Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Du pain sur la planche


Lausanne, 2035. Un tueur en série assassine les membres les plus éminents de Grown Assurances, géant du secteur et promoteur des implants cérébraux IMProve. Ces implants accélèrent de manière importante capacités cognitives et computationnelles. Ce faisant, ils creusent une fracture s’élargissant entre implantés et « indigènes », et même entre possesseurs de générations successives. Qui assassine les pères de la puce IMProve ? Comment fait-il pour déjouer tous les moyens de surveillance ? Et pourquoi ces meurtres ? Sur la trace du tueur, un couple de flics au bout du rouleau, et deux agents privés de la compagnie.

Dans "33ème itération", le premier roman vraiment publié d’Yvan Bidiville, il y a une bonne idée. Très bonne même. Une idée qui, bien que différente, n’est pas sans rappeler celle de Gevulot développée dans le Voleur quantique. C’est donc une vraie belle idée de polar SF qu’a eu l’auteur.

Malheureusement, elle n’est pas mise en valeur par le roman.

D’une part, elle n’est pas assez utilisée, ni durant l’enquête, ni une fois que l’inspecteur a compris ce qu’il en était (ne pas spoiler signifie rester cryptique). L’auteur aurait pu imbriquer les poupées gigognes des indices incohérents jusqu’à la folie, il ne l’a pas fait.

D’autre part, elle se présente sur un background qui n’est guère plus qu’un décor alors qu’il y aurait eu matière à l’utiliser pour enrichir l’histoire (ne serait-ce que dans le cas des mercenaires musulmans par exemple et des intrications que ce cas pouvait présenter).

Enfin, et surtout, le style écrit a élevé un véritable mur entre l'histoire et moi. Le début est terriblement décevant sur le plan de l’écriture, presque rédhibitoire. Maladroit, convenu, on sent la volonté d’utiliser tout le vocabulaire du dégout, mais il manque le haut-le cœur stylistique de la révulsion. On est très loin du Lovecraft de « Horreur à Red Hook ». Le problème est identique lors des descriptions des hallucinations : volonté de bien faire, mais résultat décevant. Lausanne n’est visiblement pas l’Interzone. Par la suite, ça s’améliore un peu mais le style reste très appliqué, grammaticalement correct, et n’approche jamais la nervosité requise par ce type de récit. De plus, l’accumulation des métaphores, la plupart malheureuses, et certaines presque puériles, joue aussi contre un texte qui aurait mérité beaucoup de corrections.

Je ne doute pas que le contexte décrit (Suisse fasciste, islamophobie, corporation ordurière, flics anti-émeute abrutis et shootés, enquêteur noir au grand dam des racistes, gentils indignés pacifistes, il y a même un couple de lesbiennes, ne manque que le raton laveur) ait participé à l’accueil plutôt favorable qu’a reçu le roman, tant toutes les stations du calvaire vigilantiste ont été parcourues. Il m’en faudra plus.

Stylistiquement très imparfait, "33ème itération" a pour lui une idée originale. Ce n’est pas le cas de tous les romans publiés. A suivre donc. Mais avec grande prudence.

33ème itération, Yvan Bidiville

L'avis (plus positif) du Traqueur Stellaire

Commentaires

Je me le suis pris en numérique, je vais y jeter un oeil prochainement.
Gromovar a dit…
Tu me diras.
Alias a dit…
Ta chronique me refroidit un peu, du coup, mais je vais quand même me le lire un de ces quatre, ne serait-ce que par solidarité patriotique (encore que... c'est un Vaudois). ;)
Gromovar a dit…
Si tu regardes la chronique de Noosfere, elle est moins tranchée mais va dans le même sens.