Revue Tina IA - Collectif

  Je ne suis guère partisan de l'autopromo mais, la revue étant collective, je veux signaler ici la sortie du numéro de  la revue Tina  consacrée à l'IA. Je ne citerai personne pour n'oublier personne (sommaire ci-dessous) , je dirai juste ici que les 190 pages de la revue sont bien remplies de fictions autant que de non-fictions, qu'on y croise Ian Soliane ( qui commence à être bien connu des lecteurs de ce blog ) , qu'on y lit de la poésie et qu'on peut même y écouter une bande-son. Le sommaire complet de la revue est disponible là. Allez y jeter un oeil, voire les deux.

Inconfortable divan


Voici le nouvel ouvrage d'Alexandre Delaigue et Philippe Ménia, les animateurs de l'excellent blog Econoclaste, "Nos phobies économiques". J'avais beaucoup apprécié leur premier livre, Sexe, drogue, et économie, qui vulgarisait intelligemment les questions économiques. Je suis moins enthousiaste sur celui-ci.
Le point des auteurs est d'expliquer un certain nombre de questions économiques qui provoquent l'inquiétude des français, (exhaustivement : pouvoir d'achat, décroissance, dépenses de santé, gestion des pandémies, chômage, immigration, gratuité, banques) afin de les démythifier pour qu'elles ne se changent pas en phobies et que l'honnête homme puisse les aborder sereinement. L'intention est indéniablement bonne. Montrer les phénomènes économiques dans leur complexité devrait permettre d'éviter les analyses de bistrot et les affirmations de solutions à l'emporte-pièce (car comme le disait Bruno Etienne en amphi : "Quand quelqu'un vous dit que le problème est simple, il est con ou il vous prend pour un con, mais dans les deux cas c'est grave"). Je trouve malheureusement que la cible n'est pas vraiment atteinte. Pour le professionnel, rien de bien neuf dans ce livre ; ce n'est pas pour eux qu'il est écrit. Le problème vient du fait qu'il ne me semble pas écrit non plus pour le néophyte. J'ai pensé à mon entourage et me suis demandé à qui je pourrais offrir ce livre. N'en déplaise à mon entourage, à pas grand monde. En brossant toutes les explications théoriques sur chaque question traitée, en les confrontant aux faits, en montrant les indécisions et les doutes heuristiques des économistes, les auteurs font certes œuvre de vérité mais ils risquent de provoquer l'effet inverse de celui qu'ils recherchent. Le lecteur peut refermer "Nos phobies économiques" en se disant que, finalement, tout ce qu'il sait c'est qu'il ne sait rien et que les économistes eux-mêmes ne savent pas grand chose, ce qui ne sera guère de nature à calmer ses phobies (excluons de cette critique le chapitre plutôt bien fait sur la crise financière et bancaire). Si on cherche un cadeau pour la fête des pères, La prospérité du vice, de Daniel Cohen, me parait plus adapté à un béotien économique d'intelligence normale. Réserver "Nos phobies économiques" aux lycéens de Terminale SES ou aux étudiants de première année !
Nos phobies économiques, Alexandre Delaigue et Stéphane Ménia

Commentaires

Munin a dit…
Merci pour ce retour, j'hésitais à le lire. Je vais, dans l'immédiat, me contenter de continuer à suivre leur blog - même si je le trouve parfois un peu trop auto-référençant et elliptique. Je trouve que Eolas est meilleur pédagogue dans son approche du droit, que eux dans leur approche de l'économie.

Et bravo pour la citation de Bruno Etienne, je me souviens effectivement de l'avoir entendu dire ça. :)
Gromovar a dit…
@Munin : Quel dommage que Maitre Eolas ne sorte pas un livre.