Mickey7 - Edward Ashton - Retour de Bifrost 119

Mickey7 est le roman SF de Edward Ashton qui a inspiré le film Mickey17 de Bong Joon-ho. Il raconte l'histoire de Mickey Barnes et de ses clones successifs lors d'une mission de colonisation sans retour de la planète Niflheim. Clones successifs car Mickey Barnes est un Consommable, volontaire pour effectuer les missions suicides exigées par les imprévus de la colonisation. Un drôle de job certes, mais un job rendu possible par la certitude qu'après sa(ses) mort(s) presque certaine(s) il sera reconstitué, souvenirs intacts ou presque, à partir du stock de protéines de la colonie ; et s'il a demandé ce misérable emploi c'est qu'il doit fuir d’urgence son monde d'origine à cause d'une énorme dette impayée. Outre le caractère douloureux et un peu dégradant de la fonction, Mickey a de nombreux autres problèmes : d'abord la planète Niflheim se révèle bien moins hospitalière que prévu, ensuite la mission comprend un pourcentage non négligeable de « natali...

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Une guerre nucléaire a ravagé le monde. Elle a duré 37 jours puis a cessé, faute de munitions et de combattants. A cause des retombées radioactives, tout est mort dans l'hémisphère nord. Les particules empoisonnées arriveront dans 9 mois en Australie, portées par les vents. Dans cette dernière terre habitée, il n'y a plus qu'à attendre une mort inéluctable.
Pitch intéressant pour ce roman, très connu des anglo-saxons, publié pendant la guerre froide. La réalisation est misérable.
D'abord, nous respectons les règles parce que nous sommes des gens décents. Situations ridicules où certains veulent payer des factures quelques jours avant la fin, où le protocole militaire est respecté jusqu'au bout (par exemple on coule un sous-marin nucléaire pour ne pas le laisser sans surveillance avec du matériel classifié à l'intérieur), où on fait une réunion pour décider d'avancer l'ouverture de la pêche, etc.
Ensuite nous sommes dans le déni total. Nous faisons du fourrage pour l'an prochain, nous nous lançons dans des aménagements paysagers au long cours, nous apprenons la sténo dactylo (c'était sûrement ça le plus drôle, évidemment ça concerne une femme), nous achetons des cadeaux pour rapporter à ceux que nous retrouverons quand nous rentrerons dans l'hémisphère nord, etc.
Enfin, c'est dramatiquement petit bourgeois. Pas de sexe entre les deux héros amoureux du livre (il est toujours marié à sa femme morte aux USA), on fait des parties durant lesquelles on danse sans se coucher trop tard, on convainc la direction de son club de sortir des caves les bouteilles de vieux sherry qui seront perdus sinon, etc.
Ce désastreux roman a été adapté au cinéma avec Grégory Peck et Ava Gardner, et je peux sans problème imaginer les longs plans fixes, les yeux mouillés, et les violons.
On the beach, Nevil Shute

Commentaires

Efelle a dit…
T'aurais mieux fait de lire Quinzinzinzili de Régis Messac.
C'est français, certes, mais Nébal approved aussi.

http://efelle.canalblog.com/archives/2008/04/19/8881239.html
Gromovar a dit…
A l'occasion peut-être.
El Jc a dit…
Tu aurais du le garder pour le 1er avril celui là.