Dissipatio H.G. - Guido Morselli

« Il suffit d'un peu de courage.  Plus la douleur est déterminée et précise, plus l'instinct de la vie se débat, et l'idée de suicide tombe.  Quand j'y pensais, cela semblait facile. Et pourtant de pauvres petites femmes l'ont fait. Il faut de l'humilité, non de l'orgueil.  Tout cela me dégoute.  Pas de paroles. Un geste. Je n'écrirai plus. » Ces phrases, les dernières du Métier de vivre de Pavese, sont écrites neuf jours avant son suicide. Cette « idée de suicide », ce désir de mort, le narrateur anonyme de " Dissipation H.G. " les partage. Mais lui recule, n'utilise pas sa « fiancée à l’œil noir », et lorsqu'il sort de la grotte où il pensait mettre fin à ses jours, il réalise qu'il est maintenant seul sur Terre. Que toute l'humanité a disparu. Que ne reste plus que lui dans un monde vide d'hommes. " Dissipatio H.G. " est le journal de son expérience, vécue entre un village de montagne et la ville proche de Zuri

La bête autophage


Staline est mort. Reste à lui trouver un successeur et à lui faire des funérailles digne de sa quasi-divinité.
Après les manœuvres et les traitrises du premier tome, les hommes à la tête du pouvoir soviétique doivent réussir la transition, passer à l'après-Staline. Un après-Staline dont Béria, chef impitoyable du NKVD, devenu MVD en 46, se verrait bien être le maitre d'oeuvre. Encore plus au centre de ce volume que du premier, manipulant les uns et les autres, il réussit à neutraliser le conseil des ministres et à contrôler, de fait, l'URSS durant quelques mois, avant d'être démis puis fusillé lors d'une prise de pouvoir orchestrée par Nikita Khrouchtchev. Lors de ces quelques mois, et alors que l'élimination de Béria se prépare en coulisse, des listes de proscription sont aussi établies pour remplacer non seulement les cadres du MVD, ceux fidèles à Béria le suivant devant le peloton d'exécution, mais aussi les responsables communistes proches de celui-ci hors de Russie, en Georgie ou en Allemagne de l'Est, entre autres. Le stalinisme finit, place à la déstalinisation. C'est aussi le moment où la fille unique de Staline, Svetlana Allilouïeva rompt avec le souvenir de son père, des années après avoir rompu avec l'homme (elle finira d'ailleurs par fuir aux USA), et où son fils survivant Vassili Djougachvili, général d'aviation alcoolique et incompétent, est écarté de la vie publique.
Notons que la belle unanimité des conjurés autour de Khrouchtchev éclatera assez rapidement, mais c'est une autre histoire.
Toujours aussi cynique, dur, et proche de la folie, ce tome conclusif de la série "La mort de Staline" décrit un panier de crabes diaboliquement dangereux et néfastes. Le dessin, et surtout les couleurs, suivent et soutiennent un récit de qualité.
La mort de Staline, t2, les funérailles, Nury, Robin

Commentaires

Guillaume44 a dit…
Je l'ai lue ce week-end, bien apprécié.
Gromovar a dit…
Là je lis le t5 du Trone d'argile et c'set une superbe BD historique.
Efelle a dit…
Je suis tenté.
Gromovar a dit…
Laisse-toi faire, je le veux !