Le Pèse-Dieu, Ian Soliane

Un père décide de descendre aux Limbes pour sauver sa fille, Jade, qui s’est suicidée. Au fil d’une lente pérégrination il chemine vers elle, qui l’attend ou pas. Il espère la ramener. Y parviendra-t-il ? Le Pèse-Dieu est le dernier roman de Ian Soliane . L’auteur y aborde une fois encore les deux questions du deuil et de l’incompréhension fondamentale entre IA et humanité. Les deux étant liées, me semble-t-il, car comment l’IA, qui n’a aucune occasion de l’éprouver, pourrait-elle comprendre le deuil ? Dans ce court et dense roman, Soliane raconte la catabase de son héros (anonyme car, face au deuil, tous sont égaux ou, au moins, génériques) . L’homme n’est pas Orphée . Il ne cherche pas sa femme, si vite perdue, mais sa fille, suicidée trop jeune, à 22 ans. Il ne descend pas aux Enfers mais entre dans les Limbes, le serveur géant de simulation dans lequel sont envoyées post-mortem les consciences qui le souhaitent. Il n’a pas à supplier Hadès et Perséphone, ni à charmer quiconque pa...

The Empty - Ray Nayler


Futur. Nevada, sur la 50, la route la plus solitaire des USA.
Sal est "conductrice" (kind of) de convois de camions. Un boulot peu cool et mal payé mais qui permet de régler les factures et fait d'elle l'une des deux seules personnes de sa famille avec un job. Rien d'épuisant à faire, juste surveiller les cadrans. Et voilà qu'un voyant rouge d'alerte s'allume. Et que Sal décide de s'en occuper. Au péril de sa tranquillité.

En 5600 mots, Ray Nayler crée un monde d'où l'emploi a été presque intégralement éradiqué par l'automatisation. Il dépeint un monde où des jobs à la limite de l'indenture sont la seule alternative à la pauvreté oisive qui va avec le revenu minimum garanti.
En si peu de mots il crée au moins deux personnages à qui il donne background, objectifs, personnalités, raisons d'être.
En peu de caractères il dit la commodification des relations humaines, cause et conséquence de l'établissement de l'individualisme consumériste. Il raconte aussi, nées de ce monde qu'il décrit, les stratégies minables pour tenter de survivre un peu mieux ainsi que l'extinction progressive de toute solidarité, mais il n'oublie pas les bribes qu'il en reste parfois et permettent d'accepter de se sacrifier sciemment pour un autrui inconnu.
Il raconte, en d'autres termes, une histoire, palpitante, émouvante, implicante, parfaitement située dans ce monde qui seul la rend possible.

Un monde, des personnages, une histoire, en 5600 mots. C'est de la pure SF, de la très belle ouvrage, du genre qu'on ne voit pas si souvent.

The Empty, Ray Nayler

Commentaires

Anonyme a dit…
Merci pour cet article et pour le lien vers cette nouvelle.
C'est effectivement un superbe pain dans la gueule.
Gromovar a dit…
You're welcome.