Falstaff - Boisserie - Goho - Merlet - Rouger

Henri IV, dit Henri de Bolingbroke , fut roi d’Angleterre de 1399 à 1413. Il monta sur le trône après l’éviction de Richard II, consécutive à une rébellion dont le jeune Henri avait pris la tête et qui comptait dans ses rangs une partie des plus grands seigneurs d’Angleterre. Capture du roi, interprétation créative de l’ordre de succession, Henri est couronné à Westminster en 1399. Mal arrivé sur le trône, Henri devra lutter durant tout son règne contre des rébellions successives qui rallieront même ses alliés originels. Il mourra le 20 mars 1413 après plusieurs années de troubles de santé. Son fils aîné lui succédera sous le nom d’Henri V. Ce dernier relancera la guerre de Cent Ans. De cette histoire pleine de bruit et de fureur, Shakespeare tira une pièce en deux parties, Henri IV , puis Henri V , deux pièces historiques. Il y inséra, du moins dans la première, le personnage de Falstaff (pardon, sir John Falstaff) , un protagoniste fictif d’une irrésistible truculence, un bouffon gr...

Inconfortable divan


Voici le nouvel ouvrage d'Alexandre Delaigue et Philippe Ménia, les animateurs de l'excellent blog Econoclaste, "Nos phobies économiques". J'avais beaucoup apprécié leur premier livre, Sexe, drogue, et économie, qui vulgarisait intelligemment les questions économiques. Je suis moins enthousiaste sur celui-ci.
Le point des auteurs est d'expliquer un certain nombre de questions économiques qui provoquent l'inquiétude des français, (exhaustivement : pouvoir d'achat, décroissance, dépenses de santé, gestion des pandémies, chômage, immigration, gratuité, banques) afin de les démythifier pour qu'elles ne se changent pas en phobies et que l'honnête homme puisse les aborder sereinement. L'intention est indéniablement bonne. Montrer les phénomènes économiques dans leur complexité devrait permettre d'éviter les analyses de bistrot et les affirmations de solutions à l'emporte-pièce (car comme le disait Bruno Etienne en amphi : "Quand quelqu'un vous dit que le problème est simple, il est con ou il vous prend pour un con, mais dans les deux cas c'est grave"). Je trouve malheureusement que la cible n'est pas vraiment atteinte. Pour le professionnel, rien de bien neuf dans ce livre ; ce n'est pas pour eux qu'il est écrit. Le problème vient du fait qu'il ne me semble pas écrit non plus pour le néophyte. J'ai pensé à mon entourage et me suis demandé à qui je pourrais offrir ce livre. N'en déplaise à mon entourage, à pas grand monde. En brossant toutes les explications théoriques sur chaque question traitée, en les confrontant aux faits, en montrant les indécisions et les doutes heuristiques des économistes, les auteurs font certes œuvre de vérité mais ils risquent de provoquer l'effet inverse de celui qu'ils recherchent. Le lecteur peut refermer "Nos phobies économiques" en se disant que, finalement, tout ce qu'il sait c'est qu'il ne sait rien et que les économistes eux-mêmes ne savent pas grand chose, ce qui ne sera guère de nature à calmer ses phobies (excluons de cette critique le chapitre plutôt bien fait sur la crise financière et bancaire). Si on cherche un cadeau pour la fête des pères, La prospérité du vice, de Daniel Cohen, me parait plus adapté à un béotien économique d'intelligence normale. Réserver "Nos phobies économiques" aux lycéens de Terminale SES ou aux étudiants de première année !
Nos phobies économiques, Alexandre Delaigue et Stéphane Ménia

Commentaires

Munin a dit…
Merci pour ce retour, j'hésitais à le lire. Je vais, dans l'immédiat, me contenter de continuer à suivre leur blog - même si je le trouve parfois un peu trop auto-référençant et elliptique. Je trouve que Eolas est meilleur pédagogue dans son approche du droit, que eux dans leur approche de l'économie.

Et bravo pour la citation de Bruno Etienne, je me souviens effectivement de l'avoir entendu dire ça. :)
Gromovar a dit…
@Munin : Quel dommage que Maitre Eolas ne sorte pas un livre.