Lune Noire - Yasser Abu-el-Hassab - Retour de Bifrost 119

Hikaya est un jeune éditeur qui s'est donné pour projet de traduire puis de publier en France de l'Imaginaire (fantasy ou SF) venu des pays arabes ou méditerranéens. Louable initiative qui se traduit par la sortie récente de trois romans : Hard Reboot , d'Antony Paschos, Paradis Synthétique , de Fadi Zaghmout, et enfin Lune Noire de l'égyptien Yasser Abu-el-Hassab. C'est ce dernier texte dont il sera question ici. Sergueï et Nathan sont deux astronautes, l'un russe, l'autre canadien. Ils sont arrivés sur la Lune dans le cadre de la mission internationale Earth-2 afin d'explorer le « tunnel de la vie » , un tunnel de lave solidifiée qui pourrait être utilisé un jour pour abriter une base lunaire permanente et permettre, notamment, d'envisager la récolte du précieux hélium-3 dont la Lune, semble-t-il, regorge. Pour les deux hommes, quand le court roman débute, commence une exploration en rover de sept jours – neuf au maximum – qui les mènera au « tun...

The Empty - Ray Nayler


Futur. Nevada, sur la 50, la route la plus solitaire des USA.
Sal est "conductrice" (kind of) de convois de camions. Un boulot peu cool et mal payé mais qui permet de régler les factures et fait d'elle l'une des deux seules personnes de sa famille avec un job. Rien d'épuisant à faire, juste surveiller les cadrans. Et voilà qu'un voyant rouge d'alerte s'allume. Et que Sal décide de s'en occuper. Au péril de sa tranquillité.

En 5600 mots, Ray Nayler crée un monde d'où l'emploi a été presque intégralement éradiqué par l'automatisation. Il dépeint un monde où des jobs à la limite de l'indenture sont la seule alternative à la pauvreté oisive qui va avec le revenu minimum garanti.
En si peu de mots il crée au moins deux personnages à qui il donne background, objectifs, personnalités, raisons d'être.
En peu de caractères il dit la commodification des relations humaines, cause et conséquence de l'établissement de l'individualisme consumériste. Il raconte aussi, nées de ce monde qu'il décrit, les stratégies minables pour tenter de survivre un peu mieux ainsi que l'extinction progressive de toute solidarité, mais il n'oublie pas les bribes qu'il en reste parfois et permettent d'accepter de se sacrifier sciemment pour un autrui inconnu.
Il raconte, en d'autres termes, une histoire, palpitante, émouvante, implicante, parfaitement située dans ce monde qui seul la rend possible.

Un monde, des personnages, une histoire, en 5600 mots. C'est de la pure SF, de la très belle ouvrage, du genre qu'on ne voit pas si souvent.

The Empty, Ray Nayler

Commentaires

Anonyme a dit…
Merci pour cet article et pour le lien vers cette nouvelle.
C'est effectivement un superbe pain dans la gueule.
Gromovar a dit…
You're welcome.