Something is Killing the Children t1, Tynion IV, Dell’Edera, Muerto

Juste quelques mots (et cette fois vraiment pas plus) sur le TPB 1 du Something is Killing the Children de l’énorme James Tynion IV, illustré par Dell’Edera et Muerto. Commençons par donner le résumé éditeur : Lorsque les enfants de la petite ville d'Archer's Peak se mettent à disparaître les uns après les autres - certains sans laisser la moindre trace, d'autres dans des circonstances extrêmement violentes - la peur, la colère et la suspicion envahissent l'entourage des victimes et laissent la police locale dans le plus grand désarroi. Aussi, quand le jeune James, seul témoin oculaire du massacre de ses trois camarades, sort de son mutisme pour parler de créatures terrifiantes vivant dans la pénombre, le coupable semble tout trouvé. Son seul espoir viendra d'une étrange inconnue, Erica Slaughter, tueuse de monstres capable de voir l'impensable, ce que l'inconscient des adultes a depuis longtemps préférer occulter. Something is Killing the Children est l’

Little Monsters t1 - Lemire - Nguyen


Terre, après l'apocalypse.

Huit enfants vivent dans les ruines désertées d'une grande cité. Par petits groupes de potes ils traînent, jouent, créent, tentent de se distraire. Mais il n'est pas facile tous les jours de trouver de nouvelles distractions. On se lasse vite quand on est enfant, surtout quand on attend depuis plus de cent ans.


Avec Little Monsters, Jeff Lemire visite une nouvelle fois le monde de l'enfance dont il donne, encore, une vision tendre et empathique. Mais cette fois, contrairement à Sweet Tooth ou Descenders, les enfants ne sont pas qu'innocents ou menacés, ici ils sont aussi des tueurs en puissance, de petits vampires dont seule l'absence d'êtres humains bride les instincts assassins. Ils se nourrissent de rats par nécessité, comme le piètre Louis d'Entretien avec un vampire qui, lui, le faisait par sens moral déplacé. Mais un jour, ou plutôt une nuit, leur univers change...


Dans un monde sans adulte qui rappelle Sa Majesté des mouches, Lemire installe des vampires qui n'ont d'enfants que l'apparence – même s'il s'avère à la lecture que leur transition vers l'âge adulte ne s'est jamais vraiment faite. Laissés – « pour leur sécurité » – seuls dans la ville vide par l'Ancien qui les avait créés, chacun à un moment différent d'une vie difficile, Bats, Billy, Vicky, Ronnie, Raymond, Lucas, Yul, et la très ancienne Romie, cherchent à remplir l'éternité sans vraiment y parvenir. Certains le « vivent » bien, comme Lucas qui compose chaque jour une nouvelle chanson sans même savoir s'il n'a pas déjà imaginé la même un jour dans le passé, ou Romie qui au fil des années a colorié la presque totalité de la ville. D'autres beaucoup plus mal, comme Billy qui n'en peut plus de stagner et veut visiter le vaste monde.

La découverte d'un humain vivant (pas pour longtemps), alors qu'il croyait qu'il n'en existait plus aucun, va changer la donne pour eux. D'abord ils ne sont plus seuls, ensuite ils découvrent à leur grande stupéfaction que le sang humain décuple leurs capacités. Les règles laissées par l'Ancien avant son départ explosent sous l'effet de la révélation, la petite bande se divise alors en deux clans rivaux que distinguent la volonté ou l'absence d'impératif moral. C'est le début de la fin pour l'éternité.


Une fois encore, Lemire croque des personnages attachants au fil d'un récit au rythme maîtrisé. Sensible à la longue vacuité de la vie des enfants vampires, tu ne pourras t'empêcher de changer de camp lorsqu'il s'agira pour eux de se nourrir d'humains. Reste à savoir ce qu'il adviendra d'un conflit doublement déséquilibré, le faible nombre des vampires étant plus que compensé par leurs grands pouvoirs.

Servi par un graphisme simple et strict en grisé tramé, ce tome 1 de Little Monsters est une nouvelle réussite de Jeff Lemire. A lire.


Little Monsters t1, Lemire, Nguyen

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