Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Living in Sin - Ian R. MacLeod


Je faisais hier un parallèle entre Ian R. MacLeod et Paul Schrader. Living in Sin, lisible là, est une nouvelle de l'auteur britannique qui illustre fort bien ce point.

Imaginez un monde, le nôtre, dans lequel le dieu des chrétiens se manifesterait. Miracles, punitions divines, impossible de nier l'existence d'un Dieu qui se donnerait à voir dans des manifestations aussi courantes que spectaculaires. Les conséquences seraient évidentes : l'Eglise y aurait tout pouvoir, et à la théocratie politique ultra-normative s'ajouterait le contrôle social constant exercé par la communauté.

Living in Sin, un récit contemporain qui commence par « I can still remember the last burning. I was ten or maybe less. Too young to understand, but I knew it was something special. », raconte l'histoire à la première personne d'un narrateur qui vit dans le péché depuis des décennies avec la femme qui partage sa vie, Annie. Ils ont une fille, May, qui est normale, non handicapée. Et ce simple fait est considéré par le couple et la communauté comme le signe que Dieu n'a pas formellement condamné cette union pourtant éminemment critiquable.
Mais May a grandi, elle est devenue une adolescente, et il semble que Dieu a même des plans grandioses pour la jeune fille. Au désespoir de son père...

Sexe et religion, religion et sexe, puritanisme et torture mentale auto-infligée, règles religieuses et  sanctions formelles, il y a tout ce qui caractérise l'oeuvre de MacLeod dans ce texte de neuf pages ; le style aussi, cette manière de dire par petites touches (en dépit du début), en centrant son descriptif sur les perceptions d'un personnage.
Le tout est au service d'un point : l'homme n'est jamais heureux, torturé qu'il est entre aspirations supérieures, règles sociales, et faiblesse humaine. Sexe et religion, toujours impératifs et toujours déceptifs, le torturent et le déchirent. Ils sont aidés dans cette entreprise par l'ordinaire vilenie humaine, et tous ensemble l'écartèlent jusqu'au point de rupture. C'était aussi, sous une autre forme, le point de Bien-aimé.

Living in Sin, Ian R. MacLeod

Commentaires

Roffi a dit…
Merci pour cette chronique très inspirante et ses pistes de réflexion .