Not Like Other Girls - AL Goldfuss

A creature wearing a woman’s body becomes a lonely man’s girlfriend, but the woman suit and his interest start to rot. Not Like Other Girls est une nouvelle de A.L. Goldfuss lisible gratuitement là . En peu de mots (disons 6000) , Rothfuss réussit un tour de force weird et body-horror qui écoeure un peu, émeut beaucoup et amène - pour peu qu'on le veuille - à réfléchir aussi. Pas mal du tout en seulement huit pages. Invasion, affirmation de soi, utilisation du corps de l'autre (et pas seulement par le coupable idéal) , relation toxique, micro-roman d'apprentissage, on est ici entre Puppet Masters et, pour les happy few, Night Shift (celui de Siouxsie, silly !) . Not Like Other Girls  est une histoire impressionnante qui induit chez son lecteur une succession de sentiments aussi variés que contradictoires et pousse à penser les abus qui s'y déroulent tant d'un coté que de l'autre. C'est un excellent texte à ne pas mettre sous tous les yeux. C'est cela...

1984 - Orwell - Nesti


Je ne vais pas ici écrire une chronique du 1984 de George Orwell. J'ai passé l'âge de me lancer dans de fines analyses de textes archi-classiques sur lesquels tant de phrases intelligentes ont déjà été écrites par d'autres (y compris par votre serviteur dans un petit essai qui sera peut-être visible un jour).

Je dirai simplement à ceux qui ne l'ont pas déjà lu de le faire. Vous rencontrerez un texte d'une énorme puissance intellectuelle, analytique, émotionnelle, un texte stupéfiant par sa pertinence née de la rencontre féconde d'une pensée politique et d'une expérience de vie, un texte qui prévoyait même l'expérience Pitesti, un texte donc à 1000 lieues des citations tronquées grotesque qui sont devenues, pour une grande partie de la population, l'alpha et l’oméga d'une pensée critique qui n'est pas plus critique que pensée.


Je parlerai ici simplement et brièvement de l'adaptation BD qui en est faite par le brésilien Fido Nesti. Dans celle-ci se rencontrent le texte d'Orwell (en résumé certes, mais néanmoins long et très développé), puissant comme un fleuve en cru dont le volume emporte tout – en dépit de la doubleplusungood traduction de Josée Kamoun –, et le dessin de Nesti, futuriste et comme effaré à la fois, qui illustre très bien la froide horreur du texte ainsi que le regard consterné que Winston Smith porte sur Océania et son système politique. Le travail de Nesti installe sans faute le monde d'Océania à sa place, dans une uncanny valley qui rend justice au décalage glaçant qu'on éprouve en lisant le roman.


L'ensemble est long à lire (plus court que le roman néanmoins, si tu es pressé, lecteur) et c'est une vraie qualité. Le texte d'Orwell est placé en majesté dans un écrin adapté, comme le fit  Baranger avec ceux d'HPL. Parties théoriques et parties dramatiques alternent. On trouve même un long (plusieurs pages) fac-similé du livre de l'arch-dissident Emmanuel Goldstein : Theory and Practice of Oligarchical Collectivism. Il le fallait. Il fallait fournit longuement au lecteur le texte et les analyses – fut-ce traduit par Josée Kamoun – pour que 1984 ne  se transforme pas ici en une mièvre romance tragique en dystopie – autrement dit en HungerGames-like – plus apte à fournir des mèmes absurdes qu'à nourrir une réflexion politique sur le pouvoir et sa fin. Contrat rempli. A toi de prendre ta part, lecteur. Lis et médite.


1984, Orwell, Nesti (on va s'épargner Kamoun)

Commentaires

Gwennaël a dit…
Tiens donc, un essai sur 1984 par Gromovar ? Je suis curieux !
La chronique est l’occasion de rappeler que si tout le monde a entendu parler de 1984, peu l’ont vraiment lu (c’est l’enseignant qui parle).
Et il faut lire tout Orwell, y compris la non-fiction.
Gromovar a dit…
Oui, beaucoup lire Orwell en effet.
Pour le reste, on ne dira rien avant un moment conséquent ;)