Palaces of the Crow - Ray Nayler

Lituanie. 1941. L’opération Barbarossa . Toi et moi, lecteur, savons ce qui arrive. Les protagonistes du roman, assurément pas. Ces protagonistes dont je parle sont quatre jeunes personnes, entre l’enfance et l’adolescence, que le vent de la guerre emportera, transformera, cassera jusqu’à ce que ne restent que les vestiges de ce qu’ils furent ou auraient pu être. Qui sont-ils quand le roman commence ? D’abord (pas d’inquiétude, je ne spoile rien qui ne soit lisible dès l’abord du roman) Neriya, une brillante jeune fille juive de quatorze ans, qui perd sa famille quand le shtetl dans lequel ils passaient l’été est attaqué. Seule, elle fuit. Czeslaw, un très jeune soldat de l’Armée Rouge, d’origine polonaise (il a menti sur son âge pour pouvoir s’engager et soulager ainsi sa mère seule) . Czeslaw a perdu son unité et ses camarades. Déserteur, seul, il fuit. Kezia, une jeune Rom dont la famille est tuée sans motif aucun. Seule, elle fuit. Et Le Garçon, qui ne parle pas ou plus, que Kezia...

Ils ont rasé la Mésopotamie


Le tome V de l’Intégrale Sandman propose trois univers très distincts au lecteur.

D’abord, un récit, assez long, intitulé Ramadan. Très connu, il signe l’incursion du Rêve dans le monde des Mille et une Nuits. Au fil d’une histoire parfaitement maitrisée qui reprend les codes des contes orientaux dont Ramadan s’inspire - notamment le mélange de beauté et de cruauté qui caractérise la plus belle des villes ainsi que l’ennui et le trouble qui habitent le noble et sage calife Haroun Al-Rachid - il montre comment le Rêve accepte de rendre immortelle Bagdad, la perle de l’Orient. On voit ce qu’il en advient.

L’histoire remet tristement en mémoire le pamphlet de Bruno Etienne et Mohammed El-Ahnaf « Ils ont rasé la Mésopotamie ».

Puis vient un arc de six histoires intitulé La fin des mondes.

Une tempête de réalité secoue les mondes et pousse maints voyageurs de maintes réalités - y compris le centaure Chiron - à chercher refuge dans L’auberge de la fin des mondes. Certains en repartiront dès le calme revenu, d’autres choisiront d’y rester pour toujours. Durant leur séjour, alors que l'univers est en tourment, les réfugiés doivent chacun raconter une histoire aux autres, sur le modèle des Contes de Canterbury de Chaucer. Tous les contes ne sont pas d’égale qualité, néanmoins certains sont complexes, drôles, intrigants, ou beaux.

Citons notamment ceux sur la Faerie, le Président des USA (quand on lit ce que Gaiman dit de la genèse de cette histoire, on ne peut s'empêcher de penser au devenir de Syriza), ou la multiplicité des rites funéraires – ce dernier utilisant la technique des récits emboités.
On y entend aussi le non récit involontaire et très émouvant de cette Charlène de notre monde qui raconte, comme un cri de rage, sa vie de sarariwoman solitaire.

Enfin, un arc superbe, Les chasseurs de rêves.

Superbe d’abord du fait du dessin. Traité sur le mode de l’estampe japonaise en traits clairs et couleurs douces, situé dans ce Japon médiéval où se côtoyaient hommes, esprits, et dieux, l’arc est visuellement somptueux. Et puis il y a ce qu'on y lit. Une histoire très japonaise d’amour, de malédiction et de vengeance, qui met en scène un bon moine, une femme renard, et un bien maléfique sorcier. Impossible de résister à cette histoire ; il est presque impossible de résister aux femmes renards tant elle sont belles, aimables, et capable d’emportements amoureux. Ce n’est pas Kij Johnson qui me contredira.

L’ensemble est donc très satisfaisant.

Sandman L'Intégrale tome 5, Gaiman et al.

Ce roman participe au challenge Winter Mythic Fiction du RSF Blog

Commentaires

Vert a dit…
Arf on approche de la fin hélas...
Tu as eu l'occasion de voir la version d'Amano pour les Chasseurs de rêves ?
Gromovar a dit…
Nope. On peut la trouver où ?
Vert a dit…
En vf il me semble que les prix sont astronomiques en occas, en VO ça doit être plus abordable (ça doit pas te faire peur en plus ^^). Faut juste bien capter le roman illustré et pas le comic.
Lorhkan a dit…
Comme d'hab' avec Sandman, je ne lis pas ta chronique tant que je n'ai pas lu le volume correpsondant.
Je veux rester vierge avant ma lecture. :D

Ceci est donc un commentaire hautement utile ! ;)
Gromovar a dit…
Les commentaires, même peu utiles, sont toujours agréables :)