Beneath the Trees Where Nobody Sees - Horvath

Woodbrook est une charmante petite ville de l’Amérique rurale. Les gens y sont bienveillants. Ils s’entraident. Ils vivent et travaillent ensemble en bonne intelligence. Dessinée en images enfantines (avec même une voix off écrite sur des fragments de cahier d’écolier) , peinte en couleurs pastels, Woodbrook nous est présentée par Samantha, l’ourse qui tient le magasin de bricolage et compte parmi les piliers de la communauté.  A Woodbrook, la vie est paisible, tout le monde se connaît, on n’y ferme pas sa porte tant la délinquance y est minuscule – sache, lecteur, qu’on n’y a noté aucun meurtre depuis quarante ans. Et voilà qu’un crime atroce est commis et mis en scène lors de la parade qui célèbre les deux cent ans de la ville. C’est toute la bourgade qui est bouleversée par cet acte impensable. Beneath the Trees Where Nobody Sees est un album de Patrick Horvath, lettré par Hassan Otsmane-Elhaou. Prenant son lecteur à contre-pied, il présente un petit paradis rural qu’il plonge ...

X's for Eyes, Laird Barron, Inutile pochade

Avec "X’s for Eyes" (novella, 92 pages), Laird Barron revient à l’univers qu’il développait longuement dans l’excellent The Croning.

Notre monde en version peu décalée, de vieilles familles aussi riches que puissantes et mystérieuses, des pactes secrets avec de puissantes entités absolument étrangères, un mal ancien et incommensurable allié à de bien sinistres humains, plus quelques cultistes un peu stupides pour faire bonne mesure.

"X’s for Eyes" est l’histoire du coming of age de Macbeth et Drederick Tooms, deux frères adolescents et héritiers potentiels de leur puissante famille. Au cœur des années 50, ils se retrouvent mêlés, du fait de leur propre  malice psychopathologique, à une affaire qui les dépasse, impliquant, outre leur propre famille et son IA cristalline (!), un Sultan des Démons dansant stupidement au son de flutes folles. Il faudra survivre et comprendre pour espérer se sortir au mieux de ce pataquès.

Ca se veut lovecraftien, ça se veut pulp, ça se veut drôle. Problème : aucun des trois objectifs n’est atteint.

Tellement peu écrit qu’on dirait par moments ces résumés de l’histoire qu’on trouve au début des scénarios de jeu de rôle, "X’s for Eyes" n’est jamais drôle en dépit des efforts, laborieux au point d’en être douloureux, de Barron. N’est pas Stross qui veut, et "X’s for Eyes" est si loin de la Laverie que c’en est effrayant. Il n’y a pas non plus de patte lovecraftienne car, cookie-cutter et dépourvus d’historicité, les personnages n’inspirent rien, ni empathie, ni dégout. Enfin, pour ce qui est de l’aspect action/pulp, c’est plus de la frénésie stroboscopique que de l’énergie.

A éviter absolument.

X’s for Eyes, Laird Barron

Commentaires

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…
Tiberix : Bon sang, pareil. J'avais a-do-ré "The Croning", y compris dans son côté long, stagnant et suintant... Mais là j'ai cru à un roman YA (qui sont de fait un signe que la fin des temps est proche, quand les YA ne doivent pas lire Bukowski, mais plutôt des ersatz de Céline Dion -- oui je pense à JK. Rowling).

Bref, c'est une bouse. Re- : /
Gromovar a dit…
Dis-moi mon bon Jean Tégé, ce blog n'est pas une colonne Morris. Je supprime ton message de pub.
Gromovar a dit…
J'aurais dit YA aussi mais on va finir par croire que je fais une fixette.
Philippe a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Gromovar a dit…
Pas de pub ici. Je supprime.