Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Deuil pour tous les peuples


C'est par ces mots que l'Humanité annonça la mort de Joseph Staline. Quelques jours plus tard, Les lettres françaises publiaient en première page un portrait-hommage de Staline par Picasso. Aragon le lui reprochera en ces termes : « on peut inventer des fleurs, des chèvres, des taureaux, et même des hommes, des femmes - mais notre Staline, on ne peut pas l’inventer. Parce que, pour Staline, l’invention – même si Picasso est l’inventeur – est forcément inférieure à la réalité. Incomplète et par conséquent infidèle. ». Ca donne une idée, je crois, de l'ambiance de l'époque.
"La mort de Staline, Agonie" du duo Nury, Robin, sera un diptyque dont le premier volet vient de sortir. Il raconte en mêlant faits avérés et fiction les sept jours qui se sont écoulés entre le malaise de Staline et l'annonce de sa mort. Durant cette semaine, la succession s'organise, et les couteux s'aiguisent.
Le scénario de Nury met en exergue la folie qui sévit au coeur du pouvoir soviétique en ce début des années 50. Un pouvoir absolu s'exerce à Moscou, au sein duquel les pires turpitudes prospèrent. Lâcheté, trahison, alcoolisme, perversion sexuelle, que font les hommes quand ils peuvent tout faire ? La réponse est : Tout.
Nury montre aussi parfaitement comment le système stalinien ne fonctionnait plus que pour assurer les privilèges de ceux qui le contrôlaient, et à quel niveau d'absurdité il était capable de se projeter.
Les dessins de Robin, détaillés et ternes, rendent à merveille l'ambiance glauque du moment. Les visages sont épiées pour tenter d'y déceler les intentions cachées (le visage de Béria demandant au téléphone si c'est grave est une merveille de jubilation). La mise en page dynamique illustre la frénésie de l'instant.
"La mort de Staline, Agonie" est un bon complément à la lecture d'Enfant 44.
La mort de Staline t1, Agonie, Nury, Robin

Commentaires

Cédric Ferrand a dit…
Que les Russes élevés dans le stalinisme le plus pure aient eu des réactions hallucinantes, je le comprends, c'est la nature même du système. C'est quand je lis les panégyriques des staliniens comme Aragon ou Picasso que je tombe (encore) des nues. Aucun doute, aucune remise en question, alors que la vérité était connue. Un aveuglement dogmatique pareil de la part du PCF de l'époque, c'est difficilement excusable.
Gromovar a dit…
Pas mieux. Tu sais que j'ai encore quelques amis qui sont capables de s'insulter en cours de soirée à propos du stalinisme.
Cédric Ferrand a dit…
Un adage de l'époque me fait encore rire, le fameux "Il vaut mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron". Quand tu vois la position ambiguë de JP qui a dit des conneries aussi énormes que "En URSS, la liberté de critique est totale", ça te donne une idée de l'hémiplégie idéologique de leur temps.
Efelle a dit…
La seule chose qui m'a arrêté au moment de mon passage en librairie BD, c'est la mention tome 1... :(
Gromovar a dit…
Il n'y en aura que deux. On peut garder espoir.

Ceci dit, il est vrai qu'il est plus agréable de lire plusieurs tomes en enfilade mais j'ai toujours peur que les tomes suivants ne sortent pas si le premier se vend mal. Ce qui, je le sais, est un peu absurde.
Efelle a dit…
De mon côté, je suis plutôt preneur des albums one shot de 90 pages...

J'ai toujours peur avec les séries de me retrouver le bec dans l'eau suite à l'arrêt prématuré de cette dernière ou sa chute en qualité (XIII par exemple).
Gromovar a dit…
Su le fond je suis d'accord avec toi. Mais il y a tellement peu de gros one-shot de qualité.