Membre fantôme - Brian Evenson - Retour de Bifrost 119

En 2003, Brian Evenson frappait un grand coup littéraire avec sa novella The Brotherhood of Mutilation . Six ans plus tard, il donnait de ce texte une version longue avec le roman Last Days (sorti en français sous le titre La Confrérie des mutilés) . On y suivait les traces de Kline, un détective amputé du bras à la suite d'une affaire qui avait mal tourné, engagé pour trouver le coupable du meurtre du fondateur d'une secte inconnue jusqu'alors : La Confrérie des mutilés. D'investigations en interrogatoires (soumis à des contraintes aussi absurdes qu'invincibles) , Kline finissait par découvrir l'identité du meurtrier. Surtout, il se trouvait contraint de plonger dans un univers délirant et fanatique, un monde dans lequel les croyants amputent volontairement des parties de leur corps – le plus de parties étant le mieux, signe de foi et donc d'influence supérieures. Le monde clos des mutilés est religieux, paranoïaque, violent, organisé suivant une logique a...

De Cape et de Crocs 12 - Ayroles Masbou - Encore


Quel final ! Quelle classe ! Quel superbe dernier album pour la série De Capes et de Crocs que ce "Si ce n’est toi..." !

On avait laissé Eusèbe à Paris, tentant en vain de faire honneur à son nom et de répandre la justice. Mais que c’était difficile !
Dans ce second volume du diptyque, ses épreuves continuent en dépit de son immense bonne volonté. Dans la ville de l’iniquité et des complots, bien loin de la paisible campagne dont il vient, entre Fulgence le malandrin, Fagotin l’assassin, et les Grands qui se piquent de lui mais pour qui il n’est rien, sans oublier le mécaniste Malebranche (cf. Peter Watts), le pur et innocent Eusèbe est balloté comme un fétu de paille, sans cesse au cœur d’un danger dont il n’a même pas conscience - See no evil !
Et sa ressemblance avec le roi des voleurs n’aide guère, lançant sans cesse le gentil lapin de Charybde en Scylla puis de Scylla en Charybde, d’un complot à la tête de l’Etat jusqu’à une condamnation aussi injuste qu’involontairement prometteuse d’avenir (voir la suite de ce tome 12, à savoir le tome 1 de la série).

Je vais maintenant me répéter. Cette série est brillante. Ici encore il y a de l’aventure, de l’humour, de l’esprit, des bons mots à la pelle, des petits gags d’une réplique. Des références aussi, de Cyrano à la RATP (!) en passant par Chantal Goya (lire l’oraison de Bossuet et mourir !), et même une lecture politique possible. Il y a un Paris superbement décrit avec ses Grands, ses petits, ses gueux, ses filous, la Cour des Miracles, la Bastille. Et puis le vocabulaire, les vers, le style… Et le dessin, et les couleurs… Tout est bel et bon. On doit lire De Cape et de Crocs.

De Cape et de Crocs t12, Si ce n’est toi..., Ayroles, Masbou

Commentaires

Vert a dit…
Un de ces jours faudra que j'emprunte toute la série pour me remettre à jour. J'adore cette BD mais il faut prendre son temps pour la lire et je ne le trouve jamais...
Gromovar a dit…
Pendant des vacances. Tu en as bien ?
Vert a dit…
Oui, heureusement !
Baroona a dit…
Oh. Je m'étais arrêté, "logiquement", au 10, ne voulant pas commencer une nouvelle longue histoire... Mais si c'est seulement un diptyque, il faudra que je lise le 11 et 12 ! Pour toutes les qualités que tu cites et - peut-être surtout - pour Eusèbe... !
Gromovar a dit…
Tu dois. Pour Eusèbe.