No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Mais je t'aime Manon


Dans le magistral "The Collapse of Complex Societies", Joseph A. Tainter décrit l'effondrement comme "la perte rapide et significative d'un niveau établi de complexité sociopolitique". L'effondrement se caractérise, si je résume, par moins de différenciation sociale, moins de division du travail, moins de contrôle centralisé, moins de contrôle social, moins d'investissement dans le "superflu" (art, littérature, etc...), moins de circulation d'informations, moins d'allocation des ressources, moins de coordination, le tout sur un plus petit territoire. C'est, de ce fait, un processus éminemment politique, même s'il peut avoir des répercussions dans d'autres domaines, économiques, sociétaux, artistiques, par exemple.
Dans cette optique, "Le porteur d'eau" de Jean-Marc Ligny est une superbe nouvelle sur une société effondrée, à cause principalement du réchauffement climatique.
L'auteur décrit, en maints détails réalistes, un paysage asséché et une civilisation en voie de disparition : villages isolés, no man's land, bandes de maraudeurs, enclave encore "civilisée" ; chacun tente de survivre, par tous les moyens même les moins ragoûtants. Ligny décrit l'agonie, la sauvage anarchie, l'ordre dictatorial et illégitime. Il place dans son monde une belle histoire de courage et d'abnégation, cruelle comme on peut penser que le serait le monde dans lequel elle se déroule. On lui pardonnera le choix un peu puéril de nommer l'enclave Davos, tant la nouvelle est réussie, et transporte littéralement le lecteur dans un monde effrayant qui sera peut-être le nôtre.
On peut télécharger gratuitement (mais on peut aussi contribuer financièrement) "Le porteur d'eau" sur le site du Bélial. Et c'est encore plus agréable à lire si on a un reader.
Le porteur d'eau, Jean-Marc Ligny

Lu dans le cadre du Challenge Fins du Monde de Tigger Lilly

Commentaires

Efelle a dit…
Lu dans un Bifrost, j'avais bien aimé.
Guillmot a dit…
Lu aussi dans Bifrost à l'époque, très belle nouvelle.
Gromovar a dit…
J'ai tellement aimé que j'achèterai Aqua tm aux Utos.
Efelle a dit…
C'est vrai que tu n'avais pas encore passé ce cap... :)
Unknown a dit…
pourquoi personne ne fait de SF où les hommes se tiennent par la main dans des jardins verdoyants et aux rivières limpides ?
Gilles Dumay a dit…
Ca s'appelle Avatar, non ?
Tigger Lilly a dit…
C'est pas du postapo ça ? *sifflote*

Tu l'as acheté alors aqua tm ?

Sympa cette nouvelle, je l'avais lue dans Bifrost aussi (numéro je sais plus combien, qui était consacré à Ligny justement).
Gromovar a dit…
Tu as raison, j'ai oublié. Je corrige demain. Et non, comme un con, j'ai oublié Aqua TM.