Exquisite Corpses t3 - Tynion - Walsh - Bellaire

Suite et fin de la série Exquisite Corpses (avant une saison 2 déjà annoncée) . La fin du jeu approche. Les morts se multiplient, tant parmi les civils piégés d'Oak Valley que parmi les tueurs en compétition. Ils ne sont plus que cinq au début du TPB et, tu le sais, lecteur, il ne peut en rester qu'un. Tu te prépares donc à une conclusion attendu dans laquelle se vérifiera le caractère inhumain du jeu et de ses organisateurs (l'élimination du garde-chasse est significative) . Mais Tynion, aussi brillant que d'habitude, nous réserve deux nouveaux rebondissements (si ce n'est plus, tout dépend comment on compte) , après celui qui concluait déjà le volume précédent et surprenait par l'identité du concurrent éliminé. C'est donc à un roller-coaster épique, tant émotionnel que polémologique, que l'auteur et ses dessinateurs (!) convient ses lecteurs pour un final en feu d'artifice. Viens, lecteur ! Ne rate pas ce grand spectacle. Exquisite Corpses TPB3, Ty...

L'histoire du Grand Homme et du Petit Garçon


Binge-reading des cinq derniers tomes de la série Sweet Tooth. Et c’est toujours aussi bon. Ne pas spoiler ici car il y a beaucoup de surprises.

Les personnages, révélés dans leur complexité, gagnent en profondeur. Gus et ceux, humains comme hybrides, qui deviennent son entourage doivent parvenir à survivre dans un environnement très hostile. Ils veulent aussi comprendre pourquoi le monde est devenu un enfer. D’où vient la maladie ? Peut-on la guérir ? Quel rapport existe-t-il entre celle-ci et l’apparition des enfants hybrides ? Il faudra, pour obtenir des réponses, voyager loin, en dépit du danger, vers une explication possible, liée au passé de Gus.

Les personnages sont complexes, forgés par leurs épreuves durant l’apocalypse. Leurs actes sont conditionnés par les traumatismes subis autant que par les nécessités du temps. Pour ces hommes et ces femmes, si survivre seul est impossible, la confiance est ce qui est le plus difficile à accorder. Les plus durs devront pourtant apprendre à s’ouvrir et les plus bienveillants à s’endurcir.

Lemire oscille entre les évènements du présent, trépidants, et la révélation progressive des histoires individuelles des protagonistes, par le biais de flashbacks dont certains ramènent loin dans le passé. C’est toujours fait au moment opportun ; le tableau s’éclaire au fil de l’avancée dans la lecture.

Au-delà du scénario solide et passionnant, la mise en images est la force première de la série.
Le trait est toujours aussi minimal, mais la dynamique, évoquée dans la première chronique, ne cesse de s’améliorer, apportant une vraie puissance à la narration.
Tout explose à la vue. La diversité des cadrages, le mouvement qu’ils évoquent, le nombre même des cadres, leur position sur la page, les éléments hors-cadre, tout ceci participe à l’aspect profondément cinématographique du comic.
Les couleurs, souvent en taches aqueuses, créent une ambiance adaptée au récit.
Le style de dessin change suivant le type de narration ou le narrateur. Le lettrage aussi s’adapte à la personne qui parle ou au mode d’énonciation.
On se prend régulièrement à être ébloui par la créativité dont Lemire fait preuve dans la mise en images de son histoire, déjà intrinsèquement intéressante. Le dessin n’est certes pas réaliste mais il tangente si souvent l’impressionnisme qu’il en devient beau. Et quelle énergie !

Commencée comme un conte pour enfant, c’est encore ainsi que se termine la série, par, on peut le dire, un happy end paradoxal. Conte dur, conte cruel, résolument pour adultes, "Sweet Tooth", critique sans appel  de l’hubris occidentale et quasi-fable environnementaliste, passionne, émeut, révolte ou exalte.

Sweet Tooth est une superbe série qui saisit le lecteur et ne le lâche plus jusqu’à ce qu’il soit à bout de souffle. A lire absolument.

Sweet Tooth, tome 2 à 6, Lemire, Villarrubia

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