Ode to the Half-Broken - Suzanne Palmer

2066. Guerres et catastrophes environnementales, notre monde a failli se terminer il y a quarante ans. Puis, lassitude et attrition aidant, les choses se sont (presque) calmées. Reste une civilisation humaine largement détruite, et un environnement naturel qui ne vaut guère mieux. Tentent d’y survivre, autant que faire se peut, les humains survivants et des méchas qui ont acquis, au fil des ans, une conscience et leur autonomie – une agency dirait William Gibson. Dans ce monde qui tente péniblement de se reconstruire vit paisiblement un ancien mécha de combat (qui a abandonné son ancien nom et pas encore choisi le suivant – qui sera Be) . Le bot, seul depuis des décennies comme un parfait ermite, s’intéresse aux fourmis et plus généralement aux insectes. Il se « réveille » un jour affalé dans une baignoire, après 36 heures de shutdown forcé, sans aucun souvenir de ce qui a causé cet arrêt. Plus problématique encore : il lui manque la jambe gauche. Si Be a tourné le dos au m...

The Empty - Ray Nayler


Futur. Nevada, sur la 50, la route la plus solitaire des USA.
Sal est "conductrice" (kind of) de convois de camions. Un boulot peu cool et mal payé mais qui permet de régler les factures et fait d'elle l'une des deux seules personnes de sa famille avec un job. Rien d'épuisant à faire, juste surveiller les cadrans. Et voilà qu'un voyant rouge d'alerte s'allume. Et que Sal décide de s'en occuper. Au péril de sa tranquillité.

En 5600 mots, Ray Nayler crée un monde d'où l'emploi a été presque intégralement éradiqué par l'automatisation. Il dépeint un monde où des jobs à la limite de l'indenture sont la seule alternative à la pauvreté oisive qui va avec le revenu minimum garanti.
En si peu de mots il crée au moins deux personnages à qui il donne background, objectifs, personnalités, raisons d'être.
En peu de caractères il dit la commodification des relations humaines, cause et conséquence de l'établissement de l'individualisme consumériste. Il raconte aussi, nées de ce monde qu'il décrit, les stratégies minables pour tenter de survivre un peu mieux ainsi que l'extinction progressive de toute solidarité, mais il n'oublie pas les bribes qu'il en reste parfois et permettent d'accepter de se sacrifier sciemment pour un autrui inconnu.
Il raconte, en d'autres termes, une histoire, palpitante, émouvante, implicante, parfaitement située dans ce monde qui seul la rend possible.

Un monde, des personnages, une histoire, en 5600 mots. C'est de la pure SF, de la très belle ouvrage, du genre qu'on ne voit pas si souvent.

The Empty, Ray Nayler

Commentaires

Anonyme a dit…
Merci pour cet article et pour le lien vers cette nouvelle.
C'est effectivement un superbe pain dans la gueule.
Gromovar a dit…
You're welcome.