Hyde Street t1 - Johns - Reis

Hyde Street, une rue qui existe en tout lieu et à toute époque. Dans cette sorte de purgatoire organisé et managé par un être mystérieux nommé le Compteur atterrissent les âmes viles en attente de traitement. A Hyde Street, elles devront être damnées, définitivement tuées, ou, rarement, absoutes. Ce sont les démons qui la hantent qui se chargent de l'orientation finale. Ces derniers y ont grand intérêt ; en effet, après 10000 âmes traitées sans absolution, chaque démon – des ex-humains à l’âme noire sélectionnés par le Compteur pour être ses agents sur Hyde Street – pourra revenir sur Terre avec, en prime, ce qu’il peut souhaiter. Les démons de Hyde Street sont hauts en couleurs. On compte dans leur rang Mr X-Ray (un publicitaire des 60’s, cynique et mauvais père) , Pranky (un boy-scout des 50’s, enfant martyrisé et tueur en série) , Le Monstre Mutique (acteur de rôles de monstres chez Universal, tueur par accident en raison d’une paranoïa aiguë liée à sa carrière peu glorieuse) , ...

Hobbes à Fukushima


Les éditions ActuSF publient de nouveau un maître étranger, après Moorcock, avec ce "Jackpots", qui renferme quatre nouvelles de Robert Heinlein, dont une inédite en France.
Après une préface plutôt biographique d'Eric Picholle (qui m'a aimablement dédicacé le recueil, une bonne raison pour précommander chez ActuSF), le premier texte est "Sous le poids des responsabilités". Dans l'espace on est en apesanteur, sauf si on accélère. Et plus on accélère fort, plus c'est douloureux. C'est le devoir qu'Heinlein met ici en exergue, le sens du sacrifice dont font montre certains dans les situations de crise. On ne pourra s'empêcher de penser aux liquidateurs de Tchernobyl, aux ouvriers de Fukushima, ou aux marins du K-19, dont la sacrifice, en pleine guerre froide, est injustement méconnu.
"Solutions non satisfaisantes" est le gros morceau du recueil. Renseigné et visionnaire, Heinlein y décrit, quelques années avant l'heure, la terreur atomique, et y invente, bien avant tout le monde, le concept de "bombe sale". Face à la menace d'anéantissement, Heinlein ne peut imaginer qu'une solution (non satisfaisante) hobbesienne.
"La création a pris huit jours", inédit, aurait pu le rester. C'est fortéen certes, mais pas d'affect, pas d'explication, dans ce texte dont on sort comme on y est entré.
"Une année faste" parle à mon coeur économique. L'application extrémiste que fait Heinlein de la théorie des cycles et du déterminisme statistique lui permet d'écrire un texte amusant, à la fin enlevée.

Au final, un recueil plaisant, avec ce mélange de gravité "Folamour" et de légèreté "American Graffiti" qui est le propre de l'âge d'or.

Jackpots, Robert Heinlein

Commentaires

Guillaume44 a dit…
Ha, voila une chouette première chronique que je croise sur ce recueil ! Et il semble bien correspondre aux exigences que j'espérais y trouver (je suis en retard dans mes lectures d'Heinlein, la faute à la PAL).

Je rajouterais juste que le sens du devoir face à "l'atome fou" civil ou militaire mis en avant dans cette nouvelle vraiment majeure de l'œuvre d'Heinlein se retrouve aussi dans Histoire du Futur : avec « Blowups Happen » (nucléaire civil) et « The Long Watch » (où en plein putch d'officiers militaires, le dernier homme loyal joue les liquidateurs en sacrifiant sa vie pour désamorcer les ogives nucléaires entre les mains des rebelles).

Je suis d'accord avec ta citation des anonymes de Tchernobyl, Fukushima et du K-19, la liste n'est hélas pas clause. Heinlein est un auteur à relire à l'heure actuelle, en plein débat nucléaire.
Gromovar a dit…
Il faudra que je me procure ces deux nouvelles.
Efelle a dit…
Faudra que je me le prenne finalement...