Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Retour de chronique : Le paradoxe de Fermi - Jean-Pierre Boudine

Retour de chronique du Bifrost 78

"Le paradoxe de Fermi" est une version corrigée du roman de Jean-Pierre Boudine publié en 2002. Treize ans après la V1, l’auteur ajoute certains développements que l’histoire récente (crise financière de 2007, accroissement des inégalités mondiales, ou progression incontrôlée de la menace climatique –éléments ayant conduit le 22/1 de cette année à une avancée de deux minutes de la célèbre Horloge de l’Apocalypse) rend incontournables.

En Pythie moderne, Boudine décrit les effets ravageurs d’une crise systémique débutant dans la finance puis s’étendant de proches en proches à tous les rouages d’une société technicienne devenue si complexe que le moindre défaut suffit à la faire s’écrouler. Il le fait à travers le journal, futile testament, d’un narrateur réfugié dans une grotte des Alpes pour fuir la menace mortelle que représentent ses derniers contemporains.

Boudine montre comment une division du travail poussée à l’extrême, une informatisation omniprésente et un défaut évident d’intégration sociale rendent les sociétés aussi fragiles que de très fins mécanismes d’horlogerie. Alors quand, au bout du déni, le réel s’écrase sur la face du monde, quand un système économique productiviste, inégalitaire, en surchauffe, finit par exploser, quand l’agressivité d’une espèce prédatrice, l’individualisme égotiste qui est au fondement de la nature humaine – Hobbes ?, et la dictature de l’immédiateté avec ses conséquences écologiques s’en mêlent, la danse sur le volcan finit inévitablement au fond de sa gueule.

Tout ceci Boudine le montre, sans guère de pathos, et il est difficile de prendre son raisonnement en défaut. Il en tire une solution simple, comme évidente, au célèbre Paradoxe de Fermi. La vie intelligente ne peut durer. Les civilisations techniciennes s’autodétruisent vite. C’est pour cela que nous n’en avons jamais rencontré aucune dans l’immense univers.

En accord total avec la thèse de Boudine, je ne trouve néanmoins pas son texte sans défaut. Froid, presque clinique, Boudine ne crée pas de personnages. On en sait un peu sur son narrateur, presque rien sur les autres. Aucun ne développe avec le lecteur une relation qui l’impliquerait. Très bref dans sa description de l’effondrement, il convaincra les convaincus tels que moi mais manque sûrement d’artifices rhétoriques pour faire basculer les indécis. Si on ne s’intéresse pas à ces questions, tout peut sembler trop rapide, trop explicitement didactique. A mi-chemin entre un roman comme l’Exodes de Ligny et un essai comme le glaçant The collapse of complex societies de Tainter, "Le paradoxe de Fermi" est au moins une bonne introduction à la fragilité d’un monde qui nous paraît acquis. En cela il est utile et méritoire.

Le paradoxe de Fermi, Jean-Pierre Boudine

Commentaires

lutin82 a dit…
Je me posais vraiment la question sur ce récit qui me paraissait glaçant. Tu as répondu à mes interrogations. Le monde est déjà très déprimant, je ne crois pas que c'est ma tasse de thé pour l'instant. Mais, je ne l'écarte pas définitivement car il a quand même un petit quelque chose...

Le paradoxe de Fermi n'est pas top... j'aurai préféré l’existence d'alien.
Gromovar a dit…
Concernant les aliens, parfois mieux vaut être seuls que mal accompagnés ;)