Spectres - Thomas Gunzig

Futur pas trop lointain. Léa est une physicienne brillante, de ces esprits qui révolutionnent le monde en initiant ce que Kuhn nommait un changement de paradigme. Ces esprits sont extraordinairement rares ; ils ont façonné l’état de la science telle que nous la connaissons aujourd’hui. Poussée par un mandarin qui l’inspire avant de lui voler sa découverte, Léa met au jour une autre dimension, à côté de la nôtre. D’abord profondément déprimée, Léa est remise en selle par une autre physicienne avec qui elle va travailler à « envoyer » de la matière de notre dimension dans le Plan Dimensionnel Secondaire. Financée à hauteur de plusieurs milliards de dollars par un milliardaire démesuré, l’expérience réussit au-delà de toutes les espérances. On peut envoyer et ramener de la matière entre les plans, on peut aussi le faire avec des êtres vivants sans conséquence négative. Il devient alors temps de rentabiliser l’investissement par l’envoi d’un complexe d’extraction minière lancé da...

X's for Eyes, Laird Barron, Inutile pochade

Avec "X’s for Eyes" (novella, 92 pages), Laird Barron revient à l’univers qu’il développait longuement dans l’excellent The Croning.

Notre monde en version peu décalée, de vieilles familles aussi riches que puissantes et mystérieuses, des pactes secrets avec de puissantes entités absolument étrangères, un mal ancien et incommensurable allié à de bien sinistres humains, plus quelques cultistes un peu stupides pour faire bonne mesure.

"X’s for Eyes" est l’histoire du coming of age de Macbeth et Drederick Tooms, deux frères adolescents et héritiers potentiels de leur puissante famille. Au cœur des années 50, ils se retrouvent mêlés, du fait de leur propre  malice psychopathologique, à une affaire qui les dépasse, impliquant, outre leur propre famille et son IA cristalline (!), un Sultan des Démons dansant stupidement au son de flutes folles. Il faudra survivre et comprendre pour espérer se sortir au mieux de ce pataquès.

Ca se veut lovecraftien, ça se veut pulp, ça se veut drôle. Problème : aucun des trois objectifs n’est atteint.

Tellement peu écrit qu’on dirait par moments ces résumés de l’histoire qu’on trouve au début des scénarios de jeu de rôle, "X’s for Eyes" n’est jamais drôle en dépit des efforts, laborieux au point d’en être douloureux, de Barron. N’est pas Stross qui veut, et "X’s for Eyes" est si loin de la Laverie que c’en est effrayant. Il n’y a pas non plus de patte lovecraftienne car, cookie-cutter et dépourvus d’historicité, les personnages n’inspirent rien, ni empathie, ni dégout. Enfin, pour ce qui est de l’aspect action/pulp, c’est plus de la frénésie stroboscopique que de l’énergie.

A éviter absolument.

X’s for Eyes, Laird Barron

Commentaires

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…
Tiberix : Bon sang, pareil. J'avais a-do-ré "The Croning", y compris dans son côté long, stagnant et suintant... Mais là j'ai cru à un roman YA (qui sont de fait un signe que la fin des temps est proche, quand les YA ne doivent pas lire Bukowski, mais plutôt des ersatz de Céline Dion -- oui je pense à JK. Rowling).

Bref, c'est une bouse. Re- : /
Gromovar a dit…
Dis-moi mon bon Jean Tégé, ce blog n'est pas une colonne Morris. Je supprime ton message de pub.
Gromovar a dit…
J'aurais dit YA aussi mais on va finir par croire que je fais une fixette.
Philippe a dit…
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Gromovar a dit…
Pas de pub ici. Je supprime.