Painstaking - Rich Larson

Nous parlions ce matin de guerrier immortel, de facteur de régénération, de combats surhumains, dans une ambiance mythologique. On peut lire en VO un texte bien plus court de Rich Larson. Il s'intitule Painstaking et est lisible là . Autre salle, autre ambiance, autre origine du pouvoir, mais même genre de personnage. Un homme, modifié pour se régénérer sans limite, doit fuir ceux qui veulent sa mort dans une Namibie du futur. Il parcourt pour ce faire une ville que Larson décrit avec force détails, comme il le fait toujours, construisant un monde dont on sent la cohérence même si on n'en voit qu'une infime partie. Il donne aussi l'occasion, chemin faisant, de s'interroger sur l'identité potentielle d'un double bourgeonné. Qu'est donc le double pour moi ? Un jumeau ? Un frère ? Un fils ? Un clone ? Une copie carbone ou un individu doté dès son apparition d'une personnalité et d'un agenda propres ? Même si le texte laisse un peu sur sa faim, Lar...

Bien-aimé - Ian MacLeod in Bifrost 110


Dans Bifrost 110, on trouve toutes les rubriques habituelles et un très complet dossier consacré à Alastair 'Inhibiteurs' Reynolds.

On y trouve aussi une bonne nouvelle de Ian MacLeod intitulée Bien-aimé, déjà parue en français dans l'anthologie Century XXI (sous un titre différent).


Dans ce court texte qui se passe ici et dans pas trop longtemps, MacLeod dresse à la deuxième personne du singulier le portrait de la nuit banale d'une travailleuse du sexe dans un monde où l'échange temporaire de conscience est possible entre client et prostituée. Mon esprit dans ton corps et le tien dans le mien au moment de faire la bête à deux dos, c'est faire une expérience sexuelle inhabituelle, c'est aussi pouvoir assouvir des fantasmes masochistes sans endommager son propre corps et certainement avec la satisfaction secrète de meurtrir celui d'un autre payé pour l'accepter.

Dur sans être larmoyant, délicat comme toujours chez MacLeod, Bien-aimé fait du lecteur le voyeur gêné de la rencontre, dans une forme de banalité du Mal ordinaire, entre deux mondes dont l'un n'est fait que pour être abusé par l'autre. Ce texte est de ces nouvelles qui, en peu de mots, touchent et interrogent. Rappellent aussi qu'en lisant MacLeod on pense toujours un peu à Paul Schrader.

Sur MacLeod on peut lire aussi.

Commentaires

Unknown a dit…
Il aurait fallu rappeler que la nouvelle est déjà parue en français dans l'anthologie Century XXI (sous un titre différent).
J'ai eu la mauvaise surprise de découvrir ça en lisant le Bifrost 110. Donc attention à ceux qui ont déjà l'anthologie dans leur collection, c'est un élément à prendre en compte.