The Witling - Vernor Vinge - Les Traquenards de Giri

" The Witling " (Les Traquenards de Giri en VO ?!?) est le premier vrai roman du grand Vernor Vinge, publié en 1976. Giri, une planète sur laquelle vivent les Azhiri, un peuple humanoïde stocky aux puissants pouvoirs télépathiques. Les Azhiri communs peuvent « sentir » les structures ou les êtres, téléporter leur corps ou de la matière sur de grandes distances, tuer même en tordant l'usage de la téléportation. De ce fait, leur technologie est assez primitive, guère mieux que médiévale, tant leurs pouvoirs, de téléportation notamment, rendent inutiles de grands efforts de recherche dans le domaine des transports ou de l'armement. Pourquoi fabriquer des armes quand on tue par la pensée ? Pourquoi tracer des routes quand des lacs de transit suffisent ? Dans le même ordre d'idées, il n'y a en général pas de portes aux maisons – on se téléporte de pièce en pièce –, et le palais du Roi de l'été s'étend sur deux hémisphères quand celui du Roi de l'hiver

Retour de chronique : Ceux de l'autre rive - Christopher Buehlman

Retour de chronique publiée dans Bifrost 73

1935. La Grande Dépression est encore vivace aux Etats-Unis. L’économie est moribonde ; la misère est grande, surtout dans les zones rurales.

Dans ce contexte morose, Frank et Eudora, un couple en rupture de ban, s’installent à Whitbrow - petite ville de Géorgie dans laquelle Frank vient d’hériter d’une maison - pour y démarrer une nouvelle vie. Eudora remplacera l’institutrice de la ville et Frank prévoit de faire des recherches pour écrire la biographie de son terrifiant ancêtre local, un planteur esclavagiste, cruel et sanguinaire, assassiné lors de la révolte de ses esclaves. Le couple s’intègre lentement à la vie de Whitbrow et découvre, ce faisant, les étranges traditions de la petite ville et le mystère qui entoure la forêt de l’autre côté de la rivière. Vient un jour où une décision malheureuse de la communauté provoque une avalanche d’évènements terrifiants.

"Ceux de l’autre rive" est un premier roman, et il en a quelques-uns des défauts caractéristiques.

Quelques mots ou expressions trop modernes dans la bouche d’un narrateur des années 30, des personnages peut-être un peu trop contemporains dans leurs attitudes (même pour des intellectuels de la Côté Est), certains dialogues imparfaits, une motivation maléfique pas totalement réaliste. On pourra aussi lui reprocher une fin sans doute trop rapide, et qui, par certains côtés, fleure bon le jeu de rôle.

Mais il serait vraiment dommage de s’en tenir là.

"Ceux de l’autre rive" possède une bonne histoire, au rythme de progression très satisfaisant. Il parvient à être un roman de genre bien typé qui se camoufle assez longtemps comme tel, évitant ainsi l’écueil d’une catégorisation trop rapide tout en instillant dès l’abord un sentiment de malaise intense. Intrigant un lecteur qui n’a, longtemps, pas tous les éléments du mystère en main, il l’invite à croiser deux personnages principaux détaillés et attachants, ainsi qu’un nombre conséquent de seconds rôles pittoresques et hauts en couleur, dans une bourgade reculée de l’Amérique Profonde que la modernité n’a pas encore atteinte. Convaincant dans la description qu’il fait d’hommes simples dépassés par les évènements, Buehlman montre très bien la désagrégation rapide d’une petite communauté confrontée à une menace trop grande pour elle, et l’inefficacité de « civils » tentant de résister par la force à une adversité violente. N’est pas un vétéran de la grande Guerre qui veut ; seul Frank peut s’en vanter.
Ceux de l’autre rive, malgré ses défauts de jeunesse, est un ouvrage agréable et palpitant, un page turner très distrayant. Il y a dans ce premier roman quelque chose du Stephen King des débuts, quand il savait écrire court et inquiéter sans abuser d’effets gore, quand il savait aussi faire entrer le lecteur dans les rituels intimes d’une communauté sans l’abreuver de références pro domo. Quand à Buehlman, c’est un auteur dont il faudra suivre la maturation ; en France dès qu’aura été traduit son second roman : « Between two fires ».

Ceux de l'autre rive, Christopher Buehlman

Commentaires

Unknown a dit…
Intéressant ! Je note pour plus tard ^^
Gromovar a dit…
Bonne idée :)