire de le pousser à la faute. Mais rien ne marche. Gregg est trop rusé, et il faudra le courage de Crystal, qui s’infiltre dans l’entourage du tueur au risque de sa vie, pour enfin mettre un terme à la chevauchée meurtrière de Gregg/Holmes.

Fin romancée, événements imaginés, Bloch brode autour de l’histoire vraie. Qu’importe, peu connaissent l’histoire vraie. Et le roman n’est pas inintéressant. Le fonds est historique, l’Exposition est finement décrite, l’ambigüité américaine aussi. Enfin, le personnage de Crystal, en forte tête intrépide et intelligente, est d'un commerce agréable.

Reste que la mise en récit est un peu trop succincte à mon goût. Il faudrait plus de pages pour développer mieux les sentiments des uns et des autres, faire monter plus efficacement suspense et tension, ajouter un peu de complications à une affaire qui semble parfois très mécanique. Quand au style, il est quelconque, simplement utilitaire.
Le roman est court (environ 200 pages petit format), il se lit donc vite et sans déplaisir, mais frustre un peu tant par sa brièveté que par son absence de lustre.

Le boucher de Chicago, Robert Bloch

mardi 10 octobre 2017

Cast a cold eye - Alan Ryan - Flaccide


"Cast a cold eye", de Alan Ryan. J’aurais voulu aimer ce livre. Pour plusieurs raisons personnelles. Mais je n’y suis pas parvenu.

Années 80. Jack Quinlan, célèbre auteur américain d’origine irlandaise, vient s’installer pour trois mois dans la petite ville de Doolin, à l'orée du Burren, en République (libre) d’Irlande. Il espère y saisir l’ambiance du lieu, pour améliorer son roman en cours d’écriture sur la Famine irlandaise. Il va trouver là bien plus qu'il n'en espérait : des fantômes, des traditions païennes, et l’amour d’une jeune Irlandaise, Grainne. Après des débuts éprouvants, il va s’intégrer au-delà de ses espérances et, ainsi, se reconnecter à ses racines.

Alan Ryan, un américain d’origine irlandaise, livre avec "Cast a cold eye" une magnifique évocation de l’Irlande. Pour ceux qui connaissent l’Irlande rurale, tout est vrai. Les routes invraisemblables qui empêchent toute vitesse supérieure à 40 km/h, les murs de pierre partout, les moutons partout aussi, jusque sur la route où ils dorment, les pains de tourbe, les petites maisons de pierre, les ruines. Les paysages, aujourd’hui galvaudés mais néanmoins magnifiques : le Burren, les falaises de Moher, Doolin Point. Les villes et villages, comme figés dans le passé, aux commerces antiques et aux pubs aussi chaleureux que souvent gaël-speaking. Les Irlandais, aussi attachants qu’incroyablement catholiques, avec qui il est plus que facile de lier conversation au pub autour d’une ou plusieurs pintes et qui n’oublient jamais de demander si on est marié avec la femme qui nous accompagne et si le reste de notre famille est composée de gens mariés. La lenteur et le charme d’un monde pas encore gagné par l’accélération contemporaine. On pourrait continuer. Pléthore de détails font naitre l’Irlande rurale sous les yeux du lecteur. Groovy !

Mais, hélas, il y a ensuite l’histoire que Ryan place dans son décor, et là, c’est moins reluisant.

Deux problèmes :

D’une part, le roman comprend une bonne moitié romantique qui prête à rire. Entre love at first sight, attirance physique amusante (ses seins !!!), dialogues et élans énamourés, volonté vocalisée de « faire l’amour », jusqu’à la réalité atrocement traditionnelle et patriarcale de la relation entre Jack et Grainne, tout ici sent le romantisme cheap à destination des clubs de lectrices.

D’autre part, "Cast a cold eye" est un récit de fantômes mollasson qui ne provoque jamais la moindre tension, handicapé qu’il est par un rythme trop lent et des moments fantastiques aussi clairsemés qu’inoffensifs.
Qu’on ne me comprenne pas mal. On peut écrire un roman d’ambiance, c’était peut-être l’objectif, mais, pour maintenir l’intérêt, il faut alors une écriture superbe. Il faut être, par exemple, Mishima ou Victor Hugo. Ryan n'a pas cette envergure. On peut aussi vouloir montrer une intégration difficile dans un univers clos, mais alors pourquoi la rendre ensuite si facile que ça en est invraisemblable.

Passons sur :
les fils peu exploités (le fils ombrageux de la bonne)
les fils pas exploités du tout (qui étaient ces fantômes ?)
les personnages des quatre vieux officiants de la cérémonie païenne qui ne font que tourner en rond et être aussi cryptiques que le cycliste-Cassandre d’Hysterical
les liens peu explicites entre les légendes racontées par le prêtre local (le seul personnage réussi, dans sa retenue contrainte même) et la réalité fantastique du moment
la raison même pour laquelle c’est cet Américain nouveau venu et descendant d’Irlandais se retrouve impliqué dans cette affaire, ou le rôle qu’est censé y jouer son aimée (on a, de fait, du mal a voir en quoi ce rôle consiste)
quant à la Famine, si on n'en savait rien au début, on n’en sait pas plus à la fin

A la toute fin, j’ai espéré une résolution à la Wicker Man, peu originale certes mais qui aurait sauvé l’ensemble. Et bien non. Tout ça pour ça. Toute cette attente pour un climax décevant. Je parlerais de coïtus interruptus s’il y avait eu le moindre coïtus.

Note : Jack/Grainne -> Irlandais partis/Irlandais restés - Fantômes/Vivants -> Passé/Présent - Double réconciliation. Une grille de lecture peut-être. Ca n'en reste pas moins insatisfaisant.

Cast a cold eye, Alan Ryan

lundi 9 octobre 2017

Injection 2 - Ellis - Baker Street meets l'Outremonde


"Injection, tome 2".

L’entité Injection est toujours en liberté. Dissimulée dans les réseaux informatiques, elle tente d’apprendre l’Humain. Pour cela, elle entre en contact avec des groupes ou des individus impliqués dans les activités caractéristiques qui l’intéressent – à savoir, pour l’heure, sexe, finance, crime, violence – et les manipule afin d’obtenir connaissances et docilité.
Hélas, dotée des compétences combinées des apprentis sorciers géniaux qui l’ont créée, elle progresse vite, trop vite, dans son projet mortifère. Détruira-t-elle l’espèce humaine quand elle en aura la capacité ? C’est à craindre.
Contre elle, comme en expiation, se dressent les membres de l’ancienne Unité des Contaminations Culturelles Croisées, ses parents objectifs.

Ce second TPB met en vedette l’enquêteur Vivek Headland. Pur heartless bastard, Sherlock Holmes en pire, Headland croise le chemin de l’Injection alors qu’il enquête sur un « vol de fantôme ». Comme dans les deux autres affaires étranges impliquant des membres de l’ex UCCC, il s’avère vite que l’IA gone-rogue est à la manœuvre. Et même si elle n’est jamais perdue de vue par les cinq qui la traquent, son influence et son terrain de jeu s’étendent. La fin de l’album laisse même craindre le pire pour l’humanité entière.

Headland, en génial expérimentateur, aussi froid qu’implacablement logique, est un Holmes moderne plus vrai que nature, jusque dans les petits détails que constituent son approche entomologique des sentiments humains, son autoritarisme insensible, son sens exacerbé de l'équité, ou sa connaissance encyclopédique expérimentale de toutes choses qui pourraient aider à résoudre une enquête – du sexe sous tous ses aspects au goût de la viande humaine.

Les autres personnages sont de fait un peu en retrait, même s’ils prennent leur part.
Les tourments existentiels dynastiques de Robin sont toujours vifs dans ce volume ; ils trouvent une conclusion qui donnera sûrement une dynamique nouvelle à l’équipe et laisse présager un retour en pleine lumière du personnage dans le volume 3.
Siméon et Maria gèrent ce qu’ils peuvent comme ils peuvent, et l’informaticienne Brigid traverse l’histoire en capuche à la Mr Robot.

Scénario aussi barré que solide, personnages intéressants, trouvailles graphiques pour illustrer les mécanismes d’observation d’Headland, absurdités assumées, on trouve dans "Injection" le même type de folie créative que dans la série Chew, dans un genre très différent et bien plus noir dans le traitement, ne serait-ce que graphique.

Note : une ou deux fois, j'ai eu un doute sur la traduction mais n'ayant pas l'édition VO...

Injection t2, Ellis, Shalvey, Bellaire

dimanche 8 octobre 2017

Pline 4 - Yamazaki - Bad, bad, naughty Poppée


Pline 4, "La colère du Vésuve". Les habitués savent qu'à la longue je me lasse de chroniquer toujours le même monde, même si, comme l'affirmait Héraclite « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». De plus, Nébal a déjà tout dit.

Juste my two cents donc.

Trois points saillent :

Pline est toujours Pline. Stoïcien résolu, rationnel jusqu'à la froideur, dans une approche Spock-like convaincante. Sautant d’observations en hypothèses et citant ses grands prédécesseurs, le naturaliste romain mêle allègrement réflexions fécondes et croyances superstitieuses dont notre passé, qui est son avenir, nous a démontré la fausseté. J'aime toujours autant le personnage, mais Pline fait du Pline et j'ai l'impression d'avoir fait le tour de la question. De ce fait, je n'y consacre plus qu'une attention limitée.

Ensuite, Nébal l'a dit, je n'y reviens pas, Félix, l’assistant de Pline, prend de l'importance. Il devient le regard critique de l'auteur sur les outrances du grand homme. Intéressant en effet, nécessaire sans doute par la méta-position qu'il engendre dans le regard du lecteur.

Enfin, le personnage de Poppée dévoile toute sa vilénie, facilitée par l'incurie d'un Néron immature et indigne de sa charge. Comme Nébal l'a dit, on hésite en ce qui la concerne entre l'héroïne tragique et l'aventurière méprisable. Qu'importe, elle fait le job en tirant la politique romaine (si tant est qu'on puisse qualifier de politique les tressaillements de Néron) vers les atrocités à venir, donnant par là-même au récit la dynamique que Pline lui-même ne lui offre plus.
Connexe aux faits et gestes de Poppée se dessine le conflit interne à la communauté juive entre orthodoxes et hérétiques (représentés par les thuriféraires du rabbin dissident Jésus) dont les auteurs semblent vouloir faire le fondement de la condamnation des chrétiens après le grand incendie de Rome encore à venir.

Beaux dessins, période intéressante, misère à venir, ça reste intéressant sans toutefois être captivant. A suivre.

Pline 4, La colère du Vésuve, Yamazaki, Miki

samedi 7 octobre 2017

The Lesser Dead - Buehlman - Lumpenvampirat


"The Lesser Dead" est un roman de vampire de Christopher 'Ceux de l'autre rive' Buehlman, et c'est un livre aussi bon qu'original.

New York 1978. La ville n'est pas à son meilleur. Sale, dangereuse, percluse d'inégalités, elle est en train de devenir cette ville où des homeless nombreux s'abritent pour (sur)vivre dans les souterrains de la ville, où les industries du porno et du sexe fleurissent, où déambuler dans Central Park la nuit est quasi suicidaire, où punk et disco coexistent entre Studio 54 et CBGB. Nightclubbing pour les uns, cardboard shelters pour les autres.

Dans ce New York-là, inconnus de tous, vivent des vampires, notamment le petit gang « familial » auquel appartient Joey. Joey a soixante ans et l'apparence du garçon de quatorze ans qu'il était lorsque Margaret, par vengeance, le changea en créature de la nuit. Depuis, du temps est passé, et Joey vit au sein de la petite « famille » de Margaret. On y trouve, arrivés d'ici ou de là, Old Boy, Billy, Luna, ou encore Cvetko, entre autres.

A contre-courant d'une tradition vampirique établie par le cinéma classique, les vampires de Buelhman ne sont pas des aristocrates élégants, en tout cas pas ceux de la « famille » de Joey. Cachés dans les stations abandonnées du métro new-yorkais, plus bas encore que les homeless, ils forment un lumpenprolétariat vampirique qui survit dans les marges, les franges, les interstices, y rampent, y grimpent, y crapahutent. Dirigés par Margaret, qui fait respecter à tous certaines règles de loyauté et de sécurité, ils vivent en parasites, charmant les humains pour satisfaire leurs besoins. Ils peuvent ainsi s'en nourrir sans les tuer (par discrétion), les voler pour se procurer de l'argent, obtenir des relations sexuelles, voire se créer de petites familles de substitution auprès desquelles ils aiment parfois passer un moment presque normal.
Dans la ville vivent aussi, ailleurs, des vampires plus anciens et plus fortunés, mais Margaret et son gang, tout en bas de l'échelle, n'ont que peu de contacts avec ces « nantis ». Eux sont plutôt, géographiquement autant que symboliquement, quelque part entre les rats et les poux.

"The Lesser Dead" est le journal à la première personne de Joey. Il s'y raconte, avec le ton casual de quelqu'un à qui sa vie ne déplaît pas et qui y trouve même bien des avantages. Joey n'est ni un vampire maléfique (il est, de fait, plutôt décent), ni un non-mort torturé à la Louis. Il est un vampire, depuis bientôt 45 ans, et comme quiconque il essaie de tirer le meilleur partie de ce qu'il est et de vivre une vie agréable. Entouré de sa petite « famille », très proche de l'Européen cultivé Cvetko qui voit en lui un fils putatif, le petit con gâté qu'il fut a cédé la place à un « adulte » correct, amical, compatissant, qui ne fait que vivre en conformité avec sa nature ; il a besoin de sang pour vivre et il le prend là où il se trouve. Au fil des pages, on découvre son histoire, ses petits secrets, ses rêves et ses espoirs, ainsi que ce qu'il sait de la biologie vampirique ou des règles de comportement qui s'imposent aux non-morts, qu'elles aient été édictées par Margaret ou qu'elles soient communes au sein des communautés vampiriques. On entre ainsi dans son intimité, celle d'un exclus objectif qui s'est trouvé un petit groupe cohésif qui compte pour lui et pour qui il compte.

Et voilà qu’apparaissent, dans ce petit monde organisé, quelques très jeunes enfants vampires qui vont bouleverser la donne. Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Qui les a changés - en dépit de toutes les règles réprimant la transformation d'enfants ? Quand cela s'est-il produit ? Et surtout, sachant que ces petits violent toutes les règles de sécurité de Margaret, que faire d'eux ? De là, tout va basculer dans l'horreur, d'abord et surtout pour les vampires eux-mêmes.

Avec "The Lesser Dead", Buehlman livre un ouvrage aussi innovant qu'agréable. Il montre des vampires au sort objectivement peu enviable qui se cachent comme des rats d'égout et vivent de ce qu'ils agrippent en cachette. Il en fait les victimes potentielles d'une adversité incontrôlable. Il les montre en dissimulation permanente, en recherche d'amour ou d'affection, en quête de sécurité. Celui qui nous introduit à eux, Joey, est un personnage attachant qui s'ouvre complètement au lecteur et lui exprime tant sa complexité que ses ambiguïtés. Son destin et son histoire ne laissent pas indifférent, son ton enjoint à se prendre d'amitié pour lui.

IMPORTANT : le roman se termine sur un twist bouleversant, ne rien lire dessus (en particulier pas le résumé de Wikipedia), on y perdrait beaucoup.

The Lesser Dead, Christopher Buelhman

vendredi 6 octobre 2017

Qui a peur de la mort ? Nnedi Okorafor - Onyesonwu revient


ActuSF ressort aujourd'hui "Qui a peur de la mort", le premier, et très bon, roman de Nnedi Okorafor.

Il avait été chroniqué sur le blog en VO, Nnedi Okorafor avait ensuite répondu à quelques questions sur elle et son oeuvre, puis elle était revenu dire un mot à l'occasion de la première édition française de son roman.

Le texte revient aujourd'hui, nantie d'une bien jolie couverture, alors qu'HBO et le seul et unique GRRM travaillent sur une adaptation en série dont on espère qu'elle sera à la hauteur du roman.

Qui a peur de la mort ? Nnedi Okorafor

jeudi 5 octobre 2017

Autorité - Jeff Vandermeer - Annihilation, la suite


Sortie aujourd'hui de "Autorité", tome 2 de la trilogie du Rempart Sud de Jeff Vandermeer. C'est la suite du brillant Annihilation, et c'est encore, dans une genre différent du précédent, un très bon livre qui était chroniqué là en VO.

Autorité, Jeff Vandermeer

dimanche 1 octobre 2017

Mes vrais enfants, de Jo Walton, Prix Planète-SF 2017


Oyez ! Oyez ! Bonnes gens.

Mes vrais enfants, de Jo Walton,

est le lauréat 2017 du Prix Planète-SF des Blogueurs.


Il a surpassé, lors de la délibération du jury, les trois autres excellents shortlistés :
 Infinités, de Vandana singh
Luna, de Ian McDonald
Planetfall, de Emma Newman

Félicitations à Jo pour cette double uchronie bouleversante. Félicitations aussi à Florence Dolisi pour sa traduction. Félicitations enfin à Denoël Lunes d'Encre pour son soutien ancien à Jo Walton.