L'Homme sans tête - Gene Wolfe

Dans le Bifrost 124 , il y a les rubriques habituelles. Critiques des nouveautés, scientifiction (dans laquelle Roland Lehoucq décortique le film Projet Dernière Chance ) , etc. Il y a un édito d'Olivier Girard qui parle de confiance dans le monde du livre, confiance entre les petites mains, par-delà la valse des généraux, confiance qui permet de travailler et de continuer à le faire en dépit des vicissitudes capitalistiques. Chroniquant le Trois Oboles pour Charon de Frank Ferric, j’écrivais « L’absurdité du conflit des hommes est le seul spectacle que l’éternité lui offre » . Je m’y tiens. Dans le Bifrost 124 , il y a un volumineux dossier sur le très prolifique et insaisissable Antoine Volodine. L’homme a ses fans, je n’en suis pas, je n’ai donc pas grand-chose à en dire si ce n’est que le dossier semble vraiment très complet, comprenant notamment une longue interview réalisée par Hugues Robert. Il y a aussi dans le Bifrost 124 , une très courte nouvelle de Gene Wolfe. L’H...

Les Dangers de fumer au lit - Mariana Enriquez

BLOG EN MODE DÉGRADÉ

ON REFERA MIEUX QUAND ON POURRA MIEUX.

JUSQUE LÀ, LECTEUR, POUR ENCORE QUELQUES MOMENTS, IL TE FAUDRA ACCEPTER DE ME FAIRE CONFIANCE SUR JUSTE DEUX OU TROIS LIGNES.


Quelques mots seulement pour dire tout le bien que je pense de ce recueil de Mariana Enriquez, la lauréate 2022 du Prix Planète-SF pour le colossal Notre part de nuit.

Les douze nouvelles rassemblées ici parlent de fantômes tristes ou agressifs, de passions mortifères, de rage sexuelle, de désespoir sexuel, d'automutilation, de prostitution, de geôlières villes-cadavres. Rappelant parfois Notre part de nuit et d'autres fois certains textes de Ballard dans des ambiances à la Cronenberg, les textes d'Enriquez - et leur cortège de filles et de femmes jamais heureuses - puisent au tréfonds d'une souffrance dont, quelquefois, la rage sexuelle semble être la seule échappatoire. Un baume qui, de fait, ne soigne rien. Une bien piètre issue qui blesse au moins autant qu'elle soulage.


Que dire sur du fantastique ? Le ressenti compte plus que l'analyse (sauf pour une foldingue sur Babelio qui y voit le capitalisme o_O). Et le ressenti est dur, autant voire plus qu'il l'était dans Notre part de nuit. Le ressenti fait se sentir vivant.

Comme dans tout recueil, tout n'est pas de même qualité (surtout quand les chutes sont trop abruptes pour un lecteur aussi basique que moi). Mais, ceci posé, l'ensemble est bon et une bonne moitié excellente. N'hésitant jamais à mettre en scène les corps souffrants d'adolescentes ou de femmes dans des éclairages qui rappellent Le Christ mort d'Holbein, ne reculant pas devant les manifestations de la sexualité comme soupape et symptôme, nombre des textes de ce recueil laissent le lecteur haletant.

A lire.

Les Dangers de fumer au lit - Mariana Enriquez

Commentaires

Roffi a dit…
Entièrement d’accord avec votre ressenti. Je n’ai pas lu toutes les nouvelles mais certaines hantent encore après la lecture.
Oui j’y ai vu aussi ,des échappatoires, aussi glauques soient-elles.
Oui,des soupapes de sûreté qui se mettent à siffler.

Bonne convalescence à vous.


Gromovar a dit…
Merci pour le retour (nous sommes raccords).
Et globalement merci.
Baroona a dit…
Est-ce que tu as lu son autre recueil, "Ce que nous avons perdu dans le feu" ? (pour comparaison éventuelle)
Gromovar a dit…
Non. Je ne suis pas en situation de comparer.
Un autre juré PSF dit qu'il y a des ressemblances.