Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Et la Machine s’arrêta - E.M. Forster


E. M. Forster est un écrivain anglais du début du XXe siècle. Il a écrit deux romans mémorables : Maurice et Howard’s End. Ici, lecteur, il livre une nouvelle dystopique, écrite en 1909, intitulée "Et la Machine s’arrêta".

Deux mots.
L’humanité vit comme recroquevillée dans d’immenses topos souterrains. Chacun reste dans une cellule hexagonale aveugle d’où il ne sort que rarement. Tout lui est amené, nul besoin de sortir. Et pour ce qui est du contact humain un réseau de communication l’assure, avec contact visiophonique lorsqu’il s’agit de relation un à un, et concerts ou conférences fibrodiffusés lorsqu’il s’agit d’activités communes et publiques.
Trouver de nouvelles idées, voici ce qui rythme la vie des humains du temps de la Machine, car pour ce qui est du travail ou de la simple activité physique c’est la Machine (en génie tutélaire) qui pourvoit, au point que l’espèce humaine s’est atrophiée et aurait le plus grand mal à vivre à l’air libre. Hélas, même de nouvelles idées il y a pénurie. Comment progresser quand ni adversité ni sensation ne se manifestent jamais ?

Voici qu’un fils appelle sa mère à le rejoindre « chez lui », que celle-ci le fait à reculons tant il y a longtemps qu’elle n’a pas quitté sa cellule où tout ce dont elle a besoin lui est apporté par l’omnipotente et bienveillante Machine, qu’elle apprend que son rejeton - élevé comme tous les autres par la Machine - ne rêve que de sortie, que de fuite hors des souterrains, hors du système donc, et hors de ce qu’est devenue la civilisation humaine. Hérésie. Folie. Absurdité pour laquelle il risque de payer cher.

Dans cette nouvelle, Forster exprime une vive inquiétude face à une technologie dont il craint qu’elle cesse d’être un outil au service de l’humanité et que, faisant système idéologique, elle devienne, comme chez Burroughs, une fin en soi, un mécanisme auto reproducteur qui n’a plus pour finalité que sa propre perpétuation. Que la béquille devienne prothèse et la prothèse corset, voilà le risque que pointe Forster alors qu’il écrit à une époque où le mythe du Progrès est encore vivace. Admirable clairvoyance. « L'homme est la mesure de toutes choses » affirme ce fils qui tente de reprendre le contrôle de son corps d’abord, de sa vie ensuite. Mais, passé le point de non-retour, est-il possible de revenir en arrière ?

Sache, lecteur de Jean Baret, que le monde de la Machine ressemble beaucoup à celui de X23T800813E616 dans Vie™. Sache encore qu’il est aussi périlleux de vouloir le quitter que dans Mort™.

Et la Machine s’arrêta, E. M. Forster
La nouvelle est ressortie en 2020. Elle est aussi lisible en ligne.

Commentaires

Anonyme a dit…
Salut,
D'où provient l'image en tête de la notule ?
Bien à toi, merci.
Gromovar a dit…
Du site vers lequel pointe le lien inséré dans la chronique.