Le livre d'ailleurs - Reeves - Miéville

Il y a cinq ans, Keanu Reeves et Matt Kindt créaient la série de comics BRZRKR , dessinée par Ron Garney. Forte d’un vrai succès, elle est publiée en VF à partir de 2023. Voilà qu’arrive Au Diable Vauvert Le livre d’ailleurs , son adaptation en roman par Keanu Reeves, toujours, assisté cette fois de China ‘Perdido’ Miéville. Qu’en est-il ? Unute, aussi connu comme B, est un guerrier immortel. Né il y a 80000 ans environ, d’ascendance divine ou élémentaire, l’homme (?) a tout vu, tout vécu, tout fait. Il a connu quantité de civilisations successives, dont certaines ne subsistent que comme traces légendaires, voire qui ne sont jamais parvenues à la connaissance des humains que nous sommes. Et il se souvient de tout. A l’issue d’une sorte de marché avec l’armée US, il a été intégré dans une unité ultra-secrète, comme arme et objet de recherche à la fois. Arme car Unute est un guerrier d’exception, ultra-résistant aux blessures, capable de résurrection lors des ses rares décès, et suscepti...

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"Bowie, philosophie intime", du philosophe Simon Critchley est un vagabondage à travers les chansons de Bowie, censé permettre de tirer la substantifique moelle du personnage et de son inauthentique vérité.

Mouais.

On a surtout un long raconto (comme il y a des lamento) de la life de Critchley caractérisée par le fait pas si exceptionnel qu'elle a eu la musique de Bowie pour Bande Originale. Les chansons de Bowie font l'objet d'un commentaire composé sans grand génie, et je doute que quiconque (à moins de tomber de la planète Mars et de ne pas connaitre du tout le personnage) puisse apprendre quelque chose à cette lecture.

Bowie est donc inauthentique, sa vérité est dans l’interprétation, il se joue de tous les codes et refuse de choisir entre homme/alien, homme/femme, straight/gay, and so on... Il crée des personnages (Ziggy) pour les détruire ensuite, surhomme cherchant la destruction, and so on... Il écrit des dystopies ou des contre-utopies (l'auteur - ou le traducteur - ne semble pas arriver à se décider entre les deux termes), and so on... Et il cherche (mais c'est dur) l'amour.
On saupoudre (philosophe oblige) de David Hume (1 fois), de Simone Weil (1 fois), de l'adjectif heideggerien (1 fois), on utilise même être au monde (on n'ose pas écrire Dasein, le rocker est con), et on invoque le grand Friedriech. Et voila.

Cerise sur le gâteau, Critchley cite l'inscription que Bowie a fait mettre sur le bouquet funéraire de son demi-frère schizophrène Terry : "Tu as vu plus de choses que nous ne pouvons en imaginer, mais tous ces moments seront perdus - comme des larmes emportées par la pluie". Mais, en nullos qui n'a pas fait ses devoirs, il oublie juste de signaler que cette phrase sort du final de Blade Runner.

Je me souviens d'un "Rock'n'Philo", de Francis Métivier, qui n'était guère fameux, mais là c'est bien pire dans l'absence d'intérêt. Ma faute aussi, faut que j'arrête d'acheter des livres de philo rock et que j'utilise mon temps à en écouter plutôt. Surtout cette chanson et ses ultimes paroles.


Bowie, philosophie intime, Simon Critchley

Commentaires

Lorhkan a dit…
Je préférerais voir l'expo à Paris...
Gromovar a dit…
Moi aussi. Mais faut trouver l'occasion d'y aller.