The Tyranny of Faith - Richard Swan

The Tyranny of Faith est le tome 2 de la trilogie entamée par Richard Swan avec La Justice des rois (en VF) . Pour la présentation du contexte, on peut cliquer ici. Pour ce qui est de ce deuxième tome, on sait (ou pas) que j’aime peu chroniquer les tomes n, d’autant que je ne résume jamais beaucoup l’histoire (ce n’est pas le point de ce blog, ça ne devrait être celui d’aucun chroniqueur de livre) . Que dire alors ? The Tyranny of Faith a les qualités de son prédécesseur. L’intrigue, qui était complexe, le devient encore plus, et l’ampleur du complot visant à renverser l’Empire se révèle peu à peu dans ses impressionnantes dimensions. Si l’histoire se développe, les personnages le font aussi, notamment la narratrice, Helena, dont les affres et tourments intérieurs sont largement exposés. La jeune femme grandit, devient adulte d’une certaine manière, en étant peu à peu forcée d’admettre que le monde et ceux qui l’entourent ne sont pas tout d’un bloc. Helena découvre dans la douleur ...

Deuil pour tous les peuples


C'est par ces mots que l'Humanité annonça la mort de Joseph Staline. Quelques jours plus tard, Les lettres françaises publiaient en première page un portrait-hommage de Staline par Picasso. Aragon le lui reprochera en ces termes : « on peut inventer des fleurs, des chèvres, des taureaux, et même des hommes, des femmes - mais notre Staline, on ne peut pas l’inventer. Parce que, pour Staline, l’invention – même si Picasso est l’inventeur – est forcément inférieure à la réalité. Incomplète et par conséquent infidèle. ». Ca donne une idée, je crois, de l'ambiance de l'époque.
"La mort de Staline, Agonie" du duo Nury, Robin, sera un diptyque dont le premier volet vient de sortir. Il raconte en mêlant faits avérés et fiction les sept jours qui se sont écoulés entre le malaise de Staline et l'annonce de sa mort. Durant cette semaine, la succession s'organise, et les couteux s'aiguisent.
Le scénario de Nury met en exergue la folie qui sévit au coeur du pouvoir soviétique en ce début des années 50. Un pouvoir absolu s'exerce à Moscou, au sein duquel les pires turpitudes prospèrent. Lâcheté, trahison, alcoolisme, perversion sexuelle, que font les hommes quand ils peuvent tout faire ? La réponse est : Tout.
Nury montre aussi parfaitement comment le système stalinien ne fonctionnait plus que pour assurer les privilèges de ceux qui le contrôlaient, et à quel niveau d'absurdité il était capable de se projeter.
Les dessins de Robin, détaillés et ternes, rendent à merveille l'ambiance glauque du moment. Les visages sont épiées pour tenter d'y déceler les intentions cachées (le visage de Béria demandant au téléphone si c'est grave est une merveille de jubilation). La mise en page dynamique illustre la frénésie de l'instant.
"La mort de Staline, Agonie" est un bon complément à la lecture d'Enfant 44.
La mort de Staline t1, Agonie, Nury, Robin

Commentaires

Cédric Ferrand a dit…
Que les Russes élevés dans le stalinisme le plus pure aient eu des réactions hallucinantes, je le comprends, c'est la nature même du système. C'est quand je lis les panégyriques des staliniens comme Aragon ou Picasso que je tombe (encore) des nues. Aucun doute, aucune remise en question, alors que la vérité était connue. Un aveuglement dogmatique pareil de la part du PCF de l'époque, c'est difficilement excusable.
Gromovar a dit…
Pas mieux. Tu sais que j'ai encore quelques amis qui sont capables de s'insulter en cours de soirée à propos du stalinisme.
Cédric Ferrand a dit…
Un adage de l'époque me fait encore rire, le fameux "Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron". Quand tu vois la position ambiguë de JP qui a dit des conneries aussi énormes que "En URSS, la liberté de critique est totale", ça te donne une idée de l'hémiplégie idéologique de leur temps.
Efelle a dit…
La seule chose qui m'a arrêté au moment de mon passage en librairie BD, c'est la mention tome 1... :(
Gromovar a dit…
Il n'y en aura que deux. On peut garder espoir.

Ceci dit, il est vrai qu'il est plus agréable de lire plusieurs tomes en enfilade mais j'ai toujours peur que les tomes suivants ne sortent pas si le premier se vend mal. Ce qui, je le sais, est un peu absurde.
Efelle a dit…
De mon côté, je suis plutôt preneur des albums one shot de 90 pages...

J'ai toujours peur avec les séries de me retrouver le bec dans l'eau suite à l'arrêt prématuré de cette dernière ou sa chute en qualité (XIII par exemple).
Gromovar a dit…
Su le fond je suis d'accord avec toi. Mais il y a tellement peu de gros one-shot de qualité.