De boue et de bois - Olivier Caruso in Bifrost 122

Dans le Bifrost 122, il y a aussi  une nouvelle absolument stupéfiante d'Olivier Caruso. « La chercheuse, surprise, observe le spécimen dans la cave : il mange un porte-bouteille » . C'est sur cet incipit digne des premières phrases du Vieil homme et la guerre , de John Scalzi, que s'ouvre  De boue et de bois , un texte de 24 pages d'une richesse insigne. Epoque victorienne. Angleterre. La chercheuse vit seule avec une domestique dans sa grande maison de famille. Près d'elle, dissimulé, le « spécimen » . Il se nourrit de bois et dit bientôt ses premiers mots !!! Qu'est-il ? D'où vient-il ? Qui sont ces gens ? Quelle est l'histoire de cette femme et de cette famille ? Comment tout cela s'insère-t-il dans l'histoire britannique ? Et en quoi la transforme-t-il ? Ce sont quelques questions, il y en a d'autres dans cette riche nouvelle. On y croise, dans ce qui semblait être une histoire intime – et l'est assurément –, la théorie de l'évol...

Rituel de chair - Graham Masterton


Ressortie en poche du "Rituel de chair", du maître de l'horreur Graham Masterton.

Années 80, Connecticut. Charlie McLean est un critique gastronomique cinquantenaire que sa vie sur les routes a fini par conduire au divorce. Il entame aujourd'hui une tournée d'inspection avec son fils adolescent Martin, dans l'espoir de créer avec lui le lien qu'il n'a jamais pris le temps de tisser.

Lors d'une étape, ils entendent parler du Reposoir, un restaurant français très exclusif que Charlie ne connait pas. Un lieu aussi qui a visiblement mauvaise réputation.
Piqué par cette découverte, Charlie se met en tête d'y manger en dépit de la fin de non recevoir qui lui est opposé. C'est alors que Martin commence à se comporter d'étrange manière, jusqu'à disparaître de leur chambre d’hôtel alors même que son père passe la nuit avec une femme rencontrée la veille. Fugue ou enlèvement, aucun doute dans l'esprit de Charlie. Confronté à l'inertie des autorités, il doit alors se mettre en marche pour retrouver son fils et le tirer des griffes du groupe qui le destine à une fin atroce.

Encore une fois, Masterton déçoit progressivement, de plus en plus, au fil des pages. Après un début aussi intrigant qu'inquiétant, presque weird, le récit et les rebondissements  - par leur ampleur sans cesse en croissance - deviennent de plus en plus invraisemblables, jusqu'à un final qui est une apothéose de l'invraisemblabilité - car à mobiliser une adversité colossale pour faire mousser le suspense on se retrouve obligé, après, à recourir à des résolutions proprement incroyables.

Si on veut voir un peu de positif, on notera une réflexion sur les dérives sectaires et l'emprise exercée par celles-ci sur des adolescents - la question était plus vive à l'époque, après le Guyana et avec la montée de Moon et de la Scientologie. On remarquera aussi la tentative de donner chair - sans jeu de mot - à un personnage de voyageur de commerce usé qui rappelle le Jean Rochefort de Tandem. Ca ne compense pas le reste du Barnum.
On fera mieux de lire La confrérie des mutilés, de Brian Evenson.

Etonnant de voir comme ses romans me font toujours la même impression.

Rituel de chair, Graham Masterton

Commentaires

TmbM a dit…
Mais finalement... pourquoi toujours y revenir si c’est à chaque fois une déception ?
Gromovar a dit…
De l'optimisme ?

Et puis, je n'y reviens pas très souvent quand même ;)