The Traveler - Joseph Eckert

Scott Treder est un gars normal. Il est marié à Amy. Ils ont un fils de sept ans, Lyle. Il est informaticien. Et ce matin d’avril, comme tous les matins, il part en voiture à son travail. A 7 heures 52 précises, Scott Treder cesse définitivement d’être un gars normal. Impression de glissement et… plus de voiture ! Scott – dont la quantité de mouvement n’a pas changé – se retrouve en l’air, à quelques centimètres du bitume, lancé à 30 km/h environ. Scott, rattrapé par la pesanteur, chute sur l’asphalte, où il culbute et se blesse avant de manquer se faire écraser par une voiture en mouvement apparue derrière sa position. Ce phénomène incompréhensible trouve vite une explication qui ne l’est pas moins : Scott a avancé dans le temps d’une journée entière, passant du 13 avril au 14, même heure, même lieu. Rentrant chez lui, il retrouve une femme et un fils morts d’inquiétude. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que ces sauts temporels vont se répéter, jour après jour, toujours à la même ...

The Weird anthology (note 6)


Acheté il y a peu la colossale anthologie "The Weird", dirigée par les Vandermeer (on peut trouver pire comme anthologistes). 1152 pages, 110 nouvelles et autant d’auteurs, un siècle d’envergure, 1,4 kilo (on comprend mieux l’exquis dessin de Karl Lagerfeld ci-dessous). Et, last but not least, British Fantasy Award 2012 de la meilleure anthologie.

Deux belles introductions de Moorcok et de Jeff Vandermeeer définissant le Weird, comme (je résume de nombreuses page en deux mots, c’est donc réducteur) du « fantastique étrange ».

Quelques noms d’invités : Kafka, Lovecraft, Gibson, Miéville, Borges, Walpole, Leiber, Link, Tuttle, Gaiman, etc… (il y en a 100 de plus dans l'ouvrage).

Je la lirai au fil de l’eau, une ou deux nouvelles entre chaque gros livre, comme on mange du gingembre entre deux sushis différents. Et parfois, j’en dirai un (bref) mot ici, car on peut se procurer certains de ces textes, même sans acheter l’anthologie.


Replacements, de Lisa Tuttle, décrit l’éviction progressive d’un mari par sa femme, au profit d’une petite créature étrangère qu'elle a trouvée dans la rue et ramenée à la maison pour en prendre soin.
Difficile de ne pas penser aux recompositions, souvent douloureuses, qui suivent la naissance d’un enfant. D’autant que le personnage féminin de Tuttle tient, à un moment donné, un discours qui rappelle irrésistiblement celui de Clémentine à Angel, dans « L’arrache cœur » de Vian, lorsque celui-ci réalise qu’il ne touchera plus sa femme, nouvellement mère, et qui se conclut par « Tu ne m’aimes plus…, dit tristement Angel. Plus comme ça, dit-elle. »

Replacements, Lisa Tuttle

Commentaires

Guillmot a dit…
Houla, du Lisa Tuttle, je passe pour ma part.
Gromovar a dit…
Bad you tsk tsk !

Et je crois vraiment que pour en tirer la substantifique moelle il faut avoir vécu la transformation d'une femme en mère.

C'est un peu comme la nouvelle "L'heure en plus" dans "Ainsi naissent les fantômes" qu'on ressent plus fortement si on l'a vécue peu ou prou.
Gromovar, partenaire officiel de la diminution de la natalité.
Gromovar a dit…
On est déjà trop de toute façon ;-)
Guillmot a dit…
Et voilà, j'suis trop macho :D
Tigger Lilly a dit…
J'espère que j'aurai l'occasion de lire cette nouvelle : Lisa Tuttle j'en redemande !
Lune a dit…
Il est vrai que Lisa Tuttle parle superbement bien de la femme et, je m'en rends compte maintenant, de la mère.
Gromovar a dit…
Parfaitement d'accord :)