jeudi 26 juillet 2018

Bifrost 91 - Nouvelles


Le Bifrost 91 est un spécial Fictions, avec un conséquent cahier Nouvelles, ce qui est parfait pour les vacances (sont malins chez Bifrost ; et en plus ils sont beaux).

Sous une couverture où Manchu nous gratifie d'un vaisseau de profil;) j'ai trouvé certains textes dont j'ai envie de dire un petit mot ici.

Souvenirs de ma mère, de Ken Liu, montre l'auteur sino-américain inverser chronologie biographique et chronologie universelle pour une nouvelle très émouvante en seulement trois pages. Toujours impressionné par les gens qui font du très bon en très court (Matheson, je t'aime), toujours impressionné par le talent de Ken Liu (qui parle souvent de mère, « faudra venir s'allonger sur le divan un jour, mister »).

Trademark, de Jean Baret, est clairement trop prévisible pour être qualifiée de vraiment réussie (en JdR, elle serait ces pages d'intro qui donnent à voir une première fois le background).
Mais quel univers on y sent ! Un univers qui sera développé sous peu.
Dans la nouvelle, Baret installe un monde cohérent et dur qui exhale jusqu'à l’écœurement l'hyperconsommation, la misère sentimentale médiatisée par le sexe robotisé, et la surveillance généralisée. Un monde à la Transmetropolitan (ou à Urban, lisez Urban je le veux), un monde dans lequel on pourra se ruer sous peu car l'auteur sort TrademarkTM au Bélial le 13 septembre.
J'y plongerai avec passion et espoir, vous devriez aussi. En attendant, lisez l'appetizer que constitue Trademark, et pour patienter encore un peu, vous pouvez lire la passionnante interview de Jean Baret sur le site du Bélial (un homme qui cite Mandeville ne peut être foncièrement mauvais).

Carolyn Yves Gilman propose une nouvelle intitulée Voyage avec l'extraterrestre. On y voit une « invasion » alien pacifique et paisible qui croise par hasard la trajectoire de vie d'une femme un peu à la dérive. Emouvante, originale, la nouvelle inquiète aussi quand on comprend, à l'instar de l'héroïne, qu'il aurait fallu, pour le lecteur, regarder la Lune au lieu de se concentrer sur le doigt.

Enfin, La mort de John Smith, de Michel Pagel, est une merveilleuse histoire de détective en plein milieu de la fin du (d'un) monde. Immortels, vampires, vaisseaux spatiaux, cataclysme planétaire et néanmoins limité, suicidaires de tous poils, Pagel ne s'interdit rien dans ce récit jubilatoire qui évoque, tant dans le fond que dans la forme, la meilleure Pulp SF. A lire au bord de la piscine en sirotant un margarita.

C'est l'été. Mieux vaut lire Bifrost 91 que Télé 7 Jeux.


4 commentaires:

erwann a dit…

J'en déduis que ceux de Léo Henry et Olivier Caruso t'ont moins parlé…
Psychanalyser Ken Liu : sur la to-do list pour son prochain passage en France ;-)

Gromovar a dit…

Caruso, j'ai trouvé un peu vain (et twist évident).
Henry, j'y arrive jamais vraiment.
Mais j'ai aimé deux Français (dont un qui traduit Lieutenante), c'est vraiment pas mal ;)

Et Baret, génial (ceci dit, c'est un Marseillais).

Elblondo a dit…

Tellement d'accord en ce qui concerne Matheson. Je n'ai pas encore commencé à lire les nouvelles du dernier Bifrost

Gromovar a dit…

On en reparle alors ;)