La Migration annuelle des nuages - Premee Mohamed - Retour de Bifrost 118

Futur trop proche, à quatre générations de nous environ. Prédation, effondrement de la biodiversité, changement climatique et pandémies émergentes, le monde (le nôtre) s'est effondré, pas sur un boom mais sur un murmure. Bien des humains sont morts dans les années de tribulation qui ont signé l’effondrement. Quelques-uns restent néanmoins. D'abord dans les lointains dômes, où les plus riches se sont apparemment réfugiés et où subsisteraient les merveilles de l'Ancien Monde (Cf. Exodes , de Jean-Marc Ligny) . Ensuite, plus nombreux, dans les ruines des villes, non loin d’une nature endommagée redevenue sauvage et donc dangereuse. Reid vit avec sa mère au sein d'une communauté qui tente de survivre dans ce qu'il reste d'Edmonton, précisément dans le campus de la ville. La jeune femme, comme sa mère, est porteuse du Cadastrulamyces , abrégé cad, un champignon parasite (Cf. The Last of Us ) qui se transmet de parent à enfant et finit par tuer son hôte non sans l’a...

Bifrost 101 - Dan Simmons and friends


Dans le Bifrost 101, il y a un gros dossier très complet sur Dan Simmons, les rubrique habituelles, et quatre nouvelles.


La Fièvre de Steve, de Greg Egan, est de ces textes dans lesquels l'auteur australien est le meilleur. Il y pousse au bout un concept techno-scientifique, s'y interroge sur les conséquences d'une situation inédite pour nous, et n'oublie jamais de rester centré sur la plausibilité de son "invention". Nanomachines, IA distribuée, plus anciens commensaux de l'homme ; ici la réponse n'est pas 42 et les souris n'y sont pour rien, mais le moteur de simulation imaginé par Egan est de ceux que lui seul pouvait inventer et faire tourner sans bug.


Je vous ai donné toute herbe, de Christian Léourier, est un nouvel avatar de la SF humaniste et planétaire de l'auteur français. Quand un projet de colonisation au long cours vire mal, il est nécessaire d'improviser pour tenter de sauver quelque chose du projet initial. Au prix parfois de la manipulation ou du mensonge. Jusqu'au moment où des humains hors-sol doivent accomplir leur destin humain : inventer un monde et un avenir.


Le Serveur et la Dragonne, de Hannu Rajaniemi, est aussi caractéristique de son auteur. Imaginative, brillante, sans limite aucune, elle est empreinte d'une inhumaine poésie, rendue par la traduction d'Apophis. Je reprends ici ce que j'en disais en 2015« The Server and the Dragon est une fort belle histoire de vaisseau routeur stellaire sentient souffrant de solitude et se créant un univers à aimer avant d’être conquis par un séduisant virus cosmique. On y retrouve une idée de spam intergalactique à la Existence ». Un texte qui parle autant au coeur qu'à l'esprit.


Enfin, La Barbe et les cheveux : deux morsures, de Dan Simmons, est une surprenant nouvelle de vampire, très réussie dans sa narration. Le texte de vampires est un genre dans lequel il est de plus en plus difficile d'innover, à fortiori en forme courte, et Simmons s'en sort très bien ici avec ce qu'il faut de mystère, d'innocence, de monstruosité, et de surprise.


Habituellement je ne parle ici que des nouvelles, mais je veux dire que le très bon article de Dominique Warfa sur le cycle Hyperion m'a donné furieusement envie de relire l'oeuvre qui m'avait ramené à la SF, il y a plus de trente ans.

Commentaires

Philfff a dit…
Un lien pour le dernier comment sur Hyperion ?
Gromovar a dit…
Aucun lien dispo, si j'ai bien compris votre demande.