Machine Vendetta - Alastair Reynolds

Tu connais mon blog, lecteur, tu sais qu’à chaque nouveau volume d’un même cycle mon envie de chroniquer décroît. Je vais donc traiter brièvement le tome conclusif de la saga Prefect Dreyfus Emergencies ; il s’intitule Machine Vendetta . Bref ne signifie pas insignifiant. Je vais donc t’apprendre, lecteur, que ce troisième ouvrage est à la hauteur des précédents, qu’il les surpasse même en ceci qu’il fait encore évoluer ses personnages tout en dénouant tous les fils de l’intrigue tissés depuis le début du cycle. Sans trop spoiler, sache que, au fil d’enquêtes sur une série de meurtres et d’attentats, on ira dans cet ouvrage jusqu’à la conclusion de la guerre d’usure entre IA surpuissantes entamée dans le tome 1 . Sache que l’ouvrage, comme son prédécesseur, peut être lu avec un œil politique. La division à l’intérieur du Glitter Band , les actions violentes qui opposent les radicaux de « communautés » présentées comme adverses, le poids des vieilles rancœurs et des péchés pas...

Dictateur d'opérette


Je ne suis pas un grand fan de Superman, je ne l’ai jamais été. Trop simple, trop monolithique, trop omnipotent à mon goût. Une sorte d’enfant à l’âme binaire dans un corps de géant. Ya qu'à voir sa sexualité...

Ceci explique peut-être pourquoi j’ai été très déçu par "Superman Red Son", une uchronie, parait-il, dans laquelle le bébé Kal-El serait tombé non aux USA mais en Union Soviétique. J’espérais voir le si pur héros se débattre au cœur du système soviétique et de ses luttes de pouvoir, être complice – involontaire ou pas – d’atrocités, participer personnellement à des actions stakhanovistes, découvrir, pourquoi pas, la vérité sur le système concentrationnaire soviétique, réaliser à la dure que « les faits sont têtus » (comme disait l’autre) et que tous les pouvoirs du monde ne sauraient suffire à faire du monde un paradis (Alan Moore l’avait déjà montré vingt ans avant me semble-t-il) – j’aurais dû comprendre où je tombais quand je vis Lex Luthor proposer une formule pour « équilibrer le budget fédéral », quelle imbécillité.
Mais non. Je n'ai rien vu de tout ça.

Ce qu’offre "Superman Red Son" c’est uniquement une sorte d’hommage au personnage original dans lequel il revisite lieux et personnages de la saga sous l’angle d’un autre développement historique dans lequel, hélas, rien n’est creusé sur le plan politique. Cet Otherland a sûrement charmé les fans de Superman qui y ont trouvé une occasion de voir le même sous les traits de l’autre. Il ne saurait satisfaire quelqu’un qui fondamentalement se fout de Superman mais qui aurait bien aimé voir quelle aurait pu être sa vie et sa trajectoire dans le monde dystopique de Staline.

Il paraît que Millar a voulu dénoncer par l’absurde la politique de Bush de War on Terror et d’Expansion de la démocratie. Ma foi… Il ne s'est pas beaucoup fatigué.

On notera des dessins pas géniaux sauf pour certaines planches très réussies dans le style "Réalisme soviétique". La couverture en est un bon exemple.

Superman Red son, Millar, Johnson, Plunkett

Commentaires

Efelle a dit…
Je l'avais feuilleté en librairie et n'avait pas été convaincu non plus. Bah, Superman c'est chiant de toute façon...
Gromovar a dit…
Yep. Pas mieux.
Lorhkan a dit…
J'avais bien aimé, mais je suis novice en Superman.^^
Par contre, je suis d'accord avec toi : le scénario ne va vraiment pas assez loin. Il y avait tellement mieux à faire...
Gromovar a dit…
Ah oui, il y aurait eu tant à raconter. L'URSS est plus un fond qu'autre chose dans ce comic. Dommage.