L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

L'Abomination de Dunwich 3 - Tanabe d'après Lovecraft


A la fin du tome 2 de l'adaptation de L'Abomination de Dunwich par Gou Tanabe, comprenant qu'il y aurait un tome 3, je trouvai qu'il tirait un peu à la ligne et, qu'honnêtement, trois tomes pour mettre en images la forte nouvelle de Lovecraft était un peu excessif.
Quand le vin est tiré il faut le boire : j'ai quand même acheté et lu ce troisième et dernier tome qui vient de sortir. Et là, je mange mon chapeau, car il fallait bien trois tomes pour décrire autant, montrer autant, exprimer aussi fort l'admiration que Tanabe éprouve pour le texte de Lovecraft. Bravo donc.

Il fallait bien ces pages pour montrer la traque au frère jumeau de Wilbur Whateley et pour offrir au lecteur moult scènes grandioses :
  • l'arrivée en voiture du docteur Armitage et de ses acolytes en vue de Sentinel Hill sous un ciel couvert d'engoulevents
  • la mort en direct d'un couple de fermiers dont ne restera rien
  • l'oblitération des fermes détruites dans les environs desquelles ne restent que d'immenses empreintes et une odeur pestilentielle
  • la trace sylvestre que laisse le monstre derrière lui
  • l'ascension pédestre vers Sentinel Hill pour un rendez-vous destiné à être le plus important de l'histoire de l'humanité
  • les collines de Dunwich ravagées par les Anciens, arbre et animaux abattus comme dans la Toungouska

Il fallait des pages et des pages pour montrer, dans toute son altérité, Yog-Sothoth survolant une Arkham en ruines, ou, figure christique dévoyée, le monstre jumeau, Ancien et homme à la fois, appelant son père de Sentinel Hill lors de sa passion comme le fit son illustre prédécesseur du Golgotha.
Et il fallait du talent pour exprimer par le regard perdu et halluciné d'Armitage et de ses deux compagnons l'horreur existentielle que suscite la découverte de l'insignifiance de l'humanité.

C'est réussi, impliquant, beau et stressant (la catatonie qui frappe le témoin des horreurs qui environnent Sentinel Hill fait très 0 de SAN et la poudre d'Ibn Ghazi rappelle de bons souvenirs).

L'Abomination de Dunwich t3, Gou Tanabe d'après Lovecraft

Commentaires

Anonyme a dit…
Tiberix : approuvé !
Gromovar a dit…
Tu m'en vois ravi :)