No time to waste : Docteur Fatalis - Brubaker

Un zeste de Diablo , un soupçon de Docteur Strange , un fumet de Ghost Rider , le tout nappé d'un invraisemblance rarement égalée. L'origin story de Docteur Fatalis par Brubaker n'est guère brillante. Voir un tzigane en roulotte développer des machines complexes qui nécessitent forcément des matériaux rares et chers ainsi que de l'appareillage de précision est profondément absurde. Cela empêche d'entrer dans une histoire qui impose une trop forte suspension d'incrédulité (et pourtant, je suis plutôt bien doté de ce côté-là) . Voir un personnage aussi irrémédiablement mauvais grandir sans jamais la moindre nuance, c'est peu excitant sur le plan dramatique. La messe est dite dès la première page et ce n'est pas le twist final inutile qui sauve l'ensemble de l'ennui. Docteur Fatalis, Brubaker, Raimondi

Angle Mort 4

Sortie récente du toujours très bon Angle Mort n°4, achetable ici pour 2,99 €. A ce niveau, ce n'est plus un prix, c'est une p.a.f.

On y trouve d'abord un édito "Comme chacun le sait, les lecteurs de science-fiction sont tous, au pire, des nerds asociaux, des cosplayers aux déguisements puérils, des geeks passionnés, des ados boutonneux à la pomme d’Adam surdimensionnée, au mieux, des scientifiques rêveurs, des intellectuels excentriques qui ont raté la gloire, voire des ufologues à temps partiel. Ils sont aussi mâles, en grande majorité. Et gros, évidemment, nous avons failli l’oublier.", toujours excellent, qui affirme que la SF devrait faire partie de la panoplie de tout honnête homme en formation, et s'interroge sur la nécessaire réforme de l'illustration de couverture en littérature de l'imaginaire. Je ne peux qu'être d'accord. Exemple :




Quand on voit ça, on se dit que c'est le meilleur moyen pour rester célibataire (et puceau) à vie.

Puis 4 nouvelles :

Dieu, vu de l'intérieur, de Jean-Claude Dunyach m'a rappelé l'aphorisme de Coluche "Dieu, c'est comme le sucre dans le lait chaud, il est partout et on ne le voit pas, et plus on le cherche, moins on le trouve". Je ne suis sûrement pas assez astrophysicien pour avoir apprécié à sa juste mesure.

Sale n..., de Ted Kosmatka est un émouvant récit dans lequel s'entremêlent lutte pour les droits civiques, racisme, et passage de témoin. Aussi proche du Malcolm X de Spike Lee que des X-Men de Stan Lee (non, ils ne sont pas frères), sauf qu'ici c'est des N-Men dont il est question, pas l'étape d'après mais celle d'avant.

Dahut, d'Hélène Marchetto est une jolie petite histoire racontant les derniers jours de la princesse Dahut d'Ys. Surranée, donc joliette.

La voix de son maitre, de Hannu Rajaniemi, le prodige finlandais dont le Net dit tant de bien. Il traite de la question des DRM sur le vivant dans un délire cyberpunk dont les héros sont un chien et un chat augmentés. L'homme est visiblement à la hauteur de sa réputation, il faudra que je lise très vite The Quantum Thief, son premier roman.

Commentaires

Elessar a dit…
Tiens, c'est marrant, les deux couv que tu mets sont dans ma bibliothèque et pourtant je ne suis plus seul (ni puceau :p) depuis un moment.
Comme quoi hein, tout peut arriver ^^