The Apologists - Tade Thompson

The Apologists est une novella de Tade ‘Molly Southbourne’ Thompson, finaliste du BFSA Award 2025  (c’est mérité, ça mérite  même  mieux imho) . Elle est lisible là . Londres. Maintenant ? Bientôt ? Eve Stevens est une inspectrice de la police britannique. Elle vit avec Dane Russell, à l’évidence un artiste, peut-être un autiste. Alors que Dane travaille sur sa prochaine exposition, Eve est envoyée sur un double meurtre. La scène de crime est une maison. S'y trouvent une mère et sa fille. L’enquête commence. Eve s’y investit, au-delà même de son devoir. Phrases courtes au présent. Focalisation sur un point de vue. Primats des faits sur les sentiments. C’est le style qu’a choisi Thompson pour cette novella. Il est approprié. Dérangé d’abord par cette approche très minimaliste, le lecteur l’est encore plus quand il commence à réaliser que quelque chose ne va pas, que le monde d’Eve et Dane ne colle ni avec un maintenant connu ni avec un bientôt imaginable. Comme dans Les ...

Bifrost 101 - Dan Simmons and friends


Dans le Bifrost 101, il y a un gros dossier très complet sur Dan Simmons, les rubrique habituelles, et quatre nouvelles.


La Fièvre de Steve, de Greg Egan, est de ces textes dans lesquels l'auteur australien est le meilleur. Il y pousse au bout un concept techno-scientifique, s'y interroge sur les conséquences d'une situation inédite pour nous, et n'oublie jamais de rester centré sur la plausibilité de son "invention". Nanomachines, IA distribuée, plus anciens commensaux de l'homme ; ici la réponse n'est pas 42 et les souris n'y sont pour rien, mais le moteur de simulation imaginé par Egan est de ceux que lui seul pouvait inventer et faire tourner sans bug.


Je vous ai donné toute herbe, de Christian Léourier, est un nouvel avatar de la SF humaniste et planétaire de l'auteur français. Quand un projet de colonisation au long cours vire mal, il est nécessaire d'improviser pour tenter de sauver quelque chose du projet initial. Au prix parfois de la manipulation ou du mensonge. Jusqu'au moment où des humains hors-sol doivent accomplir leur destin humain : inventer un monde et un avenir.


Le Serveur et la Dragonne, de Hannu Rajaniemi, est aussi caractéristique de son auteur. Imaginative, brillante, sans limite aucune, elle est empreinte d'une inhumaine poésie, rendue par la traduction d'Apophis. Je reprends ici ce que j'en disais en 2015« The Server and the Dragon est une fort belle histoire de vaisseau routeur stellaire sentient souffrant de solitude et se créant un univers à aimer avant d’être conquis par un séduisant virus cosmique. On y retrouve une idée de spam intergalactique à la Existence ». Un texte qui parle autant au coeur qu'à l'esprit.


Enfin, La Barbe et les cheveux : deux morsures, de Dan Simmons, est une surprenant nouvelle de vampire, très réussie dans sa narration. Le texte de vampires est un genre dans lequel il est de plus en plus difficile d'innover, à fortiori en forme courte, et Simmons s'en sort très bien ici avec ce qu'il faut de mystère, d'innocence, de monstruosité, et de surprise.


Habituellement je ne parle ici que des nouvelles, mais je veux dire que le très bon article de Dominique Warfa sur le cycle Hyperion m'a donné furieusement envie de relire l'oeuvre qui m'avait ramené à la SF, il y a plus de trente ans.

Commentaires

Philfff a dit…
Un lien pour le dernier comment sur Hyperion ?
Gromovar a dit…
Aucun lien dispo, si j'ai bien compris votre demande.