Palaces of the Crow - Ray Nayler

Lituanie. 1941. L’opération Barbarossa . Toi et moi, lecteur, savons ce qui arrive. Les protagonistes du roman, assurément pas. Ces protagonistes dont je parle sont quatre jeunes personnes, entre l’enfance et l’adolescence, que le vent de la guerre emportera, transformera, cassera jusqu’à ce que ne restent que les vestiges de ce qu’ils furent ou auraient pu être. Qui sont-ils quand le roman commence ? D’abord (pas d’inquiétude, je ne spoile rien qui ne soit lisible dès l’abord du roman) Neriya, une brillante jeune fille juive de quatorze ans, qui perd sa famille quand le shtetl dans lequel ils passaient l’été est attaqué. Seule, elle fuit. Czeslaw, un très jeune soldat de l’Armée Rouge, d’origine polonaise (il a menti sur son âge pour pouvoir s’engager et soulager ainsi sa mère seule) . Czeslaw a perdu son unité et ses camarades. Déserteur, seul, il fuit. Kezia, une jeune Rom dont la famille est tuée sans motif aucun. Seule, elle fuit. Et Le Garçon, qui ne parle pas ou plus, que Kezia...

Mi-Gos de tous pays, unissez-vous


Etant un lecteur compulsif il m’arrive souvent de reposer un livre terminé et de me demander "So, what ?". C’est malheureusement le première pensée qui m’est venue après avoir refermé "HPL" de RC Wagner.
Je suis un fervent amateur d’uchronie et j’en lis beaucoup. Toutes ne sont pas bonnes, loin s’en faut, mais je m’acharne pour ne pas rater les quelques pépites du genre. Il y a néanmoins un point qui me paraît acquis. Si les uchronies ont un intérêt, c’est en tant que fictions spéculatives. Expériences virtuelles de psychohistoire appliquée, elles permettent d’envisager comment une transformation dans l’Histoire connue du monde aurait pu en faire dévier de manière significative le cours.
Or, je crois que Braudel, Bloch (Marc, pas Robert), et les historiens des Annales ont raison. Je crois qu’il n’y a pas de grands hommes, et que la biographie est une démarche historique inutile car non féconde. L’Histoire est l’histoire de l’évolution des structures et des forces sociales.
La démarche des Annales, influencée par le matérialisme historique marxiste, aurait sûrement plu au Lovecraft imaginé par RC Wagner, ce Lovecraft évoluant vers toujours plus de « progressisme » tout au long de sa (longue) vie. Je ne crois pas que ce Lovecraft aurait pu exister (même s'il a fait un tout petit bout du chemin, irl), et, sachant ce qu'on sait de lui et de son système de valeurs, l'homme n’aurait sûrement pas évolué aussi loin dans le « progressisme » à moins d’avoir troqué son cancer du côlon contre une tumeur au cerveau.
Mais surtout il me semble qu’une uchronie biographique, au vu de mes préventions précédentes, ne présente guère d’intérêt, hormis anecdotique (j’ai déjà émis très succinctement cette opinion à propos du "Elvis le Rouge" de Walter Jon Williams).
"HPL", uchronie biographique, se présente non comme une nouvelle romancée mais comme une longue note biographique. Enrichie de nombreuses notes de bas de pages, elle a un aspect universitaire qui n’est pas déplaisant. Elle invite le lecteur à découvrir la vie d’un Lovecraft imaginaire qui n’aurait pas succombé à la maladie. Et elle se conclut par un twist piquant et amusant. Cette "nouvelle" n’est donc à aucun moment désagréable, mais elle est clairement dispensable, pour les deux raisons qu’elle est largement incroyable et d’un propos trop étroit.
J’ai lu "HPL" avec un esprit ouvert comme m'y invitait RC Wagner, mais je n’y ai pas trouvé matière à réflexion.

HPL, RC Wagner

L'avis du Traqueur Stellaire

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Commentaires

El Jc a dit…
L'exercice en soit peut être plaisant, mais me semble tout de même avoir de sérieuses limitations.
Gromovar a dit…
Mon opinion c'est que si je ne suis pas un auteur connu avant d'envoyer ça à un éditeur, il me shoote.
Guillmot a dit…
Je persiste aussi à penser que cette uchronie est trop subjective et qu'elle m'a laissé sceptique quant à l'évolution d'HPL; mais sur la forme je salue cette (très bonne) idée originale d'hommage.
Thôt a dit…
Effectivement, l'intérêt est limité, mais c'est un moyen de se déclarer amateur des textes de l'auteur du Mythe de Cthulhu sans valoriser sa vie réelle et ses opinions...
Dans ce cadre restreint, un excellent texte, dissociant l'homme de l'œuvre!
Thôt a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
philippe a dit…
salut,
si tu apprécies lovecraft, je te conseille de lire "la clé de l'abîme" de José Carlo Somoza (si c'est pas fait!), bel hommage à l'univers de l'auteur.
Gromovar a dit…
Je ne connaissais pas ce livre mais j'ai lu et apprécié pas mal de trucs de José Carlos Somoza. Ca part donc définitivement sur ma liste à lire. Merci pour le tuyau.