Mignola - Nixey - Batman La Malédiction qui s'abattit sur Gotham

Sous une couverture aux couleurs passées qui évoque un pulp trop souvent manipulé se trouve La Malédiction qui s'abattit sur Gotham , un petit bijou de Mike Mignola, Richard Pace et Troy Nixey publié en français chez Urban Nomad dans une traduction d'Alex Nikolavitch. 1928. Antarctique. L'Argo, un navire commandé par le jeune milliardaire Bruce Wayne, aborde les côtes de la terre Victoria. Il y retrouve les restes de l'expédition du professeur Cobblepot, de l'université de Gotham. Pris par les glaces, le navire scientifique de Cobblepot est immobilisé. Cela n'a rien d'étonnant. Ce qui l'est, en revanche, c'est l'état de l'équipage. Tous les hommes sont retrouvés morts par Wayne et ses associés (Dick Grayson et Tim Drake notamment) , sauf le professeur Cobblepot, disparu, et un dénommé Grendon, qui a l'air plus mort que vif. Recherches terminées, malgré une issue peu satisfaisante, l'Argo retourne à Gotham. Il ramène Grendon, sauvé in ...

Le propre de l'Homme


Wolfgang Sofsky est un professeur de sociologie allemand à l'Université de Munich. Son "Traité de la violence" rassemble huit cours, légèrement remaniés. De ce fait, il n'y a pas d'unité structurelle à l'ouvrage. Huit chapitres, largement indépendants, se succèdent, et c'est le thème abordé, la violence, qui sert de fil conducteur.
Sociologue sans donnée, Sofsky écrit un peu comme un philosophe et c'est à une anthropologie de la violence qu'il nous convie. Chaque chapitre constitue une causerie sur un point précis, proche de ce que ferait un universitaire en petit comité. De ce fait, l'ouvrage est assez inhabituel, ni vraiment un texte académique, ni vraiment un essai. Le style de l'auteur rappelle fortement le Norbert Elias de "La civilisation des moeurs" ou de "La dynamique de l'Occident". Sofsky débute chaque partie par une fable ou un exemple historique pour introduire le propos qu'il va développer dans les pages suivantes, reprenant en cela une méthode utilisée par certains philosophes du passé, notamment Hobbes auquel Sofsky fait implicitement référence.
L'absence de but affiché de l'ouvrage, son aspect fragmenté, déroutent au début. Puis, les pages défilant, on se retrouve happé par la clarté de sa pensée, passionné par son sujet et la maitrise qu'il en étale sous les yeux du lecteur. En huit textes courts il analyse les rapports entre violence, ordre, révolution, arme et violence, violence et passion. Il décrit et distingue les mécanismes de torture, d'exécution, de massacre de masse. Il montre comment ceux qui sont victimes sont changés à jamais (on pense à La jeune fille et la mort de Roman Polansky), et quels sont les processus qui président aux actes violents. Enfin, dans un final lumineux, Sofsky pose se thèse : Culture et Violence ne sont pas antinomiques, au contraire la Culture fournit outils et justification idéologique à ce qui est le propre de l'Homme.
Profondément pessimiste, hobbesien dans l'esprit, le travail de Sofsky remplit une fonction de dévoilement. Après Turner, il n'était plus possible d'ignorer le fog londonien et ses multiples aspects ; après Sofsky, la violence devient une réalité perceptible et compréhensible.
Traité de la violence, Wolfgang Sofsky

Commentaires

arutha a dit…
j'aurais bien été tenté mais j'ai plein de trucs débiles à lire donc beaucoup plus urgents.
Gromovar a dit…
C'est ça le problème avec les livres, pas l'argent mais le temps. Ce qui prouve d'ailleurs que temps et argent sont équivalents.
Gromovar a dit…
Que faut-il en déduire ?
Munin a dit…
Qu'il faut que tu te mettes à bloguer aussi sur de la poésie ?...