Nowhere Burning - Catriona Ward

Aujourd’hui, dans le Colorado. Riley et Oliver sont frères et sœurs. Orphelins de parents, ils vivent sous la garde de Cousin, qui, sous prétexte de fanatisme religieux, les martyrise. De punition en privation finit par arriver un jour où la situation n’est plus tenable – d’autant qu’une mystérieuse visiteuse nocturne nommée Dawn propose à Riley, l’aînée, une voie de sortie possible. Frère et sœur vont fuir vers Nowhere, une propriété abandonnée, isolée dans les montagnes, dans laquelle, croit-on, vivent libres des enfants en fuite. Mais Nowhere a aussi mauvaise réputation. Un incendie, des meurtres, le ranch a un passé sombre. Voilà pourquoi Marc et Kimble, deux documentaristes, sont en train de travailler dessus. D’autant que, semble-t-il, des enlèvements ont lieu, qui seraient commis par les résidents de ce lieu si éloigné qu’il a fini par se retrouver noyé dans une brume d’inconnaissance. Et puis il y a Adam, un menuisier, futur père, qui fuit son couple en difficulté dans un chant...

Once Was Willem - MR Carey


1100 et quelques (je cite), peu après la mort d'Henry Ier, Cosham, Angleterre, non loin de Londres.

Willem Turling est un garçon de douze ans qui vit avec ses parents Jon et Margaret, des fermiers modestes dans village modeste.


Un jour Willem meurt, de « fièvres », comme c'était si courant à l'époque. Et ses parents qui n'avaient que lui sont anéantis. Prêts à tout pour soulager une douleur qui ne reflue pas, ils cherchent l'aide d'un sorcier, Cain Caradoc ; celui-ci leur propose de ressusciter Willem en échange d'un partie de son âme. Après quelques réticences, marché est conclu. Mais Cain fait un sale boulot et le garçon qui revient est Willem tout en étant autre (on parle ici d'âme) et surtout, ranimé à partir d'un corps largement décomposé, il est monstrueux. « Celui qui fut Willem » ne pourra rester en sécurité dans la famille ou le village, il vivra donc loin des hommes, dans les bois et collines des environs de Cosham.


Deux mots sur Cosham maintenant. Le village est situé sur le fief du baron Robert Carne. Nanti d'un prêtre qui n'a guère la foi mais tente de faire le bien tel qu'il le comprend, Cosham vit sans grand trouble, au début du roman, le meurtre de son baron lors d'un assaut audacieux mené sur le donjon de celui-ci par une bande de malandrins conduits par l'audacieux Maglan Horvath. Changement à la tête, le corps reste le même, les obligations féodales aussi. La vie ne change pas à Cosham.

Mais à l'occasion de ces événements les villageois firent preuve de grande infamie, attirant sur eux – dit Willem – la « malédiction de Cosham ». Voire !

Assaut passé, baron éliminé, pouvoir établi, Marglath s'installe dans le donjon et commence à y prendre ses aises. Alors qu'il prend goût à sa nouvelle vie, l'homme est rejoint par un Cain Caradoc en recherche d'établissement. Le sorcier devient l'âme damnée d'Horvath, avant d'en devenir l'ennemi intérieur, la vipère dans le sein, qui s'en prendra au village jusqu'à provoquer une réaction de survie de celui-ci.


Once Was Willem est un roman fantastique médiéval d'une lecture très agréable.

Raconté essentiellement à la première personne par « celui qui fut Willem », le roman est un texte d'action, plein de batailles, de morts, de sang, d'atrocités. Il est noir comme peut l'être ce qu'on s’imagine d'un Moyen-Age magique, pas celui d'un conte rose mais celui des frères Grimm.


Chassé du monde des hommes, Willem, son narrateur, a rejoint une « société » de bannis qui, comme lui, sont des créatures magiques non humaines (je vous laisse les découvrir).

C'est là, dans la nature et près de ses semblables, que Willem a fait société, loin de celle des hommes.

C'est là qu'il a rencontré des êtres courageux et assez généreux pour choisir d'aider des villageois qui les craignent quand Cain Caradoc s'attaquera à leurs enfants – jusqu'à ressembler aux Sept Mercenaires ou aux Sept Samouraïs défendant au péril de leur vie un petit village dont ils ne sont pas.

C'est là qu'il a rencontré des êtres courageux et assez généreux pour prendre d'assaut la place-forte du seigneur, un motley crew en recherche de sorcier comme dans Le magicien d'Oz ou Zardoz (same ol' shit).

C'est là qu'il a rencontré un chemin qui le conduira jusqu'aux enfers et au-delà pour sauver non seulement Cosham mais aussi, peut-être, toute la Création (on rappellera que MR Carey, l'auteur de Once Was Willem, est aussi celui de l'excellente série de comics Lucifer).


Ceci, Willem et ses alliés le feront pour protéger plus faibles qu'eux et empêcher une grande iniquité. Et attention, ils ne le feront pas en raison de l'innocence ou de la supériorité morale des villageois. Les habitants de Cosham sont lâches, peureux, veules. Ils sont capables de trafiquer avec le démon, de trahir la parole donnée, de martyriser une innocente. Ils sont guidés par la superstition, l'ignorance, la bêtise, la bigoterie qu'on peut trouver dans l'humain en général et dans ces lieux reculés en particulier. Pour autant, Willem et ses alliés les aideront sans arrière-pensée, juste parce qu'ils le peuvent et que donc, d'une certaine façon, c'est leur devoir (Cf. Starship Troopers).


Once Was Willem est un roman très vif. Il offre un personnage principal développé et attachant entouré de seconds rôles qui ne le sont pas moins, un méchant impitoyable à la hauteur de ce qu'on attend d'un tel salopard, des victimes à n'en plus finir mourant de diverses manières graphiques, un plan diabolique qui met en péril l'humanité, et même un semblant de cosmogonie. Pas mal !

Once Was Willem est écrit dans une langue qui se veut archaïque, avec quantité de tournures anciennes et un lexique qui ne l'est pas moins. Ce sonne amusant et ça met immédiatement dans l'ambiance.

Once Was Willem est un roman hautement recommandable, car il aussi optimiste qu'il est noir et qu'il parvient à présenter sans mièvrerie la bonté et le sacrifice. Pas mal du tout, mais venant de MR Carey ça n'étonnera guère.


Once Was Willem, MR Carey

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