Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

Les damnés de la mer


Deepwater Prison est le nouvelle série du duo Bec et Raffaele qui avait déjà signé l’impressionnant Prométhée, mais aussi les Sarah, Under, et Pandemonium.

Futur proche, les prisonniers les plus dangereux sont enfermés sans espoir de conditionnelle dans une prison sous-marine qui est une sorte de bagne totalitaire. L’explosion d’une plateforme pétrolière offshore, qui coule tout près de la prison, provoque une gigantesque marée noire et risque de mettre à jour les bien peu ragoutants secrets de la multinationale qui l’exploitait (on pense à la catastrophe de DeepWater Horizon, l’assonance n’est sûrement pas fortuite). Face au désastre, ploutocrates et hauts fonctionnaires luttent à fleurets (pas si) mouchetés pour mettre la main sur les bases de données de la plateforme et déterminer les responsabilités dans la catastrophe écologique. Leur confrontation a pour cadre la prison sous-marine un lieu où, en dépit d’une sécurité extrême, une tentative d’évasion est fomentée ; alors qu’à l’extérieur, dans la fosse abyssale, d’énormes et agressives créatures rodent.

Ce premier tome, intitulé "Constellation" du nom de la plateforme coulée, donne à espérer une histoire sous tension, stressante à souhait. Le stress est véritable, engendré par la progression des deux intrigues, extérieure et intérieure. C’est dans ce genre de récit que Bec excelle, prouesse d’autant plus méritoire qu’il y parvient en dépit d’un médium à qui manquent mouvement et sons, si utiles pour la montée en pression au cinéma.

Les dessins de Raffaele, de bonne facture, commencent à être connus. Ils sont souvent photoréalistes et régulièrement « larges », comme en cinémascope, soutenant donc parfaitement une histoire résolument « extime » dans laquelle alternent moments rapides, cut, ou plans de coupe, et phases plus calmes durant lesquelles les enjeux sont dits par les dialogues. On ne l'écrira jamais assez, l’œuvre de Bec, c'est du cinéma immobile.

Au final, un album qui, comme souvent chez Bec, démontre une grande capacité à faire monter le taux d’adrénaline, et à la faire étonnamment vite. D’aucuns diront que son style est trop récurrent ; je préfère penser qu’on ne reproche pas à un bon artisan de faire régulièrement ce qu’il sait bien faire pour le plaisir de ceux qui apprécient son travail. Espérons que la suite sera à la hauteur de cette entrée en matière.

Deepwater Prison t1, Constellation, Bec, Raffaele

Commentaires

Efelle a dit…
Pourquoi pas ? Il me semble avoir lu un truc de lui déjà. Sanctuaire ?
Gromovar a dit…
Yep. Et Sanctuaire est sous l'eau aussi.
Escrocgriffe a dit…
Moi qui ait adoré le film « Abyss », je pense cette oeuvre me plairait !
Gromovar a dit…
Alors, profite.