Minor Arcana vol III - Lemire - Delpeche

Minor Arcana , la nostalgique et inquiétante histoire de retour au bercail dont je disais beaucoup de bien , se poursuit aujourd’hui avec un Volume 3 intitulé The Moon . Beaucoup de fils commencent à se relier dans ce troisième tome sous les yeux de Theresa : Tu découvriras, lecteur, les liens qui unissent les mystérieux arcanistes, qu’on a vu intriguer dans le tome précédent, avec certains mafieux locaux qui ne font pas que trafiquer des substances illicites. Visiblement des liens qui s’avèrent bien plus serrés que de simples liens d’affaire. Tu comprendras, mieux que jusque là, que le combat du nouvel ami de la mère de l’héroïne – qui lui a valu une bonne avoinée – n’est pas, lui non plus, déconnecté des secrets de la ville. Tu verras aussi l’enquête sur le frère disparu de Kelly, son amie, progresser à pas de géant. Et, tu commences à le deviner j’espère, lui aussi est lié aux secrets que renferme la petite ville de Limberlost. Les pouvoirs de prédiction de Theresa prouvent dans...

The Empty - Ray Nayler


Futur. Nevada, sur la 50, la route la plus solitaire des USA.
Sal est "conductrice" (kind of) de convois de camions. Un boulot peu cool et mal payé mais qui permet de régler les factures et fait d'elle l'une des deux seules personnes de sa famille avec un job. Rien d'épuisant à faire, juste surveiller les cadrans. Et voilà qu'un voyant rouge d'alerte s'allume. Et que Sal décide de s'en occuper. Au péril de sa tranquillité.

En 5600 mots, Ray Nayler crée un monde d'où l'emploi a été presque intégralement éradiqué par l'automatisation. Il dépeint un monde où des jobs à la limite de l'indenture sont la seule alternative à la pauvreté oisive qui va avec le revenu minimum garanti.
En si peu de mots il crée au moins deux personnages à qui il donne background, objectifs, personnalités, raisons d'être.
En peu de caractères il dit la commodification des relations humaines, cause et conséquence de l'établissement de l'individualisme consumériste. Il raconte aussi, nées de ce monde qu'il décrit, les stratégies minables pour tenter de survivre un peu mieux ainsi que l'extinction progressive de toute solidarité, mais il n'oublie pas les bribes qu'il en reste parfois et permettent d'accepter de se sacrifier sciemment pour un autrui inconnu.
Il raconte, en d'autres termes, une histoire, palpitante, émouvante, implicante, parfaitement située dans ce monde qui seul la rend possible.

Un monde, des personnages, une histoire, en 5600 mots. C'est de la pure SF, de la très belle ouvrage, du genre qu'on ne voit pas si souvent.

The Empty, Ray Nayler

Commentaires

Anonyme a dit…
Merci pour cet article et pour le lien vers cette nouvelle.
C'est effectivement un superbe pain dans la gueule.
Gromovar a dit…
You're welcome.