Alex Landragin : l'homme des passages

Alex Landragin vient de recevoir le Prix Planète-SF 2026 à l'unanimité du jury pour son roman fantastique Le Livre des passages . Il a gentiment accepté de répondre à quelques questions pour ce blog et le site du Prix. •  Un écrivain né en France, vivant en Australie, d’origine arménienne, et maîtrisant aussi bien l’anglais que le français : voilà qui n’est pas banal. Qui êtes-vous, monsieur Landragin ? L’histoire de ma famille est passionnante, mais trop longue pour être racontée ici. Je suis né en France, à Épernay, fils d’un vigneron issu d’une longue lignée de vignerons. Du côté de ma mère, d’origine arménienne, l’histoire est jalonnée de fuites successives face à divers cataclysmes, menant finalement en France via la Turquie et l’Union soviétique. C’est donc un héritage complexe. Nous avons fini par nous installer en Australie. Plus tard, ma famille a migré vers un autre pays, mais je suis resté seul en Australie ; si, au début, ce fut à contrecœur, aujourd’hui, je ne voudrai...

Fragiles oui, superfétatoires aussi


Sur la couverture du recueil "Des choses fragiles" de Neil Gaiman il est écrit "Nouvelles et merveilles". J'imagine qu'on fait ici référence au "Démons et merveilles" de Lovecraft. Mais si le maitre de Providence nous offrait des démons et des merveilles, le recueil "Des choses fragiles" contient certes des nouvelles, mais en revanche peu de merveilles.
Neil Gaiman a rassemblé entre deux couvertures un peu tout ce qu'il a écrit : des nouvelles déjà publiées ou non, des poèmes, des textes écrits pour des sites web ou des pochettes de disque, etc... Quel est l'intérêt de cette collection ? Je le trouve plutôt faible. L'ouvrage contient un certain nombre de bonnes nouvelles, dont je vais parler dessous, et beaucoup de pièces totalement inutiles. Artisan d'un fantastique merveilleux à la Méliès, Gaiman produit beaucoup de textes dont la narration est faible, existant seulement pour justifier l'existence d'un contexte. Ce n'est que lorsqu'il s'inspire, volontairement ou non de Lovecraft, que j'ai pris plaisir à le lire.
Que gardé-je ?

Une étude en vert, amusant mélange de Sherlock Holmès et de Grands Anciens, superflu mais plaisant

Les épouses interdites des esclaves sans visage dans le manoir secret de la nuit du désir redoutable, peut-être la meilleure, rappelant le "Je suis d'ailleurs" de Lovecraft, réflexion ironique sur le banal et le fantastique, écrite dans le style des premiers gothiques

Les autres, sartrienne ?

Souvenirs et trésors, une plaisante nouvelle entre Jack Burton et Fu-manchu

Nourrir et manger, j'ai beau faire c'est encore une nouvelle lovecraftienne qui retient mon attention, une forme originale de "Maison de la sorcière"

Goliath, une autre réussite pour ce texte situé dans le monde de Matrix

L'oiseau-soleil, un petit air de Mille et une nuits pour ce texte sans grande conséquence

Le monarque de la vallée, adaptation moderne, et bien trop longue, de la légende de Béowulf et Grendel

Le reste vous fera perdre votre temps.

Des choses fragiles, Neil Gaiman

Commentaires

La liseuse a dit…
J'ai été aussi un brin déçue par le manque de cohésion des nouvelles. Un peu brouillon dans l'ensemble. Je rajouterai à ta liste de bonnes nouvelles "La présidence d’octobre" et "La vérité sur le cas du départ de Mlle Finch" que j'avais déjà lu dans l'antho de Léa Silhol "Traverses".
Gromovar a dit…
D'accord pour Finch, moins pour Octobre.
arutha a dit…
J'avoue être peu surpris de ta chronique. Il faut dire que je n'ai pas (encore ?) cédé à la Gaiman-mania. Si j'ai beaucoup aimé Neverwhere le reste de mes lectures de l'ami Neil ne m'a jamais tout à fait convaincu. De là à penser que l'engouement général est un peu exagéré et que les éditeurs font les fonds de tiroirs pour sortir tout ce qu'a pu pondre le monsieur, il n'y a qu'un pas. Et je le franchis sans vergogne.
Gromovar a dit…
Franchis, franchis. Tu as raison.
El Jc a dit…
Ca c'est fait !
Pour ma part je garde un excellent souvenir de Neverwhere et d'American
Gods
Gromovar a dit…
Dans la dernière nouvelle il y a Ombre...
Nolt a dit…
Ah tiens, un recueil de Gaiman. J'y jetterai un oeil même si, d'après ce que tu en dis, il ne faut pas s'attendre à quelque chose d'exceptionnel.

Je suis assez partagé en ce qui concerne cet auteur. J'ai toujours eu du mal à accrocher vraiment à son Sandman et j'ai surtout lu, à part ça, des adaptations de ses oeuvres en comics plus que réellement ses propres écrits.

Reste "1602", "Les Eternels" ou le peu connu "Les Mystères du Meurtre", qui sont ce que je considère comme ses meilleures réussites scénaristiques.

Tout à fait d'accord sinon sur l'effet de mode évoqué plus haut.
Gromovar a dit…
C'est vrai que j'aime plus ses scénarios de comics que ses romans. Au final quand même, comme dirait notre bon ancien président, beaucoup du buzz autour de Gaiman fait pschitt !
Efelle a dit…
Tu confirmes ce que j'avais entendu lors de sa sortie en VO...

Ca me fait penser que vu le nombre de déceptions évitées, il faudrait peut être que je m'intéresse enfin aux achats compulsifs que tu as provoqué chez moi... ;)