Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Le propre de l'Homme


Wolfgang Sofsky est un professeur de sociologie allemand à l'Université de Munich. Son "Traité de la violence" rassemble huit cours, légèrement remaniés. De ce fait, il n'y a pas d'unité structurelle à l'ouvrage. Huit chapitres, largement indépendants, se succèdent, et c'est le thème abordé, la violence, qui sert de fil conducteur.
Sociologue sans donnée, Sofsky écrit un peu comme un philosophe et c'est à une anthropologie de la violence qu'il nous convie. Chaque chapitre constitue une causerie sur un point précis, proche de ce que ferait un universitaire en petit comité. De ce fait, l'ouvrage est assez inhabituel, ni vraiment un texte académique, ni vraiment un essai. Le style de l'auteur rappelle fortement le Norbert Elias de "La civilisation des moeurs" ou de "La dynamique de l'Occident". Sofsky débute chaque partie par une fable ou un exemple historique pour introduire le propos qu'il va développer dans les pages suivantes, reprenant en cela une méthode utilisée par certains philosophes du passé, notamment Hobbes auquel Sofsky fait implicitement référence.
L'absence de but affiché de l'ouvrage, son aspect fragmenté, déroutent au début. Puis, les pages défilant, on se retrouve happé par la clarté de sa pensée, passionné par son sujet et la maitrise qu'il en étale sous les yeux du lecteur. En huit textes courts il analyse les rapports entre violence, ordre, révolution, arme et violence, violence et passion. Il décrit et distingue les mécanismes de torture, d'exécution, de massacre de masse. Il montre comment ceux qui sont victimes sont changés à jamais (on pense à La jeune fille et la mort de Roman Polansky), et quels sont les processus qui président aux actes violents. Enfin, dans un final lumineux, Sofsky pose se thèse : Culture et Violence ne sont pas antinomiques, au contraire la Culture fournit outils et justification idéologique à ce qui est le propre de l'Homme.
Profondément pessimiste, hobbesien dans l'esprit, le travail de Sofsky remplit une fonction de dévoilement. Après Turner, il n'était plus possible d'ignorer le fog londonien et ses multiples aspects ; après Sofsky, la violence devient une réalité perceptible et compréhensible.
Traité de la violence, Wolfgang Sofsky

Commentaires

arutha a dit…
j'aurais bien été tenté mais j'ai plein de trucs débiles à lire donc beaucoup plus urgents.
Gromovar a dit…
C'est ça le problème avec les livres, pas l'argent mais le temps. Ce qui prouve d'ailleurs que temps et argent sont équivalents.
Gromovar a dit…
Que faut-il en déduire ?
Munin a dit…
Qu'il faut que tu te mettes à bloguer aussi sur de la poésie ?...