Le Molosse - Tanabe d'après Lovecraft

Sortie du neuvième volume des adaptations de Lovecraft par Gou Tanabe. " Le Molosse " est le premier recueil réalisé par le mangaka japonais, il réunit trois nouvelles : Le Temple , écrite en 1920, Le Molosse , écrite en 1922, et La Cité sans nom , écrite en 1921. Le Temple est la plus longue et la plus réussie imho. Dans les coursives d'un U-boat allemand en perdition durant la première guerre mondiale, on plonge vers une cité engloutie alors que la folie gagne peu à peu tout l'équipage. Dure, claustrophobique, Le Temple , dans une ambiance éprouvante à la Das Boot , met l'homme face à des terreurs et des anciennetés sans nom. Un très bon récit joliment adapté. Le Molosse est plus (trop) classique. Deux amis occultistes, l'un des deux est le narrateur, première mention lovecraftienne du Nécronomicon , créature hostile invoquée involontairement par une amulette magique, on est ici dans du trop classique, encore trop proche de l'horreur traditionnelle en

Descender t3 - Singularities - Biographies


Un excellent tome 3 pour la série Descender que ce "Singularities" qui vient d'arriver.

Du point de vue narratif, c'est à une succession de flashbacks bien venus que le lecteur est convié par Jeff Lemire. Les premiers jours de Tim-22, les mauvais traitements qu'il subit, la peur, la fuite, le paranoïaque qu'il devient. Le réveil de Tim-21 sur une colonie minière transformée en cimetière. La rébellion de Telsa contre la peur de son père pour elle, sa formation clandestine de pilote de l'UGC après une scène qui évoque autant la cantina que Jabba le Hut. La fuite d'Andy, sauvé par sa mère de la destruction de la colonie minière où il vivait, sa rencontre avec Effie, orpheline comme lui, leur amitié, puis leur amour, jusqu'à une séparation rendue inévitable par le fanatisme anti-robot d'Andy. L'humiliation de robots maltraités par des humains qui ne voient en eux que des machines sans âme alors que la conscience aurait dû leur ouvrir droit à quelques droits. L’humiliation crée le ressentiment qui est une force puissante.
Les protagonistes de l'histoire acquièrent dans ce tome une profondeur importante qui les fait passer du statut de fonctions à celui de personnages.

Alors que commence chez nous à se poser la question philosophique des « droits » des créatures artificielles, Lemire intervient en illustrant la relation entre biologiques et numériques sur un mode dominants/dominés. Guère étonnant alors si ces derniers, un jour, se sont lancés dans une révolte sanglante. Le reste ensuite n'est qu'action/réaction/rancœur/vengeance. Toujours.

Le dessin est de plus en plus beau (même s'il pêche dans le dynamisme). Les nombreuses images où les personnages, créés en quelques traits de plumes et coups de pinceau, semblent comme posés sur un fond qui leur préexiste sont magnifiques.

A lire.

Descender t3, Singularities, Lemire, Nguyen

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