L'infini vu d'avion - Philippe Cousin

L'infini vu d'avion  est un recueil de nouvelles de Philippe Cousin. Pas totalement SFFF, il est néanmoins agréable à lire dans sa forme de testament intellectuel et biographique. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le  Bifrost  n° 122, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : À leur manière, les personnages de Philippe Cousin tentent tous de forcer le destin, qui le leur rend bien en leur jouant un tour à sa façon. Il sera question dans L’infini vu d’avion de la redécouverte de Dieu par un instituteur agnostique, de l’amitié à vie d’un petit garçon pour un géant noir, du coup de foudre entre un veuf alcoolique et sa passagère clandestine, de la libido psychotique d’un adolescent fasciné par les Kennedy, de la course folle d’un boomerang égaré dans l’espace et le temps, de l’intelligence approximative d’un robot chinois à lacer et ...

L'Abomination de Dunwich 3 - Tanabe d'après Lovecraft


A la fin du tome 2 de l'adaptation de L'Abomination de Dunwich par Gou Tanabe, comprenant qu'il y aurait un tome 3, je trouvai qu'il tirait un peu à la ligne et, qu'honnêtement, trois tomes pour mettre en images la forte nouvelle de Lovecraft était un peu excessif.
Quand le vin est tiré il faut le boire : j'ai quand même acheté et lu ce troisième et dernier tome qui vient de sortir. Et là, je mange mon chapeau, car il fallait bien trois tomes pour décrire autant, montrer autant, exprimer aussi fort l'admiration que Tanabe éprouve pour le texte de Lovecraft. Bravo donc.

Il fallait bien ces pages pour montrer la traque au frère jumeau de Wilbur Whateley et pour offrir au lecteur moult scènes grandioses :
  • l'arrivée en voiture du docteur Armitage et de ses acolytes en vue de Sentinel Hill sous un ciel couvert d'engoulevents
  • la mort en direct d'un couple de fermiers dont ne restera rien
  • l'oblitération des fermes détruites dans les environs desquelles ne restent que d'immenses empreintes et une odeur pestilentielle
  • la trace sylvestre que laisse le monstre derrière lui
  • l'ascension pédestre vers Sentinel Hill pour un rendez-vous destiné à être le plus important de l'histoire de l'humanité
  • les collines de Dunwich ravagées par les Anciens, arbre et animaux abattus comme dans la Toungouska

Il fallait des pages et des pages pour montrer, dans toute son altérité, Yog-Sothoth survolant une Arkham en ruines, ou, figure christique dévoyée, le monstre jumeau, Ancien et homme à la fois, appelant son père de Sentinel Hill lors de sa passion comme le fit son illustre prédécesseur du Golgotha.
Et il fallait du talent pour exprimer par le regard perdu et halluciné d'Armitage et de ses deux compagnons l'horreur existentielle que suscite la découverte de l'insignifiance de l'humanité.

C'est réussi, impliquant, beau et stressant (la catatonie qui frappe le témoin des horreurs qui environnent Sentinel Hill fait très 0 de SAN et la poudre d'Ibn Ghazi rappelle de bons souvenirs).

L'Abomination de Dunwich t3, Gou Tanabe d'après Lovecraft

Commentaires

Anonyme a dit…
Tiberix : approuvé !
Gromovar a dit…
Tu m'en vois ravi :)