Le Dernier fils des dieux - Jean Baret

De Jean Baret on avait lu l'impressionnante trilogie Trademark et le surprenant Monde de Julia (avec Ugo Bellagamba) . Il était difficile de faire mieux ; ce n'est hélas pas le cas avec ce court roman un peu décevant dans sa forme. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 123, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : À l’aube de l’effondrement des sociétés humaines mondialisées, un journaliste reçoit un étrange carnet, journal intime d’un jeune homme, héritier d’une fortune sans commune mesure et retenu contre son gré par un colosse silencieux dans une prison de béton. Au fil des pages, il découvre la vie de débauche et l’arrogance de cette frange de la population qui agit comme les nouveaux dieux ; quelques-uns organisent par ennui, au sein d’un mystérieux club, des actions absurdes provoquant des désordres interna...

The Apologists - Tade Thompson


The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025 (c’est mérité, ça mérite même mieux imho). Elle est lisible là.


Londres. Maintenant ? Bientôt ?

Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir.


Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié.

Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable.

Comme dans Les Meurtres de Molly Southbourne, premier brillant texte de Thomson, comme – pour changer d’auteur – dans l’Amatka de Tidbeck, le lecteur est plongé dans un monde subtilement différent qu’il tente de comprendre alors même que les personnages qui l’habitent tentent d’y faire avancer leurs propres agendas.

Monde et histoire se mêlent vers une résolution conjointe qui met le lecteur et l’enquêtrice face à des mystères liés. C’est étonnant. C’est bien fait. C’est gratifiant à la fin – même si l'infodump final aurait pu être un peu plus filé et moins directement explicite. Et surtout, c’est étrangement émouvant quand tout est dit et accompli.

Sache, lecteur, qu'elle sortira en UHL au Bélial très vite si tout va bien (genre, pas de guerre nucléaire).


The Apologists, Tade Thompson

Commentaires

Alec Eiffel a dit…
J’adore le style d’écriture, le côté « rentre dedans » du 1er chapitre est egalement assez surprenant. Pour l’ambiance on est carrément dans Dark City. Et oui effectivement la conclusion aurait gagner à rester plus mystérieuse.
Gromovar a dit…
Un très bon texte en effet.
Jean-Daniel Brèque a dit…
"La conclusion aurait gagné à rester plus mystérieuse": il reste des questions sans réponse, ou plutôt que le lecteur doit élucider. Exemple: pourquoi Eve croque-t-elle des araignées? et pourquoi a-t-elle cessé de le faire à la fin?
(Précision: c'est moi qui traduis cette novella pour UHL.)
Gromovar a dit…
Je donne ma langue au chat ;)