The Tyranny of Faith - Richard Swan

The Tyranny of Faith est le tome 2 de la trilogie entamée par Richard Swan avec La Justice des rois (en VF) . Pour la présentation du contexte, on peut cliquer ici. Pour ce qui est de ce deuxième tome, on sait (ou pas) que j’aime peu chroniquer les tomes n, d’autant que je ne résume jamais beaucoup l’histoire (ce n’est pas le point de ce blog, ça ne devrait être celui d’aucun chroniqueur de livre) . Que dire alors ? The Tyranny of Faith a les qualités de son prédécesseur. L’intrigue, qui était complexe, le devient encore plus, et l’ampleur du complot visant à renverser l’Empire se révèle peu à peu dans ses impressionnantes dimensions. Si l’histoire se développe, les personnages le font aussi, notamment la narratrice, Helena, dont les affres et tourments intérieurs sont largement exposés. La jeune femme grandit, devient adulte d’une certaine manière, en étant peu à peu forcée d’admettre que le monde et ceux qui l’entourent ne sont pas tout d’un bloc. Helena découvre dans la douleur ...

Du pain sur la planche


Lausanne, 2035. Un tueur en série assassine les membres les plus éminents de Grown Assurances, géant du secteur et promoteur des implants cérébraux IMProve. Ces implants accélèrent de manière importante capacités cognitives et computationnelles. Ce faisant, ils creusent une fracture s’élargissant entre implantés et « indigènes », et même entre possesseurs de générations successives. Qui assassine les pères de la puce IMProve ? Comment fait-il pour déjouer tous les moyens de surveillance ? Et pourquoi ces meurtres ? Sur la trace du tueur, un couple de flics au bout du rouleau, et deux agents privés de la compagnie.

Dans "33ème itération", le premier roman vraiment publié d’Yvan Bidiville, il y a une bonne idée. Très bonne même. Une idée qui, bien que différente, n’est pas sans rappeler celle de Gevulot développée dans le Voleur quantique. C’est donc une vraie belle idée de polar SF qu’a eu l’auteur.

Malheureusement, elle n’est pas mise en valeur par le roman.

D’une part, elle n’est pas assez utilisée, ni durant l’enquête, ni une fois que l’inspecteur a compris ce qu’il en était (ne pas spoiler signifie rester cryptique). L’auteur aurait pu imbriquer les poupées gigognes des indices incohérents jusqu’à la folie, il ne l’a pas fait.

D’autre part, elle se présente sur un background qui n’est guère plus qu’un décor alors qu’il y aurait eu matière à l’utiliser pour enrichir l’histoire (ne serait-ce que dans le cas des mercenaires musulmans par exemple et des intrications que ce cas pouvait présenter).

Enfin, et surtout, le style écrit a élevé un véritable mur entre l'histoire et moi. Le début est terriblement décevant sur le plan de l’écriture, presque rédhibitoire. Maladroit, convenu, on sent la volonté d’utiliser tout le vocabulaire du dégout, mais il manque le haut-le cœur stylistique de la révulsion. On est très loin du Lovecraft de « Horreur à Red Hook ». Le problème est identique lors des descriptions des hallucinations : volonté de bien faire, mais résultat décevant. Lausanne n’est visiblement pas l’Interzone. Par la suite, ça s’améliore un peu mais le style reste très appliqué, grammaticalement correct, et n’approche jamais la nervosité requise par ce type de récit. De plus, l’accumulation des métaphores, la plupart malheureuses, et certaines presque puériles, joue aussi contre un texte qui aurait mérité beaucoup de corrections.

Je ne doute pas que le contexte décrit (Suisse fasciste, islamophobie, corporation ordurière, flics anti-émeute abrutis et shootés, enquêteur noir au grand dam des racistes, gentils indignés pacifistes, il y a même un couple de lesbiennes, ne manque que le raton laveur) ait participé à l’accueil plutôt favorable qu’a reçu le roman, tant toutes les stations du calvaire vigilantiste ont été parcourues. Il m’en faudra plus.

Stylistiquement très imparfait, "33ème itération" a pour lui une idée originale. Ce n’est pas le cas de tous les romans publiés. A suivre donc. Mais avec grande prudence.

33ème itération, Yvan Bidiville

L'avis (plus positif) du Traqueur Stellaire

Commentaires

Je me le suis pris en numérique, je vais y jeter un oeil prochainement.
Gromovar a dit…
Tu me diras.
Alias a dit…
Ta chronique me refroidit un peu, du coup, mais je vais quand même me le lire un de ces quatre, ne serait-ce que par solidarité patriotique (encore que... c'est un Vaudois). ;)
Gromovar a dit…
Si tu regardes la chronique de Noosfere, elle est moins tranchée mais va dans le même sens.