L'Enfant du Deptford - Nat Cassidy

L'Enfant du Deptford , de Nat Cassidy, un roman trop mou, trop fade, trop quelconque pour séduire. Je ne peux en dire plus car ma chronique sera dans le Bifrost n° 125, et elle ne reviendra ici qu’un an après la sortie de la revue (c’est à dire, pfff…). Je peux au moins donner le résumé de la couv’ car celui-ci est disponible partout : Et si votre enfant n'était plus vraiment… le vôtre ? Après la naissance très compliquée de leur fille Charlie, Ana et Reid ont désespérément besoin d'un nouveau départ. Tout semble enfin leur sourire lorsqu'ils ont l'occasion, pour un loyer modique, de vivre dans un appartement au Deptford, l'un des immeubles les plus prestigieux de Manhattan, avec vue sur Central Park. Mais très vite, une présence insidieuse se fait sentir. Bruits inexpliqués, couloirs secrets, voisins inquiétants… Puis le doute s'installe. Quelque chose cloche. Dans l'immeuble. Et avec le bébé. Un roman troublant, intense et profondément dérang...

Living in Sin - Ian R. MacLeod


Je faisais hier un parallèle entre Ian R. MacLeod et Paul Schrader. Living in Sin, lisible là, est une nouvelle de l'auteur britannique qui illustre fort bien ce point.

Imaginez un monde, le nôtre, dans lequel le dieu des chrétiens se manifesterait. Miracles, punitions divines, impossible de nier l'existence d'un Dieu qui se donnerait à voir dans des manifestations aussi courantes que spectaculaires. Les conséquences seraient évidentes : l'Eglise y aurait tout pouvoir, et à la théocratie politique ultra-normative s'ajouterait le contrôle social constant exercé par la communauté.

Living in Sin, un récit contemporain qui commence par « I can still remember the last burning. I was ten or maybe less. Too young to understand, but I knew it was something special. », raconte l'histoire à la première personne d'un narrateur qui vit dans le péché depuis des décennies avec la femme qui partage sa vie, Annie. Ils ont une fille, May, qui est normale, non handicapée. Et ce simple fait est considéré par le couple et la communauté comme le signe que Dieu n'a pas formellement condamné cette union pourtant éminemment critiquable.
Mais May a grandi, elle est devenue une adolescente, et il semble que Dieu a même des plans grandioses pour la jeune fille. Au désespoir de son père...

Sexe et religion, religion et sexe, puritanisme et torture mentale auto-infligée, règles religieuses et  sanctions formelles, il y a tout ce qui caractérise l'oeuvre de MacLeod dans ce texte de neuf pages ; le style aussi, cette manière de dire par petites touches (en dépit du début), en centrant son descriptif sur les perceptions d'un personnage.
Le tout est au service d'un point : l'homme n'est jamais heureux, torturé qu'il est entre aspirations supérieures, règles sociales, et faiblesse humaine. Sexe et religion, toujours impératifs et toujours déceptifs, le torturent et le déchirent. Ils sont aidés dans cette entreprise par l'ordinaire vilenie humaine, et tous ensemble l'écartèlent jusqu'au point de rupture. C'était aussi, sous une autre forme, le point de Bien-aimé.

Living in Sin, Ian R. MacLeod

Commentaires

Roffi a dit…
Merci pour cette chronique très inspirante et ses pistes de réflexion .