La Justice des rois - Richard Swan

L’Empire Sovan. Dirigé par l’empereur Kzosic IV. Constitué à partir du royaume de Sova par une succession de conquêtes militaires. Faiblement menacé dans ses marches par des contrées non encore conquises, et en interne par de sporadiques rébellions. Un genre d’Empire romain, à fortiori quand on sait que l’Empereur est affublé d’un Sénat où siègent essentiellement des patriciens, et surtout que, consolidation politique accomplie, la common law (qui est celle de l’Empire) s’applique partout et à tous. Deux différences importantes : l’existence d’un clergé puissant et à visée hégémonique (là où Rome tolérait les « religions invitées ») et l’existence d’un ordre de magistrats itinérants (Imperial Magistratum, proche de la pratique anglaise médiavale ) aux pouvoirs presque illimités chargés de faire respecter la loi commune, y compris en usant de pouvoirs magiques circonscrits mais impressionnants. Sir Konrad Vonvalt est l’un des juges de cet Ordre. Quand le roman commence il es...

Bien-aimé - Ian MacLeod in Bifrost 110


Dans Bifrost 110, on trouve toutes les rubriques habituelles et un très complet dossier consacré à Alastair 'Inhibiteurs' Reynolds.

On y trouve aussi une bonne nouvelle de Ian MacLeod intitulée Bien-aimé, déjà parue en français dans l'anthologie Century XXI (sous un titre différent).


Dans ce court texte qui se passe ici et dans pas trop longtemps, MacLeod dresse à la deuxième personne du singulier le portrait de la nuit banale d'une travailleuse du sexe dans un monde où l'échange temporaire de conscience est possible entre client et prostituée. Mon esprit dans ton corps et le tien dans le mien au moment de faire la bête à deux dos, c'est faire une expérience sexuelle inhabituelle, c'est aussi pouvoir assouvir des fantasmes masochistes sans endommager son propre corps et certainement avec la satisfaction secrète de meurtrir celui d'un autre payé pour l'accepter.

Dur sans être larmoyant, délicat comme toujours chez MacLeod, Bien-aimé fait du lecteur le voyeur gêné de la rencontre, dans une forme de banalité du Mal ordinaire, entre deux mondes dont l'un n'est fait que pour être abusé par l'autre. Ce texte est de ces nouvelles qui, en peu de mots, touchent et interrogent. Rappellent aussi qu'en lisant MacLeod on pense toujours un peu à Paul Schrader.

Sur MacLeod on peut lire aussi.

Commentaires

Unknown a dit…
Il aurait fallu rappeler que la nouvelle est déjà parue en français dans l'anthologie Century XXI (sous un titre différent).
J'ai eu la mauvaise surprise de découvrir ça en lisant le Bifrost 110. Donc attention à ceux qui ont déjà l'anthologie dans leur collection, c'est un élément à prendre en compte.