No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

De Cape et de Crocs 12 - Ayroles Masbou - Encore


Quel final ! Quelle classe ! Quel superbe dernier album pour la série De Capes et de Crocs que ce "Si ce n’est toi..." !

On avait laissé Eusèbe à Paris, tentant en vain de faire honneur à son nom et de répandre la justice. Mais que c’était difficile !
Dans ce second volume du diptyque, ses épreuves continuent en dépit de son immense bonne volonté. Dans la ville de l’iniquité et des complots, bien loin de la paisible campagne dont il vient, entre Fulgence le malandrin, Fagotin l’assassin, et les Grands qui se piquent de lui mais pour qui il n’est rien, sans oublier le mécaniste Malebranche (cf. Peter Watts), le pur et innocent Eusèbe est balloté comme un fétu de paille, sans cesse au cœur d’un danger dont il n’a même pas conscience - See no evil !
Et sa ressemblance avec le roi des voleurs n’aide guère, lançant sans cesse le gentil lapin de Charybde en Scylla puis de Scylla en Charybde, d’un complot à la tête de l’Etat jusqu’à une condamnation aussi injuste qu’involontairement prometteuse d’avenir (voir la suite de ce tome 12, à savoir le tome 1 de la série).

Je vais maintenant me répéter. Cette série est brillante. Ici encore il y a de l’aventure, de l’humour, de l’esprit, des bons mots à la pelle, des petits gags d’une réplique. Des références aussi, de Cyrano à la RATP (!) en passant par Chantal Goya (lire l’oraison de Bossuet et mourir !), et même une lecture politique possible. Il y a un Paris superbement décrit avec ses Grands, ses petits, ses gueux, ses filous, la Cour des Miracles, la Bastille. Et puis le vocabulaire, les vers, le style… Et le dessin, et les couleurs… Tout est bel et bon. On doit lire De Cape et de Crocs.

De Cape et de Crocs t12, Si ce n’est toi..., Ayroles, Masbou

Commentaires

Vert a dit…
Un de ces jours faudra que j'emprunte toute la série pour me remettre à jour. J'adore cette BD mais il faut prendre son temps pour la lire et je ne le trouve jamais...
Gromovar a dit…
Pendant des vacances. Tu en as bien ?
Vert a dit…
Oui, heureusement !
Baroona a dit…
Oh. Je m'étais arrêté, "logiquement", au 10, ne voulant pas commencer une nouvelle longue histoire... Mais si c'est seulement un diptyque, il faudra que je lise le 11 et 12 ! Pour toutes les qualités que tu cites et - peut-être surtout - pour Eusèbe... !
Gromovar a dit…
Tu dois. Pour Eusèbe.