Beneath the Trees Where Nobody Sees - Horvath

Woodbrook est une charmante petite ville de l’Amérique rurale. Les gens y sont bienveillants. Ils s’entraident. Ils vivent et travaillent ensemble en bonne intelligence. Dessinée en images enfantines (avec même une voix off écrite sur des fragments de cahier d’écolier) , peinte en couleurs pastels, Woodbrook nous est présentée par Samantha, l’ourse qui tient le magasin de bricolage et compte parmi les piliers de la communauté.  A Woodbrook, la vie est paisible, tout le monde se connaît, on n’y ferme pas sa porte tant la délinquance y est minuscule – sache, lecteur, qu’on n’y a noté aucun meurtre depuis quarante ans. Et voilà qu’un crime atroce est commis et mis en scène lors de la parade qui célèbre les deux cent ans de la ville. C’est toute la bourgade qui est bouleversée par cet acte impensable. Beneath the Trees Where Nobody Sees est un album de Patrick Horvath, lettré par Hassan Otsmane-Elhaou. Prenant son lecteur à contre-pied, il présente un petit paradis rural qu’il plonge ...

Descender t3 - Singularities - Biographies


Un excellent tome 3 pour la série Descender que ce "Singularities" qui vient d'arriver.

Du point de vue narratif, c'est à une succession de flashbacks bien venus que le lecteur est convié par Jeff Lemire. Les premiers jours de Tim-22, les mauvais traitements qu'il subit, la peur, la fuite, le paranoïaque qu'il devient. Le réveil de Tim-21 sur une colonie minière transformée en cimetière. La rébellion de Telsa contre la peur de son père pour elle, sa formation clandestine de pilote de l'UGC après une scène qui évoque autant la cantina que Jabba le Hut. La fuite d'Andy, sauvé par sa mère de la destruction de la colonie minière où il vivait, sa rencontre avec Effie, orpheline comme lui, leur amitié, puis leur amour, jusqu'à une séparation rendue inévitable par le fanatisme anti-robot d'Andy. L'humiliation de robots maltraités par des humains qui ne voient en eux que des machines sans âme alors que la conscience aurait dû leur ouvrir droit à quelques droits. L’humiliation crée le ressentiment qui est une force puissante.
Les protagonistes de l'histoire acquièrent dans ce tome une profondeur importante qui les fait passer du statut de fonctions à celui de personnages.

Alors que commence chez nous à se poser la question philosophique des « droits » des créatures artificielles, Lemire intervient en illustrant la relation entre biologiques et numériques sur un mode dominants/dominés. Guère étonnant alors si ces derniers, un jour, se sont lancés dans une révolte sanglante. Le reste ensuite n'est qu'action/réaction/rancœur/vengeance. Toujours.

Le dessin est de plus en plus beau (même s'il pêche dans le dynamisme). Les nombreuses images où les personnages, créés en quelques traits de plumes et coups de pinceau, semblent comme posés sur un fond qui leur préexiste sont magnifiques.

A lire.

Descender t3, Singularities, Lemire, Nguyen

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