Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

Stérile darwinisme


Le Bélial est l'un des premiers éditeurs a avoir ajouté une offre numérique à petit prix à son offre papier. C'est, me semble-t-il, un bon principe.
"Genese 2.0" est le premier roman que publie l'éditeur exclusivement en numérique. Mon Kindle l'a dévoré...et recraché. J'espère avoir plus de chance avec mon prochain choix.
Un groupe d'astronautes s'écrase sur une planète perdue au fin fond de l'Univers. Echoués pour toujours, ils seront attaqués, deviendront fous et mourront en masse, jusqu'à la Révélation. A priori, pourquoi pas ? Je peux même dire que ce court roman n'est pas déplaisant à lire, et qu'il est plutôt bien écrit (je crois d'ailleurs que c'était le but principal de l'objet).
Mais il souffre pour moi de deux défauts graves. D'une part, il échoue à créer la moindre empathie avec les personnages du fait d'une écriture trop désincarnée et lointaine. D'autre part, il pue la pédanterie. Sorte de mélange contre-nature entre le roman et la poésie contemporaine (dont il reprend les tics de mise en page censés être signifiants), il alterne de belles descriptions, un langage parlé, et quelques néologismes largement dispensables ; produit transgenre autant fantasy que soft-SF, il semble avoir été créé essentiellement pour servir d'écrin à quelques conclusions définitives sur le Darwin de L'Origine des espèces et le Schopenhauer du Monde comme volonté et comme représentation. L'auteur prouve au monde qu'il est cultivé et plutôt bon styliste, mais ça ne suffit pas imho à faire un roman, même court.
Genese 2.0, Loin des étoiles, Pierre Gruaz

L'avis du Traqueur Stellaire

Commentaires

Guillmot a dit…
Je suis en train de le lire, et pas trop emballé non plus pour le moment !
Gromovar a dit…
Les grands esprits... :-)
Unknown a dit…
je l'ai toujours dit : les darwinistes sont des nazis prétentieux !
Gromovar a dit…
Tu viens de gagner un point Godwin. Félicitations :)
Guillaume44 a dit…
Faudrait demander à mon commentateur préféré ce qu'en pense "Monsieur le Dieu".
Gromovar a dit…
Sans aucun doute ;-)
Guillaume44 a dit…
Tiens je m'y suis remis à cet e-book. Mais c'est plutôt de l'écologie que de l'évolution, sorte de combat pour une niche écologique suite à l'arrivée d'une espèce invasive, l'homme. Enfin bref même conclusion que toi au final, donc chercher quelle discipline exacte l'a inspiré restera stérile.
Gromovar a dit…
Il y a quand même un peu de struggle for life avec la sélection du seul qui résiste aux illusions. Mais, d'accord avec toi, inutile d'épiloguer.
Guillaume44 a dit…
Certes. Un peu le seul argument qui me vient en tête ! Ma chronique paraîtra lundi sur mon blog, t'ai mis en lien. J'ai vachement orienté écologie d'espèces invasives pour te complémenter.
Guillmot a dit…
Merci pour le lien :)