Daredevil Redemption - Hine - Gaydos

Redemption, Alabama. Un enfant du coin est retrouvé tué et mutilé. Après une enquête expéditive le shérif et ses hommes mettent la main sur trois suspects qui font des coupables idéals. Deux garçons et une fille du coin, se disant satanistes tous les trois. Dans le contexte explosif de la mort d’un enfant dans une petite communauté l’affaire est pliée, c’est la chaise électrique qui attend les trois jeunes en dépit de leurs protestations d’innocence. Cette affaire désespérée, pourtant, c’est le brillant Matt Murdoch, plus connu sous le nom de Daredevil, qui la prend en charge en défense de l’accusé principal, sur l’insistance d’une mère sure de l’innocence de son fils. En terrain hostile, l’avocat new-yorkais mettra toute son énergie à disculper son client et à découvrir le vrai coupable. Car, dans une ville où le fanatisme religieux règne et où de sombres secrets obscurcissent la vue, seul l'aveugle qu'il est peut espérer y voir clair. Daredevil Redemption est un one-shot réé

Le boucher de Chicago - Robert Bloch - Anecdotique


1893, Chicago s’est parée de blanc pour son Exposition Universelle. A l’occasion du 400ème anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb dans le Nouveau Monde, les USA exhibent leur modernité et mettent en scène ce qui deviendra l’American Exceptionalism. S'offrent aux millions de visiteurs pavillons et allées où trouver science, architecture, religions, armement, électricité, mais aussi des attractions plus triviales telles que la danse des voiles de Little Egypt, le tout dans une architecture néoclassique blanche et monumentale.

1893 est aussi l’année où le « docteur » H.H. Holmes inaugura son « château », un bâtiment trompe l’œil dans lequel, non content de pratiquer la médecine et la pharmacie – le tout sans titre – il louait aussi des chambres meublées aux touristes venus visiter l’Exposition – des femmes principalement. Il y tortura, y tua, et y démembra entre 27 personnes (avouées) et 200 personnes (vraisemblables), ce qui fait de lui le premier tueur en série américain avéré.
Finalement arrêté, il vendit sa confession au magnat de la presse Randolph Hearst avant d’être pendu en 1896.

"Le boucher de Chicago" est un thriller de Robert ‘Psychose’ Bloch inspiré de l’histoire vraie de Holmes. On y voit un escroc de haut vol, assassin et illusionniste, magnétique et séduisant, qui promet le mariage à des femmes avant de les occire pour s’approprier leur assurance-vie ou leurs économies. On le voit aussi tuer ses associés ou complices. On le voit maitriser comme personne faux-semblants, trompe l’œil, illusions, portes et passages dissimulés. Le tout dans le labyrinthique château qu’il s’est fait construire en usant de techniques d’escroquerie qui s’apparentent à un système de Ponzi dont il serait le seul bénéficiaire et qui perdurerait grâce à l’élimination physique des « clients ».

On y voit l’Exposition, avec sa technologie, son clinquant, son parfum de scandale, cette schizophrénie américaine naissante parfaitement décrite par Xavier Mauméjean dans La société des faux visages (qui m’a donné envie de lire sur Holmes).

On y suit les aventures « policières » de Crystal, une jeune et intrépide journaliste tentant à grand peine de se faire une place dans un monde d’hommes, et de Jim, son fiancé – qui ne le restera pas, Crystal préférant une liberté conquise de haute lutte au rôle que la société de l’époque réservait aux femmes.

Après une entrée en matière inquiétante où Gregg (le Holmes de Bloch) tient autant de Barbe Bleue que de Landru, arrivent les enquêteurs amateurs Crystal et Jim qui tournent sans relâche autour de Gregg afin de prouver ce qu’ils subodorent voire de le pousser à la faute. Mais rien ne marche. Gregg est trop rusé, et il faudra le courage de Crystal, qui s’infiltre dans l’entourage du tueur au risque de sa vie, pour enfin mettre un terme à la chevauchée meurtrière de Gregg/Holmes.

Fin romancée, événements imaginés, Bloch brode autour de l’histoire vraie. Qu’importe, peu connaissent l’histoire vraie. Et le roman n’est pas inintéressant. Le fonds est historique, l’Exposition est finement décrite, l’ambigüité américaine aussi. Enfin, le personnage de Crystal, en forte tête intrépide et intelligente, est d'un commerce agréable.

Reste que la mise en récit est un peu trop succincte à mon goût. Il faudrait plus de pages pour développer mieux les sentiments des uns et des autres, faire monter plus efficacement suspense et tension, ajouter un peu de complications à une affaire qui semble parfois très mécanique. Quand au style, il est quelconque, simplement utilitaire.
Le roman est court (environ 200 pages petit format), il se lit donc vite et sans déplaisir, mais frustre un peu tant par sa brièveté que par son absence de lustre.

Le boucher de Chicago, Robert Bloch

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