On verra bien - Christophe Siébert

Après le lumineux Mickey et le Roi des pirates dans lequel tout finit par s'arranger, redescente sur Terre avec On verra bien de Christophe Siébert. Nouvelle déjà ancienne de Siébert, On verra bien  s'est appelée Tu es une pute avant d'être mertvecgorodisée. Elle est publiée aujourd'hui par la maisonette d'édition Ours . On verra bien commence mal, se poursuit mal, finit mal. C'est triste, crade, et malheureusement pas spécifique à Mertvecgorod. 20 pages d'abjection où se croisent dissociation, acceptation, et une modeste révolte ; mais reprochera-t-on à quelqu'un de n'aller pas plus loin que le maximum de ce qui lui est possible ? Cette petite histoire (format A6) qui rappelle qu'il vaut parfois mieux n'être la princesse de personne est publiée dans une version amoureusement cousue main par les amicaux tenanciers de la maison Ours. Un joli petit écrin pour une bien vilaine histoire, et une maisonette d'édition très sympathique qui p...

Niuniu - Baoshu


Dong Fang et Shen Lan sont un (encore jeune) couple dont le temps et la routine ont érodé la passion. Une nuit de dispute et d'orage, ils conçoivent Dong Qingwan, une petite fille qu'ils surnommeront Niuniu dans l'intimité et qu'ils aimeront profondément, tant Shen Lan que le d'abord plus circonspect Dong Fang.

L'histoire commence sur le souvenir de cette nuit particulière. Puis, le récit branche immédiatement après sur un moment de la vie du couple avec Niuniu. Et, bien vite, ce qui se donne à lire laisse comprendre que quelque chose, là, est bizarre (on ne sait pas quoi au début, et je ne le dirai donc pas ici).

Ne voulant pas spoiler, il m'est difficile d'être autre chose que vague. Qu'on sache juste que ce texte est touchant, qu'en peu de mots il dépeint très justement des sentiments forts, qu'il sait faire monter la tension quand elle est nécessaire, qu'il implique son lecteur dans les affres de la vie si particulière de Dong Fang (celui qui est narré à la troisième personne) au point qu'on compatit, au sens étymologique du terme.

C'est dans Clarkesworld 170 qu'on trouve cette nouvelle de Baoshu intitulée "Niuniu" - le surnom, pet name, de la petite fille. C'est un texte émouvant, doucement triste, qui livre quelques réflexions pertinentes sur le passage du temps, le vieillissement, la mortalité - et ce qu'elle fait tant à celui qui part qu'à celui qui reste.

Pour mémoire, Baoshu, est the "Three Body Problem" fanfic guy, auteur de La rédemption du temps. Il est par ailleurs diplômé de philosophie, ce qui transparait dans la manière dont il exprime les rapports entre temps et humanité en quelques phrases simples - on sent qu'il y a un peu réfléchi.

Niuniu, Baoshu

Commentaires

Christian a dit…
C’est en effet très triste mais glaçant en même temps.
Merci pour ce moment de lecture très touchant.
Gromovar a dit…
Tant mieux si tu as aimé.