De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122, il y a aussi  une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso. « La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille » . C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre , de John Scalzi, que s'ouvre  De boue et de bois , un texte de 24 pages d'une richesse insigne. Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen » . Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!! Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ? Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle. On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évol...

L'Abomination de Dunwich 3 - Tanabe d'après Lovecraft


A la fin du tome 2 de l'adaptation de L'Abomination de Dunwich par Gou Tanabe, comprenant qu'il y aurait un tome 3, je trouvai qu'il tirait un peu à la ligne et, qu'honnêtement, trois tomes pour mettre en images la forte nouvelle de Lovecraft était un peu excessif.
Quand le vin est tiré il faut le boire : j'ai quand même acheté et lu ce troisième et dernier tome qui vient de sortir. Et là, je mange mon chapeau, car il fallait bien trois tomes pour décrire autant, montrer autant, exprimer aussi fort l'admiration que Tanabe éprouve pour le texte de Lovecraft. Bravo donc.

Il fallait bien ces pages pour montrer la traque au frère jumeau de Wilbur Whateley et pour offrir au lecteur moult scènes grandioses :
  • l'arrivée en voiture du docteur Armitage et de ses acolytes en vue de Sentinel Hill sous un ciel couvert d'engoulevents
  • la mort en direct d'un couple de fermiers dont ne restera rien
  • l'oblitération des fermes détruites dans les environs desquelles ne restent que d'immenses empreintes et une odeur pestilentielle
  • la trace sylvestre que laisse le monstre derrière lui
  • l'ascension pédestre vers Sentinel Hill pour un rendez-vous destiné à être le plus important de l'histoire de l'humanité
  • les collines de Dunwich ravagées par les Anciens, arbre et animaux abattus comme dans la Toungouska

Il fallait des pages et des pages pour montrer, dans toute son altérité, Yog-Sothoth survolant une Arkham en ruines, ou, figure christique dévoyée, le monstre jumeau, Ancien et homme à la fois, appelant son père de Sentinel Hill lors de sa passion comme le fit son illustre prédécesseur du Golgotha.
Et il fallait du talent pour exprimer par le regard perdu et halluciné d'Armitage et de ses deux compagnons l'horreur existentielle que suscite la découverte de l'insignifiance de l'humanité.

C'est réussi, impliquant, beau et stressant (la catatonie qui frappe le témoin des horreurs qui environnent Sentinel Hill fait très 0 de SAN et la poudre d'Ibn Ghazi rappelle de bons souvenirs).

L'Abomination de Dunwich t3, Gou Tanabe d'après Lovecraft

Commentaires

Anonyme a dit…
Tiberix : approuvé !
Gromovar a dit…
Tu m'en vois ravi :)